1- La révolution féminine d'O. de Gouges

Podcast France Culture consacré à l'autrice

Télécharger
Cours au 27 septembre
Révolution féminine2023.pdf
Document Adobe Acrobat 630.2 KB
Télécharger
Cours de langue 1-3
Cours 1-3.pdf
Document Adobe Acrobat 242.4 KB

Séance 7 – Rédaction en classe à partir d’un plan détaillé

 

Jean-Paul Sartre affirme à la fin de son autobiographie Les Mots (1963) : « Longtemps j’ai pris ma plume pour mon épée : à présent je connais notre impuissance. N’importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. »

En quoi cette pensée du philosophe éclaire-t-elle votre lecture de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne ? Vous pourrez trouver vos exemples en puisant dans l’oeuvre intégrale, vos connaissances personnelles et vos lectures faites en classe de seconde.

 

Problématique : De quelle manière un écrivain peut-il faire subsister ses opinions à travers le temps et les mentalités, qui peuvent être autant d’obstacles à l’expression des idées ?

 

I. L’impuissance de la littérature d’idées

 

A. Un public suffisamment instruit est nécessaire (sans quoi la littérature d’idées est coupée des moyens d’action politique). Les écrivains des Lumières ont poursuivi l’idéal d’instruction des masses populaires.

 

B. Selon les mœurs de l’époque, le discours peut ne pas produire d’effet immédiat. Prise de risques de l’écrivain qui persiste dans son engagement, ou incapacité à toucher le public, comme l’illustre le discours d’Olympe de Gouges, trop en avance sur son temps à certains points de vue.

 

C. La littérature est impuissante à faire changer l’humanité en profondeur (le paradoxe du poète ou du philosophe engagé dans un conflit). Les œuvres de Ronsard n’ont pas fait cesser les guerres de Religion. La littérature comme négation de l’évolution : la persistance des types littéraires prouve que les défauts du genre humain ne sont pas modifiables par la littérature.

 

II. La littérature engagée peut tout de même faire évoluer en partie les mentalités

 

A. Quand dire, c’est faire : énoncer une notion revient à affirmer un droit. Les écrits d’Olympe de Gouges au XVIIIe s. proclament les droits des femmes.

 

B. Les mœurs évoluent peu à peu grâce aux œuvres précédentes (le temps est une vertu alliée de la littérature engagée). Les discours de Hugo ou de Lamartine au XIXe, eurent quelques effets et produisirent quelques changements concrets dans la société. Exemples de changements progressifs, sur le thème de la peine de mort.

 

C. Des auteurs parviennent à modifier leur monde à leur échelle (l’échec n’est jamais total), dans leur actualité. Exemples célèbres de Voltaire (chevalier de La Barre, affaire Calas) et de Zola (défenseur de la cause de Dreyfus).

 

III. La littérature est une ressource quand il s’agit de peindre la complexité de l’homme

 

A. Nécessité d’un regard extérieur pour être sensible au monde, et notamment aux minorités et aux catégories invisibles : Olympe de Gouges adopte un point de vue surplombant la société française pour renforcer son discours égalitaire.

 

B. En tant que miroir de l’humanité, la littérature nous offre notre propre spectacle (le « théâtre du monde » de Shakespeare).

 

 

C. Le pouvoir métaphorique des genres secondaires de la littérature d’idées (fables, apologues, textes fondateurs) : des œuvres universelles qui traversent les époques, autant par leurs idées que par leur vigueur narrative.

Article "Engagement" du Guide des idées littéraires