2- Comprendre le monde

Période 2 – Comprendre le monde : mythe contre science

 

 

 

Séance 1 - Présentation de l’objet d’étude Comprendre le monde

 

 

 

Confrontés à la complexité du monde, Grecs et Romains ont tenté de le représenter, de le comprendre et de l’expliquer à travers de grands mythes et grâce à des approches plus rationnelles. En étudiant les démarches intellectuelles qui président aux mythes et aux explications rationnelles, on met en regard les représentations du monde chez les Anciens avec celles qui dominent dans la pensée moderne. Trois grands domaines retiennent l’attention : l’univers, les phénomènes naturels et le corps humain.

 

 

 

-Le mythe : lectures poétiques et philosophiques du monde (Hésiode, Platon, Lucrèce, Ovide…).

 

-Interrogations sur la terre et l’univers (géographie, astronomie…).

 

-Interrogations sur la nature (climats, phénomènes naturels et catastrophes…).

 

-Interrogations sur le corps humain (médecine, théorie des humeurs, pharmacopée…).

 

 

 

Séance 1 – Un géographe de l’Antiquité, Strabon

 

a) Surlignez les 3 pronoms relatifs présents dans la fiche d'identité de Strabon.

b) À l'aide du tableau ci-dessous, trouvez le cas, le genre et le nombre de ces formes.

c) Traduisez l’autoportrait imaginaire de Strabon.

d) Complétez la leçon du pronom relatif.

 

 

 

Le pronom relatif

 

 

 

 

Singulier

Pluriel

 

MASCULIN

FEMININ

NEUTRE

MASCULIN

FEMININ

NEUTRE

N, qui

qui

quae

quod

qui

quae

quae

AC, que

quem

quam

quod

quos

quas

quae

G, dont

cujus

cujus

cujus

quorum

quarum

quorum

D, à qui

cui

cui

cui

quibus

quibus

quibus

AB, par qui, par quoi, dans lequel...

quo

qua

quo

quibus

quibus

quibus

 

 

 

Leçon – Le pronom relatif se décline

 

 

 

Le pronom relatif latin change de forme selon sa fonction par rapport au verbe de la PSR et selon le genre et le nombre de son ANTECEDENT .

 

Ex : puella quAM amo (la fille que j'aime)

 

puellae quAE cantant (les filles qui chantent)

 

c) Comment expliquez-vous le jeu de couleurs du tableau ?

 

* Le rose désigne des terminaisons qu'on retrouve dans la …. décl.

 

* Le bleu désigne des terminaisons qu'on retrouve dans la …. décl.

 

* Le vert désigne des terminaisons qu'on retrouve dans la …. décl.

 

 

 

Quis es, Strabo ?

 

 

 

Amasiae natus sum, DCLXXXIV anno ab Urbe Condita !

 

Je suis né à Amasée (ville de Turquie) en 684 après la fondation de Rome .(-69)

 

Mihi nomen est Στραβων, quod « perversis oculis » significat.

 

Mon nom est Strabon, qui signifie “les yeux qui louchent “.

 

Ivi Romam DCCIX anno ab U. C.

 

Je suis allé à Rome en 709 après la fondation de Rome. (44 avant Jésus- Christ)

 

Saepe iter feci : Etruriam Armeniamque Aethiopiamque vidi !

 

J'ai souvent voyagé : j'ai vu l' Etrurie, l' Arménie et Ethiopie.

 

Amo Geographicam Historiamque, quibus Romae studiosus fui.

 

J 'aime l'Histoire et la Géographie, que j'ai étudiées à Rome .

 

Populum Romanum multum mirabar.

 

J'admirais beaucoup le peuple romain.

 

Affirmavi Cratem primam sphaeram terrarum orbis fecisse.

 

J'ai affirmé que Crates a fait le premier globe terrestre .

 

Ecce mundi cogniti imago mea, quae imaginem Eratosthenis Graeci complet !

 

Voici ma carte du monde connu, qui complète celle du Grec Eratosthène.

 

Meus Geographica liber discipulis Mediae Aetatis breviatus est.

 

Mon livre La Géograpie fut abrégé pour les élèves du Moyen Âge.

 

 

Carte du monde connu, par Strabon

 

Synthèse 1

 

 

 

Si la connaissance des territoires est imparfaite au Ier s., les scientifiques romains, Pline, et avant lui, Strabon, continuateur du grec Ératosthène, savaient :

 

*cartographier, à partir des descriptions littéraires et des prospections littorales ;*que la Terre est ronde (ils le savent depuis le Ve s. av. J.-C.).

 

Séance 2 – Comment le voyageur se repère-t-il dans le monde romain ?

 

D écouverte de la table de Peutinger : une carte routière au temps des Romains

 

 

 

Quelles villes identifiez-vous ?

 

Foro Julii → Fréjus

 

Massilia Grecorum → Marseille

 

Aquis Sextis → Aix-en-Provence

 

Arelato → Arles

 

18 lieues gauloises (18*1500 pas) 27000 pas (1,48m)→ 39,9km entre Aix et Marseille

 

 

 

1° Consultation de sites Internet présentant ce document en version numérisée

 

https://www.euratlas.net/cartogra/peutinger/fr_index.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Table_de_Peutinger

 

http://www.leg8.com/histoire-vivante/vie-quotidienne/table-de-peutinger

 

 

 

2° Questionnaire sur la Table de Peutinger (voir p. 83)

 

a) Quelle est la date de conception de ce document ?

