2- Parcours 1 : Science et fiction

1. En quoi peut-on dire que les quatre extraits présentent des créatures ? Pensez à l’étymologie du nom « créature ».

« Créature » : étymologie latine (creari : « produire ») ;

*texte 1 : un homme créé à partir d’un cadavre ;

*texte 2 : humain créé à partir de pièces fabriquées par l’homme ;

*texte 3 : « esprits », créatures forgées par l’imagination ;

*texte 4 : bébés créés par la manipulation génétique, puis sélectionnés et conditionnés.

 

2. Identifiez les caractéristiques physiques et morales des créatures décrites dans chaque extrait ; faites trois citations par texte.

Texte 1 : « peau jaune », « dents blanches », « teint parcheminé », « couvraient à peine le tissu », « yeux transparents » → un mort-vivant, dépourvu de sentiments.

Texte 2 : le corps tout entier (les deux tiers du texte) est minutieusement décrit, mais on ne sait pas si le corps n’a pas encore pris vie.

Texte 3 : « invisibles », « intangibles » ; majoritairement des notations morales  qui suggèrent le caractère maléfique (« épouvante », « mystérieux vouloir », « esclave », « terreur », « sortes de vampires).

Texte 4 : « terreur », « hurlements », « membres s’agitaient », « mouvements saccadés », « sifflotements de plaisir » : des bébés ordinaires physiquement, mais dont les réflexes émotifs sont conditionnés.

 

3. Dans chaque texte, identifiez qui décrit la ou les créatures.

Texte 1 : le scientifique, non nommé.

Texte 2 : Edison, l’ingénieur.

Texte 3 : l’auteur de l’article de la Revue du Monde Scientifique.

Texte 4 : le D.I.C. et, moins souvent, le narrateur.

 

4. Recherche documentaire (1) : quelle est la cause de l’apparition de chaque créature ?

*Texte 1 : Frankenstein, jeune scientifique, cherche à créer du vivant à partir de l’inanimé (cadavres ?).

*Texte 2 : Par amitié pour Lord Ewald, désir de créer la femme parfaite. L’ami ingénieur crée une androïde.

*Texte 3 : narrateur malade et qui ne connaît pas la cause de sa « folie » (peut-être le trois-mâts brésilien?).

*Texte 4 : volonté d’un régime totalitaire de cloner des populations, de les sélectionner et de les conditionner à des fins consuméristes et dictatoriales.

 

5. Recherche documentaire (2) : comment le monde des sciences et les spécialistes sont-ils représentés dans chaque extrait ?

*Texte 1 : avancées scientifiques remarquables ; mais univers sale, inquiétant et funeste d’un scientifique qui se néglige But louable.

*Texte 2 : avancées scientifiques remarquables, dans un cadre plus réaliste. Image positive du créateur (bienfaiteur du Lord), mais caractère industriel et désincarné de l’être créé.

*Texte 3 : sciences de l’époque (hypnose, Mesmer). Ironie portant sur le monde scientifique (impossibilité d’une épidémie développée par des esprits, le récit prend le dessus sur l’explication), dont les limites sont posées. La science comme l’ultime recours pour saisir le surnaturel.

*Texte 4 : avancées scientifiques ; le scientifique est l’allié du politique, du tyran : tous deux appartiennent à la classe dominante. Au détriment de l’exercice des libertés, du libre-arbitre.

 

 

6. Relisez à présent les chapitres 38 et 39 de Voyage au centre de la Terre. Quels êtres vivants, proches de l’Homme moderne, Jules Verne choisit-il de faire intervenir ?

Les êtres vivants présentés dans le roman :

-cadavre très bien conservé (38 ; allusion à Frankenstein) : homme de l’ère quaternaire ;

-un géant, comparé à Polyphème (39).

 

7. En quoi ces êtres diffèrent-ils des créatures des extraits 1 à 4 ?

Ces êtres sont des produits de la nature (quoique leur origine soit inexpliquée). Non des produits de l’imagination (texte 3), ni des produits de la science (1, 2 et 4).

 

Question 8

 

 

Texte 1 Frankenstein

Texte 2

L’Ève future

Texte 3

Le Horla

Texte 4

Le meilleur des Mondes

Chapitres 38 et 39 de Voyage au Centre de la Terre

Mouvement littéraire et culturel

Romantisme

Réalisme / symbolisme

Réalisme

Réalisme

Réalisme

Registre dominant

Fantastique

Fantastique

Fantastique

Pathétique / tragique

Merveilleux : apparition en partie expliquée d'une créature ressemblant à l'homme

Point de vue de la narration au sujet des sciences

Critique des excès de la science

Critique des excès de la science

Dépeindre l'impossibilité pour un personnage d'expliquer la venue d'une créature

Critique des excès de la science

Éloge de la science ; narration fondée sur des données scientifiques actualisées

 

Fonction possible de la créature

Produire l'effroi et l'étonnement

Création d'une machine ressemblant à l'homme

Produire l'effroi et l'étonnement

Évocation de puissances contrôlant la pensée de l'individu

Faire s'interroger sur l'identité humaine

Délivrer un message contre les régimes totalitaires au sujet de la liberté humaine

Faire s'interroger sur l'origine de l'homme

Genre littéraire

Roman épistolaire et fantastique

Roman de science-fiction

Nouvelle fantastique

Récit de science-fiction dystopique

Roman d'aventures réaliste et fantastique

 

 

Question 9

La science, dans ce corpus du « parcours associé », permet à la fois de manifester dans la fiction les faiblesses humaines et d’interroger l’origine et le sens de la destinée humaine.