 

Cette représentation du réseau routier date de l'époque d'Auguste, mais quelques informations révèlent une actualisation du IVe s. Pompéi figure sur la carte, ainsi que Constantinople : les moines copistes ont donc repris un travail du Ier siècle, actualisé au IVe siècle.

 

b) Le document que nous connaissons provient d'une copie. De quand date cette dernière ?

 

Il s'agit d'un long parchemin datant du XIIIe s., qui est une copie de 1265 par des moines de Colmar d'une carte routière d'époque romaine.

 

c) Qui a découvert ce document ?

 

Le poète autrichien (Celtes), en 1494, à Worms (Allemagne). Peutinger la reçut en héritage de ce poète, qui était son ami, en 1508.

 

d) Où et quand ce document fut-il publié ?

 

Quelques dizaines d'années après la mort de Peutinger, en 1598, à Anvers.

 

e) Quelle est la matière du support du document que nous lisons ? Il s'agit à l'origine d'un long ensemble de 11 parchemins (peau de mouton préparée pour l'écriture).

 

f) Comment s'appelle le « premier » auteur présumé de ce document ? Agrippa, ami d'Auguste, l'a fait graver sur le marbre de son portique, non loin du Panthéon.

 

g) Quelle était la fonction de ce document ? Représenter le réseau routier romain et les distances entre chaque localité.

 

h) Où peut-on trouver ce document ?À Dans la bibliothèque nationale d'Autriche, à Vienne.

 

I) Quelles sont les dimensions de ce document ? 6,82 m sur 0,34m.

 

j) Comment sont représentées les villes de moindre importance ? Par deux maisons.

 

 

 

3) Repérage

 

Repérez ces lieux qui ne vous sont pas inconnus et indiquez leur nom latin :

 

*Aregenue (Vieux-la-Romaine) *Condate (Rennes)

 

*Augustoduro (Bayeux)  *Arelato (Arles)

 

*Romae (Rome) *Pompeis (Pompéi)

 

*Corsica (Corse) *Via Appia (Voie Appienne) 

 

 

 

4) Calcul de distances

 

Consultez le site Omnes Viae (https://omnesviae.org/fr/), sorte de Google Maps antique,  et recherchez des informations sur un trajet reliant Rome à Athènes. Imaginez 4 étapes et faites les calculs (deux durées à calculer).

 

 

 

Exemple

 

« Au IVème siècle, l’empereur Sylvain parcourt le trajet aller retour Milan – Cologne (Mediolanum-Agrippina Colonia), soit près de 1305 kilomètres, en 28 jours, à près de 46 kilomètres par jour. » (arcampin.free.fr)

 

Donc vitesse moyenne de l'empereur Sylvain : 2 km/h

 

NB : 1 passus romain = 1,48 m

 

Itinera

(déplacements)

Passuum spatium

(distance en pas)

Kilometrum

spatium

(distance en km)

Quamdiu Sylvanus iter fecit ?

2 km/h

(combien de temps Sylvain a-t-il voyagé ?)

Quamdiu

Romanae epistulae ?

5 km/h

(combien de temps pour la poste impériale ?)

a Roma - ……………...

1 390 000 pas

1 987 700m

= 1987,7 km

994 h

Il a voyagé 42 jours

397 h

La poste mettait 17 jours

…………….. - ………… 

 

 

 

 

…………….. - ………… 

 

 

 

 

…………….. - ad Athenas

 

 

 

 

Summa : total

1 390 000

2057 km

43 jours

Environ 18 jours

 

 

 

Séance 4 – Version latine à la maison (facultatif : pour ceux qui continueront à étudier les langues anciennes l’an prochain)

 

 

 

Pomponius Mela (géographe romain du Ier s. ap. J.-C.), décrit une nation scythe (voir cartes), les Essédons, peuple nomade des steppes d’Europe orientale. Il établit le lien entre une terre hostile et ce peuple présenté comme barbare.

 

 

 

Ingenia cultusque gentium Scythicarum differunt. Essedones funera parentium laeti et victimis ac festo coetu familiarium celebrant. Corpora ipsa laniata et caesis pecorum visceribus inmixta epulando consumunt. Capita ubi fabre expolivere, auro vincta pro poculis gerunt. Haec sunt apud eos ipsos pietatis ultima officia.

 

d’après Pomponius Mela, De chorographia (livre II)

 


 


 

Les moeurs et les coutumes des peuples scythes sont différentes. Les Essédons célèbrent les funérailles de leurs parents par des transports de joie, par des sacrifices et une réunion solennelle des proches. Ils coupent le cadavre par morceaux, coupent de même les entrailles des victimes, mêlent toutes ces chairs ensemble et en font un festin. Quant à la tête, après l'avoir dépouillée et proprement nettoyée, ils en font une coupe qu'ils entourent d'un cercle d'or. Tels sont chez eux les derniers devoirs que la piété rend aux morts.

 

Vocabulaire

 

ingenium : moeurs (au pluriel)

 

Essedones : Essédons (nom d’un peuple Scythe)

 

funus, funeris, n : funérailles

 

ac = atque : et (devant consonne)

 

coetus, us, m : réunion

 

ipse, a, um : lui-même, elle-même, lui / elle précisément, en personne

 

lanio, as, are, laniavi, laniatum : déchirer, découper, mettre en pièces

 

pecora = pecus au pluriel : bêtes sacrifiées

 

epulor, aris, epulari, epulatus sum : dîner, manger (verbe déponent)

 

fabre : artistement, avec soin

 

expolivere = expoliverunt

 

ubi : quand

 

gero, is, ere : se servir de (transitif direct en latin)

 


 

Séance 5 - Utiliser le « Gaffiot » - Le verbe fero et ses composés

 

 

 

FERO, FERS, FERRE, TULI, LATUM

 

 

 

a) Lisez les formes primitives du verbe fero au début de l'article. Que remarquez-vous ?

 

On constate un changement de radical (3 radicaux).

 

b) Que cela vous indique-t-il sur la catégorie de ce verbe ?

 

C’est un verbe irrégulier.

 

c) Parmi les 5 formes suivantes, quelles sont les formes dérivées (auxquelles on a adjoint un préfixe) ?

 

referam - sustulit - fert - affertur – feram

 

susufutur ou subj pst 1sg / parfait 3 sg / présent 3sg / pst 3sg passif / futur ind /subj. pst

 

d) Indiquez à présent le temps et la personne auxquels sont conjugués ces 5 verbes. Lequel a une forme passive ?

 

e) L'article indique une forme grecque de la même famille. Quelle est-elle ? φέρω

 

f) Trouvez des mots français issus du radical « fer- » et du radical de participe passé « lat- ». Pensez aux préfixes ad-, ab-, con-, di-, -ré !

 

dis- → différence, dilation

 

ad- → afférence, afférent

 

ab- → ablation

 

re- → référence, relation, relatif (=afférent)

 

con- → conférence, collation

 

dé- → déférence, délation

 

g) Que signifie souvent « fertur » ? « on rapporte que »/ « on dit que ». Fertur Romanos fortes esse. On dit que les Romains sont courageux.

 

h) De quel sens l'emploi de « referam », dans un discours scientifique, (« je passerai à») est-il le plus proche ? Indiquez le numéro. Le numéro II. 6

 

i) Que signifient

 

legem ferre : porter une loi (légiférer / législateur / législation)

 

auxilium ferre : porter secours (1)

 

victoriam ferre : obtenir la victoire (8)

 

fruges ferre : Produire les moissons (9)

 

ventrem ferre ? être enceinte (1)

 

j) L'abréviation française « cf. » vient de confer ; expliquez la forme et le sens de ce verbe. On invite par cet impératif (« rapproche ... ») à consulter un autre texte, à rapprocher (conferre) d’une notion.

 

 

 

Indicatif présent

Indicatif imparfait

Indicatif futur

Ind. parfait

Ind. futur ant.

Ind. + que parf.

Subjonctif présent

Subj. imparfait

Impératif présent

Participe présent

fero

ferebam

 

feram

tuli

tulero

tuleram

feram

ferrem

-

ferens (génitif : ferentis)

fers

ferebas

 

feres

tulisti

tuleris

tuleras

feras

ferres

fer

fert

ferebat

feret

tulit

tulerit

tulerat

ferat

ferret

-

Participe passé

ferimus

ferebamus

feremus

tulimus

tulerimus

tuleramus

feramus

ferremus

-

latus,a, um

fertis

ferebatis

feretis

tulistis

tuleritis

tuleratis

feratis

ferretis

ferte

ferunt

ferebant

ferent

tulerunt

tulerint

tulerant

ferant

ferrent

-

 

 

 

Séance 6 – Correction de la version et de l’exercice sur fero

 


 

Les moeurs et les coutumes des peuples scythes sont différentes. Les Essédons célèbrent les funérailles de leurs parents par des transports de joie, par des sacrifices et une réunion solennelle des proches. Ils coupent le cadavre par morceaux, coupent de même les entrailles des victimes, mêlent toutes ces chairs ensemble et en font un festin. Quant à la tête, après l'avoir dépouillée et proprement nettoyée, ils en font une coupe qu'ils entourent d'un cercle d'or. Tels sont chez eux les derniers devoirs que la piété rend aux morts.

 


 

II. Exercices “fero” et “naissance de la géographie” : correction.

 


 

III. Pour la séance 7 : visionner la vidéo dont le lien est dans l’ENT, puis compléter le document suivant.

 


 

Séance 7 L’occupation de l’espace urbain (correction Martin)

 

Retrouvez, en visionnant le cours du mercredi 2 mars 2016 (Université de Caen, Ph. Fleury), les noms et les fonctions des éléments des rues et habitations romaines.

 

 

 

Nom latin

Signification

Caractéristiques et fonction

viae et

margines

-rues et trottoirs

-leur largeur moyenne : environ 6 m

-hauteur des trottoirs dépend de : l'humidité des rues

-pas toujours secs, même à Rome

-anneaux pour attacher les bêtes situés : dans l'arête du trottoir

tabernae

-boutiques

-ateliers d'artisans

-habitations

-peuvent donner directement sur la rue, sans portique

 

-mezzanine : le personnel peut vivre dans ce petit espace

pergula

-mezzanine

-fonction : logement

-natus in pergula : « né au-dessus de la boutique » → de basse extraction

domus

-maison particulière ou, dans Rome, hôtel particulier

-leur nombre au IVe s. : 1800

-fonction dans Rome : habitat particulier

-deux villes célèbres où prédomine ce type d'habitation : Pompéi, Herculanum

-dans quelle ville a-t-on restauré faussement une grande maison d'habitat collectif ? Herculanum

opus

craticium

clayonnage : une armature de bois + maçonnerie & moellons (pierres à bâtir)

-permet d'avancer sur la rue, plus loin que le niveau du trottoir : l'encorbellement → construction légère, qui permet d'agrandir le logement initial de 26 m2 sur le domaine public

insulae

- « îles »

-3 sens urbanistiques :

*îlots d'habitations

*immeubles

*propriété à logements multiples

-leur nombre : 45000 à Rome

-pourquoi tant d'insulae ? surpopulation (même superficie que Caen, mais 10 fois plus peuplée !)