Ainsi dans le roman épistolaire Frankenstein, le créateur a sacrifié une partie de sa vie dans le but de créer un personnage qu'il déteste une fois son œuvre terminée. C’est que la créature qui prend vie est à la fois trop humaine et insuffisamment vivante ; elle fait penser à un mort-vivant et devient un motif d’effroi fantastique. La science, dans l’extrait 1, est donc présentée à travers ses excès et les désastres dont elle peut être à l’origine.

Au contraire, dans L’Ève future et Le meilleur des Mondes, les scientifiques sont fascinés par leurs résultats jusqu'à ne plus se soucier des conséquences éthiques de leur invention : l’être créé est doué de pensées artificielles, ce qui est de nature à troubler les rapports humains et la relation des hommes à la nature ou à un principe créateur. Dans le récit d’Aldous Huxley, c’est l’humanité entière qui est menacée par la tyrannie eugéniste : les scientifiques contrôlent non seulement les naissances, mais encore conditionnent les catégories créées. La liberté humaine est ainsi remise en cause par Villiers de l’Isle-Adam et l’écrivain britannique. Dans Voyage au Centre de la Terre, Jules Verne se questionne sur l'origine de la Terre et des hommes à l’occasion d’un voyage qui se révèle être une remontée dans le temps : mais les créatures rencontrées produisent tantôt l’étonnement scientifique (l’homme de l’ère quaternaire serait plus ancien qu’un individu fossilisé trouvé à la surface du globe), tantôt l’émerveillement devant l’inexpliqué (une créature qui semble sortie de l’Odyssée).

Quant au Horla de Maupassant, nous y constatons que la créature imaginaire provoque la terreur chez le personnage principal, bien qu’il semble avoir découvert l’explication scientifique de la venue de ce mal inconnu, qu’il finit par nommer le « Horla » ; cet être immatériel domine tant la conscience du narrateur que celui-ci ne perçoit pas l’incapacité de la science à résoudre certaines problématiques psychiques. Nul doute que Maupassant ait voulu dépeindre avec ironie la figure du scientifique, ce en quoi nous pouvons le rapprocher de l’auteur de L’Ève future.

 

Question 9

La science, dans ce corpus du « parcours associé », permet à la fois de manifester dans la fiction les faiblesses humaines et d’interroger l’origine et le sens de la destinée humaine.

Ainsi dans le roman épistolaire Frankenstein, le créateur a sacrifié une partie de sa vie dans le but de créer un personnage qu'il déteste une fois son œuvre terminée. C’est que la créature qui prend vie est à la fois trop humaine et insuffisamment vivante ; elle fait penser à un mort-vivant et devient un motif d’effroi fantastique. La science, dans l’extrait 1, est donc présentée à travers ses excès et les désastres dont elle peut être à l’origine.

Au contraire, dans L’Ève future et Le meilleur des Mondes, les scientifiques sont fascinés par leurs résultats jusqu'à ne plus se soucier des conséquences éthiques de leur invention : l’être créé est doué de pensées artificielles, ce qui est de nature à troubler les rapports humains et la relation des hommes à la nature ou à un principe créateur. Dans le récit d’Aldous Huxley, c’est l’humanité entière qui est menacée par la tyrannie eugéniste : les scientifiques contrôlent non seulement les naissances, mais encore conditionnent les catégories créées. La liberté humaine est ainsi remise en cause par Villiers de l’Isle-Adam et l’écrivain britannique. Dans Voyage au Centre de la Terre, Jules Verne se questionne sur l'origine de la Terre et des hommes à l’occasion d’un voyage qui se révèle être une remontée dans le temps : mais les créatures rencontrées produisent tantôt l’étonnement scientifique (l’homme de l’ère quaternaire serait plus ancien qu’un individu fossilisé trouvé à la surface du globe), tantôt l’émerveillement devant l’inexpliqué (une créature qui semble sortie de l’Odyssée).

 

Quant au Horla de Maupassant, nous y constatons que la créature imaginaire provoque la terreur chez le personnage principal, bien qu’il semble avoir découvert l’explication scientifique de la venue de ce mal inconnu, qu’il finit par nommer le « Horla » ; cet être immatériel domine tant la conscience du narrateur que celui-ci ne perçoit pas l’incapacité de la science à résoudre certaines problématiques psychiques. Nul doute que Maupassant ait voulu dépeindre avec ironie la figure du scientifique, ce en quoi nous pouvons le rapprocher de l’auteur de L’Ève future.