-depuis quand, ces immeubles ? Au moins IIIe av. J.-C.

-une ville riche en insulae : Ostie

-la technique de construction la plus répandue : béton et parement de briques

-quand les immeubles s'y sont-ils multipliés ? Sous Trajan (IIe s. ap.-J.) (extension du port)

-ville où on trouve l'insula Capitolina : Rome

-combien d'étages au maximum ? 8

 

L'intérieur de la domus (17'-21')

 

Le nom du bassin qui permettait de recueillir l'eau de pluie : impluvium

 

Les penates étaient les divinités qu'on honorait pour protéger les biens matériels du foyer.

 

Les lares des domus étaient les divinités protectrices de la famille.

 

La reconstitution virtuelle d'un quartier d'habitat populaire

 

a) Comment s'appelle le théâtre près duquel on trouve de hauts immeubles ? ….............

 

b) La plupart des appartements sont …............ . Quel auteur évoque le prix exorbitant des logements ?

 

c) Quand renouvelle-t-on les baux annuels de location ? ….............. de …............ (i. e. le …...................).

 

d) Deux fléaux récurrents : les …............. et les ….................... : on démolit alors les …........................ .

 

e) La boutique que montre la vidéo en 31' : un …......................... et ses grands bacs, les …........... . Les boissons, elles, étaient stockées dans des …................... .

 

f) La présence des étais en bois sur les trottoirs s'explique : …..........................

 

g) La seconde boutique présentée est l'atelier d'un …............... (37').

 

h) Mots croisés : le vocabulaire du logement.

 

 

 

Horizontal

 

2. : remplacées par un pot

 

 

 

5. : chambre

 

 

 

8. : 1216 dans Rome

 

 

 

9. : tablette pour écrire

 

 

 

Vertical

 

1. : lit

 

2. : lampe

 

3. : il n'y en a pas pour se chauffer

 

4. : remplacent les vitres

 

6. : volumen sur la table

 

7. : table

 

Séance 8 – Limites des connaissances géographiques au Ier s. : l’exemple de Strabon

 

1. Lisez le texte ci-dessous.

 

2. Surlignez le passage qui a servi de source documentaire aux auteurs de la vidéo.

 

3. Ajoutez au plan de la Rome archaïque trois aménagements urbains décrits par Strabon.

 

4. Surlignez quelques expressions qui suggèrent l’approximation scientifique de Strabon.

 

5. Repérez dans le texte une information géographique ou urbanistique apportée par le géographe, puis discutez-en la validité en effectuant quelques recherches.

 


 

Strabon, Géographie (V, 3) : le site de Rome décrit par un géographe en admiration (18 ap. J.-C.)

 

Dans l'intérieur du pays, la première ville qui se présente au-dessus d'Ostie, la seule aussi qui soit située sur le Tibre, est la ville de Rome. Nous avons déjà dit que l'emplacement de Rome n'avait pas été choisi, qu'il avait été bien plutôt imposé par la nécessité ; ajoutons que tous ceux qui dans la suite agrandirent la ville ne furent pas libres davantage de choisir pour ces nouveaux quartiers les meilleurs emplacements, et qu'ils durent subir les exigences du plan primitif.

 


Ainsi la première enceinte comprenait, avec le Capitole et le Palatin, le Quirinal, colline si facilement accessible du dehors que Titus Tatius s'en empara d'emblée, quand il marcha sur Rome pour venger le rapt des Sabines ; à son tour, Ancus Marcius y réunit le Coelius et l'Aventin avec la plaine intermédiaire, bien que ces collines fussent aussi compl
ètement isolées de celles qui faisaient déjà partie de la ville qu'elles l'étaient l'une de l'autre. Mais ce qui rendait cette annexion nécessaire, c'est qu'on ne pouvait raisonnablement laisser en dehors de l'enceinte et à la disposition du premier ennemi qui voudrait s'y retrancher des hauteurs si fortes par elles-mêmes. Seulement l'enceinte nouvelle n'était point continue, Ancus Marcius n'avait pu la prolonger jusqu'au mont Quirinal, ce qui l'eût complétée. Servius reconnut apparemment l'inconvénient de cette lacune, car il acheva de clore la ville en y ajoutant encore l'Esquilin et le Viminal ; et, comme ces deux collines sont aussi trop facilement accessibles du dehors, on creusa à leur pied un fossé profond, toute la terre extraite fut rejetée du côté de la ville et forma au-dessus du rebord intérieur du fossé une terrasse longue de six stades, puis, sur cette base on éleva une muraille allant de la porte Colline, à la porte Esquiline avec des tours de distance en distance et une troisième porte s'ouvrant juste au milieu de cet intervalle et qui fut appelée porte Vimincile à cause du voisinage de la colline de ce nom. Ce sont là toutes les fortifications de la ville et il faut convenir qu'elles auraient grand besoin elles-mêmes d'être fortifiées. Mais les fondateurs, selon moi, auront calculé que, dans leur intérêt, comme dans l'intérêt des générations à venir, il fallait que Rome dût son salut et sa prospérité plutôt aux armes et au courage de ses habitants qu'à la force de ses remparts, jugeant avec raison que ce ne sont pas les remparts qui protègent les hommes, mais bien les hommes qui protègent les remparts.

 


Dans le principe, il est vrai, alors qu'ils voyaient aux mains d'autrui les spacieuses et fertiles campagnes qui entouraient leur ville (leur ville d'ailleurs si exposée, si peu susceptible de défense), les Romains purent croire que l'emplacement qui leur était échu serait un obstacle éternel à leur prospérité ; mais, quand leur courage et leurs travaux les eurent rendus maîtres de tout le pays environnant, ils virent affluer chez eux, et avec une abondance inconnue à la ville la plus heureusement située, tout ce qui fait la richesse et le bien-être d'une cité. Cette affluence de toutes choses est ce qui permet à Rome aujourd'hui encore, tout agrandie qu'elle est, de suffire à l'alimentation de ses habitants ainsi qu'aux fournitures de bois et de pierres que réclament incessamment tant de constructions neuves auxquelles donnent lieu les écroulements, les incendies et les ventes ; oui, les ventes, car on peut dire que ces aliénations d'immeubles qui, elles aussi, se reproduisent incessamment, équivalent à des destructions volontaires, tout nouvel acquéreur se hâtant de démolir pour rebâtir ensuite à sa guise. Au reste, pour subvenir aux besoins de cette nature, Rome trouve de merveilleuses ressources dans la proximité d'un grand nombre de carrières et de forêts et dans la facilité que présentent pour le transport des matériaux tant de cours d'eau navigables, l'Anio d'abord, qui descend des environs de la ville d'Albe [
Alba Fucensis], c'est-à-dire des confins du Latium et du pays des Marses, et qui, après avoir traversé toute la plaine au-dessous de cette ville, vient se réunir au Tibre ; puis le Nar, le Ténéas, qui traversent toute l'Ombrie pour se jeter dans le même fleuve, et enfin le Clanis, qui arrose de même la Tyrrhénie, mais particulièrement le canton de Clusium.

 


L'empereur César Auguste a bien cherché dans l'intérêt de la ville à porter remède aux graves inconvénients dont nous venons de parler : il a, par exemple, pour diminuer les ravages des incendies, organisé militairement une compagnie d'affranchis chargée de porter les secours nécessaires en pareil cas ; il a aussi, pour prévenir l'écroulement trop fréquent des maisons, réduit l'élévation réglementaire des nouveaux édifices et défendu qu'à l'avenir les maisons bâties sur la voie publique eussent plus de 70 pieds de hauteur. Mais, malgré cette double mesure, on eût encore manqué à Rome de moyens suffisants pour réparer les dommages causés par ces accidents, si l'on n'avait eu cette précieuse ressource de pouvoir tirer des carrières et des forêts voisines d'inépuisables matériaux, avec la faculté si commode d'user pour leur transport de la voie des fleuves.

À ces avantages résultant pour Rome de la nature de son territoire, ses habitants ont ajouté tous ceux que peut procurer l'industrie humaine ; car, tandis que les Grecs, qui semblaient cependant avoir réalisé pour leurs villes les meilleures conditions d'existence, n'avaient jamais visé qu'à la beauté du site, à la force de la position, au voisinage des ports et à la fertilité du sol, les Romains se sont surtout appliqués à faire ce que les Grecs avaient négligé, c'est-à-dire à construire des chaussées, des aqueducs et des égouts destinés à entraîner dans le Tibre toutes les immondices de la ville. Et notez qu'ils ne se sont pas bornés à prolonger ces chaussées dans la campagne environnante, mais qu'ils ont percé les collines et comblé les vallées pour que les plus lourds chariots pussent venir jusqu'au bord de la mer prendre la cargaison des vaisseaux ; qu'ils ne se sont pas bornés non plus à voûter leurs égouts en pierres de taille, mais qu'ils les ont faits si larges qu'en certains endroits des chariots à foin auraient encore sur les côtés la place de passer ; qu'enfin leurs aqueducs amènent l'eau à Rome en telle quantité que ce sont de véritables fleuves qui sillonnent la ville en tous sens et qui nettoient les égouts et qu'aujourd'hui, grâce aux soins particuliers de M. Agrippa, à qui Rome doit en outre tant de superbes édifices, chaque maison ou peu s'en faut est pourvue de réservoirs, de conduits, et de fontaines intarissables !

 


Les anciens Romains, à vrai dire, occupés comme ils étaient d'objets plus grands, plus importants, avaient compl
ètement négligé l'embellissement de leur ville. Sans se montrer plus indifférents qu'eux aux grandes choses, les modernes, surtout ceux d'à-présent, se sont plu à l'enrichir d'une foule de monuments magnifiques : Pompée, le divin César, Auguste, ses enfants, ses amis, sa femme, sa soeur, tous à l'envi, avec une ardeur extrême et une munificence sans bornes, se sont occupés de la décoration monumentale de Rome. C'est dans le Champ de Mars que la plupart de ces monuments ont été érigés, de sorte que ce lieu, qui devait déjà tant à la nature, se trouve avoir reçu en outre tous les embellissements de l'art. Aujourd'hui, avec son étendue prodigieuse, qui, en même temps qu'elle laisse une ample et libre carrière aux courses de chars et à toutes les évolutions équestres, permet encore à une jeunesse innombrable de s'exercer à la paume, au disque, à la palestre ; avec tous les beaux ouvrages qui l'entourent, les gazons si verts qui toute l'année y recouvrent le sol, les collines enfin d'au delà du Tibre, qui s'avancent en demi-cercle jusqu'au bord du fleuve, comme pour encadrer toute la scène, cette plaine du champ de Mars offre un tableau dont l'oeil a peine à se détacher. Ajoutons que tout à côté, et indépendamment d'une autre grande plaine bordée ou entourée de portiques, il existe plusieurs bois sacrés, trois théâtres, un amphithéâtre et différents temples tous contigus les uns aux autres, et que, comparé à ce quartier, le reste de la ville ne paraît plus à proprement parler qu'un accessoire.

 


Pour cette raison, et parce que ce quartier avait pris à leurs yeux un caractère plus religieux, plus auguste que les autres, les Romains y ont placé les tombeaux de leurs morts les plus illustres, hommes ou femmes. Le plus considérable de ces tombeaux est le Mausolée, énorme tumulus, qui s'élève à peu de distance du fleuve, au-dessus d'un soubassement en marbre blanc déjà très haut par lui-même. Ce tumulus, ombragé d'arbres verts jusqu'à son sommet, est surmonté d'une statue d'airain représentant César-Auguste, et recouvre, avec les restes de ce prince, les cendres de ses parents et de ses amis ou familiers. Il se trouve qui plus est adossé à un grand bois, dont les allées offrent de magnifiques promenades. Enfin le centre de la plaine est occupé par l'enceinte du bûcher d'Auguste : bâtie également en marbre blanc, cette enceinte est protégée par une balustrade en fer qui règne tout autour. L'intérieur en est planté de peupliers.

 


Supposons pourtant que d'ici l'on se transporte dans l'antique Forum et qu'on y promène ses regards sur cette longue suite de basiliques, de portiques et de temples qui le bordent ; ou bien encore que l'on aille au Capitole, au Palatin, dans les jardins de Livie, contempler les chefs-d'oeuvre d'art qui y sont déposés, on risque fort, une fois entré, d'oublier tout ce qu'on a laissé dehors. - Telle est Rome.

 

 

 

 


 


 


 


 


 


 


 


 

Plan de la Rome archaïque (avant la fondation)

 

Séance 12 – Évaluation des données de la carte de Strabon (correction)

 

Consultez de nouveau la carte du géographe Strabon.

 

En comparant ces informations aux cartes récentes, remplissez ce tableau comparatif.

 

 

Traduction littérale de la désignation / nom actuel

Nature des mots

Dimensions surestimées par rapport...

Dimensions sous-estimées par rapport...

Mare

internum

Mer intérieure / mer Méditerranée

Nom neutre de la 3e décl. + adj. 1ère classe

au continent européen

aux autres mers

Ister

flumen

Danube

N. 2e décl.

N. 3e décl.

à l’Europe

 

Libya

nord de l’Afrique

N. 1e décl.

très éloignée du continent européen

 

Iberia

Espagne

N. 1e décl.

 

à la France et l’Italie

 

Pontus

Euxinus

mer Noire

N. 2e décl.

A. 1e classe

 

 

à la mer de Marmara et la mer Egée

Mare

Caspium

mer Caspienne

N. 3e décl.

A. 1e classe

au Pont-Euxin

 

Indus

flumen

Indus

N. 2e décl.

N. 3e décl.

aux autres fleuves de l’Inde

 

Ariana

Afghanistan, Turkménistan, Pakistan

N. 1e décl.

 

 

au golfe Persique

India

Inde

N. 1e décl.

 

 

au golfe Persique

Sinus

Arabicus

mer Rouge

N. 4e décl.

A. 1e classe

 

à l’Arabia (Arabie Saoudite)

Sinus

Persicus

golfe Persique

N. 4e décl.

A. 1e classe

à l’Arabia

 

Taprobane

Sri Lanka

N. 3e décl.

à l’India

 

 

 

Séances 15 et 16 – Le mythe pour expliquer le monde

 

Parcours de recherche et de traduction.

 

1° Consultez le document suivant :

 

Île des Bienheureux et îles Fortunées. (cosmovisions.com)

 

2° À partir des informations contenues, complétez ce tableau qui met en relief, dans l’ordre chronologique, les noms des auteurs grecs et latins ainsi que les mythes géographiques qu’ils ont racontés.

 

3° Dans un second tableau, copiez à droite le texte traduit d’Horace, puis recherchez sur un autre site l’original latin (c’est un extrait des Épodes d’Horace ; poème XVI) et placez-le dans la colonne de gauche.

 

4° Surlignez les propositions ou groupes qui désignent le pays idéal décrit par Horace, puis analysez ces propositions ou groupes.

 

 

 

Homère

IXe s. av.

L’île d’Ogygie, près du détroit de Gibraltar, au bord de l’océan : l’île de Calypso, fille d’Atlas. Elle mène aux Champs Élyséens (une des régions des Enfers) : séjour des héros vertueux.

Hésiode

IXe s. av.

Les île des Bienheureux, où règnent Atlas et la nymphe Hespéris. Ils ont pour filles les Hespérides (ou Atlantides). Lieu connu pour le Jardin des Hespérides, visité par le héros Héraclès. Séjour des Gorgones (Persée y tua Méduse). Érythia compte parmi ces îles.

Hérodote

Ve s. av.

Îles Fortunées du désert de Libye (assimilées aux oasis).

Platon

Ve- IVe s. av.

Atlantide : nom d’une grande île située au-delà des Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar), dont la puissance menaça un temps la gloire d’Athènes, mais qui disparut lors d’un gigantesque séisme.

Xénophon

IVe s. av.

Associe les îles des Gorgones au pays des Gorilles, une île au nord-ouest de l’Afrique.

Sertorius

IIe - Ier s. av.

Pense avoir découvert deux îles aux riches productions naturelles, à 10000 stades de l’Ibérie.

Horace

Ier s. av.

Décrit dans ses Épodes les Îles fortunées où resplendit la nature (au nord-ouest de l’Afrique).

Pline l’Ancien

Ier s. apr.

Les Hespérides sont insituables (trop de contradictions chez les auteurs).

Plutarque Ier – IIe s. apr.

Les îles Atlantides, à 10000 stades du continent ibérien (reprend Sertorius ; elles aussi au Couchant, assimilé au lieu de repos après la vie) ; appelées aussi Îles des Bienheureux.

 

 

 

Vos, quibus est virtus, muliebrem tollite luctum,
      Etrusca praeter et volate litora. 40
nos manet Oceanus circum vagus : arva beata
      petamus, arva divites et insulas,
reddit ubi cererem tellus inarata quotannis
      et inputata floret usque vinea,
germinat et numquam fallentis termes olivae 45
      suamque pulla ficus ornat arborem,
mella cava manant ex ilice, montibus altis
      levis crepante lympha desilit pede.
illic injussae veniunt ad mulctra capellae
      refertque tenta grex amicus ubera 50
nec vespertinus circumgemit ursus ovile
      nec intumescit alta viperis humus ;
pluraque felices mirabimur, ut neque largis
      aquosus Eurus arva radat imbribus,
pinguia nec siccis urantur semina glaebis, 55
      utrumque rege temperante caelitum.
non huc Argoo contendit remige pinus
      neque inpudica Colchis intulit pedem,
non huc Sidonii torserunt cornua nautae,
      laboriosa nec cohors Vlixei. 60
nulla nocent pecori contagia, nullius astri
      gregem aestuosa torret impotentia.
Juppiter illa piae secrevit litora genti […].

"Vous, leur dit-il, vous qui avez du courage, cessez des plaintes stériles ; voguez loin des rivages d'Étrurie : l'Océan qui ceint le monde nous est ouvert ; gagnons les heureuses campagnes, ces campagnes et ces riches îles, où la terre, sans culture, rend, chaque année d'abondantes moissons ; où la vigne, sans être taillée, fleurit toujours ; où l'olivier n'offre jamais de vaines espérances ; où la figue mûre orne toujours son arbre ; là, le miel distille du creux des chênes, et l'onde limpide bondit en murmurant sur les flancs des montagnes ; là, les chèvres viennent d'elles-mêmes s'offrir à la main qui les trait, et la brebis caressante rapporte des mamelles toujours pleines : point de contagion parmi les troupeaux ; point de chaleurs funestes au bétail ; l'ours n'y vient point le soir gronder autour de la bergerie ; la terre n'est point sillonnée par d'énormes vipères. Combien d'autres avantages nous y attendent ! Nous n'y verrons ni les champs inondés par des pluies immodérées, ni le blé tendre desséché par un vent brûlant ; le roi des immortels y tempère l'une et l'autre saison. Les Argonautes n'y abordèrent point ; l'impudique Médée n'y porta point ses pas ; ni l'infatigable Ulysse, ni les navigateurs phéniciens n'ont tourné leurs voiles enflées vers ce rivage. Jupiter a réservé ces rivages aux hommes vertueux [...] »

 

 

 

1° Proposition principale, dont le verbe est au subj. présent (petamus : gagnons).

 

2° PSR circonstancielle, dont le verbe est au présent de l’indicatif (reddit : rend)

 

3° PSR circonstancielle coordonnée, dont le verbe est au présent de l’indicatif (floret : fleurit ; 2e conj.)

 

4° 3e PSR coordonnée, dont le verbe est « germinat » (sujet « termes » : la branche).

 

5° P.I., dont le sujet est « ursus vespertinus ».

 

P.P. dont le verbe « secrevit » (3 sing. ; Juppiter est le sujet).

 


 


 

Séances 17 et 18 – Versification ; scander quelques vers de l’épode XVI d’Horace

 

1° Quels sont les deux types de vers présents dans cette épode ?

 

2° Comment expliquer cette alternance de mètre ?

 

3° Insérez ci-dessous les règles de versification générale (1. comment repérer les syllabes longues ; 2. règles d’élision), ainsi que les schémas des deux mètres représentés ; vous pouvez les trouver à l’adresse suivante : http://www.arretetonchar.fr/wp-content/uploads/2013/IMG/pdf/versification_29-01-2013_.pdf

 

4° Choisissez 4 vers de l’épode XVI d’Horace et scandez-les. Insérez les traits verticaux au bon endroit et mettez les syllabes longues en rouge.

 

CORRIGÉ

 

XVI « Au peuple romain » - exercices de scansion

 

1° Ces 66 vers sont organisés en distiques (1 hexamètre dactylique et 1 sénaire iambique).

 

Ces vers ont été composés vers 40 av. J.-C. Horace déplore les guerres civiles qui ont dévasté Rome. Face aux dangers extérieurs plus graves qui menacent de détruire complètement la ville, il enjoint à ses concitoyens de cesser de se plaindre, de quitter l'Italie et de trouver un territoire vierge où s'installer : les Îles Fortunées (Insulae Beatae). Horace se souvient ici du récit de Sertorius (voir séances 15-16).

 

L’alternance des mètres s’explique par le ton à la fois solennel et satirique, ainsi que par le réalisme de certains passages. Le vers long (hexamètre) est propre à rendre compte de la grandeur de Rome et de ses habitants, tandis que le vers iambique sera celui de la critique sociale. C’est également un vers que l’on retrouve dans les dialogues des comédies (ici Horace s’adresse directement au peuple romain).

 

3° Pour scander un vers latin, il suffit le plus souvent de repérer les syllabes longues :

 

Règles de versification latine

 

Syllabes longues

 

Par nature : syllabes qui contiennent

 

- une voyelle longue par nature

 

- une diphtongue (ae, oe, au, eu)

 

- une voyelle issue d’une diphtongue (iniquus avec 2ème i long, qui vient de aequus)

 

- une voyelle issue d’une contraction (nil avec i long < nihil)

 


 

Par position

 

- à l’intérieur d’un mot, sont longues les syllabes fermées par 2 consonnes ou d’une lettre double (x)

 

- à la fin d’un mot, sont longues les syllabes terminées par une consonne si le mot suivant commence par une consonne

 

N.B. :

 

- h ne compte pas comme consonne

 

- qu compte pour une seule consonne

 

- à l’intérieur d’un mot, une voyelle brève par nature devient commune (- ou ˘) si elle est suivie de 2 consonnes dont la 1ère est une muette (b, p, g, c, d, t) ou un f et la 2ème une liquide (l, r) (ex. : tenebrae : 2ème e - ou ˘)

 

- chez certains poètes une syllabe brève par nature peut-être considérée comme équivalente à une longue si elle est placée avant une césure du vers.

 

Règles d’élision

 

- toute syllabe finale terminée par une voyelle, une diphtongue, ou un m s’élide devant un mot commençant par une voyelle, une diphtongue, ou un h. Remarques :

 

- les interjections ne s’élident pas et font hiatus ;

 

- l’hiatus n’est pas permis à l’époque classique (rares exceptions) ;

 

- le poète fait parfois élider la dernière syllabe d’un vers avec la voy. qui commence le vers suivant (le vers où se fait cette élision est dit hypermètre).

 


 

Schéma de l’hexamètre dactylique

 

U U | U U | U U | U U | U U | X

 

Les 4 premiers pieds peuvent être des spondées : – –

 


 

Schéma du sénaire iambique (nom du trimètre en poésie)

 

X - | X -| X - | X - | X - | X -

 

4° Choix de vers à scander soi-même ou en s’aidant de l’outil Metron (scansion d’hexamètres en lignes) :

 

 

germinat | et num|quam fal|lentis | termes o|liva 45

 

non huc | Argo|o con|tendit | remige | pinus 57

 

neque in|pudi|ca Col|chis in|tulit| pedem, 58
non huc | Sidoni|i tor|serunt | cornua | nautae, 59
la
bo|rio|sa nec | cohors | Vli|xei. 60
Exercice de scansion

 

a) Quels hexamètres dactyliques se scandent ainsi ?

 

U U | – U U | – U U | – - | – U U | – U

 

U U | – U U | – U U | – - | – U U | – -

 

b) Essayez de scander les trois autres vers et de deviner de quel type de mètre il s’agit.

 

Sed puer est, aetas mollis et apta regi.
Phillyrides puerum cithara perfecit Achillem,
Atque animos placida contudit arte feros.

 

Qui totiens socios, totiens exterruit hostes,
Creditur annosum pertimuisse senem.

 

 

 

Mais c'est un enfant ; cet âge est souple et facile à diriger. Chiron éleva le jeune Achille aux sons de la lyre, et, par cet art paisible, dompta son naturel sauvage : celui qui tant de fois fit trembler ses ennemis, qui tant de fois effraya même ses compagnons d'armes, on le vit, dit-on, craintif devant un faible vieillard.

 

Ovide, L’art d’aimer (livre I, vers 10-14)

 

 

 

 

 

Exercice de scansion

 

a) Quels hexamètres dactyliques se scandent ainsi ?

 

U U | – U U | – U U | – - | – U U | – U

 

U U | – U U | – U U | – - | – U U | – -

 

b) Essayez de scander les trois autres vers et de deviner de quel type de mètre il s’agit.

 

Sed puer est, aetas mollis et apta regi.
Phillyrides puerum cithara perfecit Achillem,
Atque animos placida contudit arte feros.

 

Qui totiens socios, totiens exterruit hostes,
Creditur annosum pertimuisse senem.

 

 

 

Mais c'est un enfant ; cet âge est souple et facile à diriger. Chiron éleva le jeune Achille aux sons de la lyre, et, par cet art paisible, dompta son naturel sauvage : celui qui tant de fois fit trembler ses ennemis, qui tant de fois effraya même ses compagnons d'armes, on le vit, dit-on, craintif devant un faible vieillard.

 

Ovide, L’art d’aimer (livre I, vers 10-14)