2- Masculin, féminin

Période 2 – Vir et Femina

 

 

 

Présentation de l’objet d’étude Masculin, féminin dans les programmes officiels

 

 

 

Masculin, féminin

 

Les conceptions du masculin et du féminin sont aujourd’hui, plus que jamais, discutées et questionnées. Découvrir les représentations antiques, dans leur diversité, invite l’élève à enrichir sa réflexion sur les modèles familiaux, le mariage et la sexualité. Les récits mythologiques (travestissement, échange et confusion des sexes) permettent de penser la différence des sexes ; par ailleurs, philosophes, historiens ou poètes dramatiques montrent la réalité des statuts et des rôles sociaux respectifs de l’homme et de la femme. Enfin, les couples mythiques et historiques représentent dans leur diversité heureuse ou tragique les relations amoureuses hétérosexuelles ou homosexuelles.

 

 

 

-Féminin et masculin dans la mythologie : représentations littéraires et artistiques ; travestissement, échange et confusion des sexes ; expression des émotions et des sentiments.

 

-Femmes et hommes : réalités sociologiques ; représentations et préjugés.

 

-Amours, amantes et amants ; couples mythiques et historiques.

 

 

 

Séance 1 – Mots-concepts de l’objet d’étude

 

 


Statue d'Hermaphrodite

 

1. Lecture des documents des p. 136-137.

 

2. Identifiez, puis recopiez les huit mots-concepts latins présents dans ce dossier, puis les trois mots-concepts de la fable de Phèdre (p. 138).

 

3. Trouvez pour chaque mot-concept un mot français qui en dérive.

 

4. Mots-concepts français du dossier. Trouvez leur étymon grec ou latin :

 

 

 

 

 

Mots-concepts 

Étymon 

Signification 

femme 

femina 

femme 
 

homme 

Homo,hominis,m 

L'homme au sens général  
 

amour 

amor 
 

amour 
 

sexe 

Sexus, sexus, m 
 

L'organe sexuel 
 

hétérosexualité 

Du grec ancien ἕτερος, héteros (« autre »). 

Et du latin sexus 
 

 
 

Fait d’être attiré par le sexe opposé 

homosexualité 

 
 

Du grec ancien ὁμός, homós semblable, pareil ») + latin sexus 
 

 
Fait d’être attiré par le même sexe 

androgyne 

Du grec  
 

 
 

 
Être dont le sexe est indéterminé 

Hermaphrodite 

 
 

gr.  fils d'Hermès (Ε ρ μ η ̃ ς) et d'Aphrodite (Α φ ρ ο δ ι ́ τ η)

 

 
 

patrilinéaire 

 
De pater (“père) et linea (“ligne”). 

 
 

 
Désigne une société qui est fondée sur l’ascendance masculine. 

adultère 

<adulterium < ad + alter (“vers l’autre”)
 

Relation extra-conjugale 
 

divorce 

Divortium, de divorto, di + vorto ( tourner le dos ). 
 

Séparation 
 

mariage 

Du verbe maritare 
 

Donner en mariage  
 

couple 

Copula < cum + apio (attacher ) 
 

Le fait de s’unir 
 

 

 

 

 

 

Mots-concepts

Étymon

Signification

femme

femina

 

homme

homo

 

amour

amor

 

sexe

sexus

 

hétérosexualité

heteros

sexus

 

 

homosexualité

 

homos

sexus

 

androgyne

anèr

gynè

 

 

Hermaphrodite

 

Hermès

Aphrodite

 

patrilinéaire

pater

linea

 

 

adultère

ad alter

 

divorce

di vortere

 

mariage

 

 

couple

 

 

 

 

 

Illustration : 1oeuvre-1histoire.com

 

 

 

 

 

 

 

Séance 2 – Deux sexes, quatre potentialités (Platon, Le banquet ; p. 138)

 

 

 

[…] ἕκαστος οὖν ἡμῶν ἐστιν ἀνθρώπου σύμβολον, ἅτε τετμημένος ὥσπερ αἱ ψῆτται, ἐξ ἑνὸς δύο· ζητεῖ δὴ ἀεὶ τὸ αὑτοῦ ἕκαστος σύμβολον. Ὅσοι μὲν οὖν τῶν ἀνδρῶν τοῦ κοινοῦ τμῆμά εἰσιν, ὃ δὴ τότε ἀνδρόγυνον ἐκαλεῖτο, φιλογύναικές τέ εἰσι καὶ οἱ πολλοὶ τῶν μοιχῶν ἐκ τούτου τοῦ γένους γεγόνασιν, καὶ ὅσαι αὖ γυναῖκες φίλανδροί τε καὶ μοιχεύτριαι ἐκ τούτου τοῦ γένους γίγνονται. Ὅσαι δὲ τῶν γυναικῶν γυναικὸς τμῆμά εἰσιν, οὐ πάνυ αὗται τοῖς ἀνδράσι τὸν νοῦν προσέχουσιν, ἀλλὰ μᾶλλον πρὸς τὰς γυναῖκας τετραμμέναι εἰσί, καὶ αἱ ἑταιρίστριαι ἐκ τούτου τοῦ γένους γίγνονται. Ὅσοι δὲ ἄρρενος τμῆμά εἰσι, τὰ ἄρρενα διώκουσι, καὶ τέως μὲν ἂν παῖδες ὦσιν, ἅτε τεμάχια ὄντα τοῦ ἄρρενος, φιλοῦσι τοὺς ἄνδρας καὶ χαίρουσι συγκατακείμενοι καὶ συμπεπλεγμένοι τοῖς ἀνδράσι [...]

 

 

 

1° Observez la traduction de ce texte, et écrivez les mots grecs traduits ainsi :

 

- « moitié » - « coupé »

 

- « chacun » - « des hommes »

 

- « morceau » - « androgyne »

 

- « attirés par les femmes » - « attirées par les hommes »

 

- « de cette espèce »  - « jeunes »

 

- « ils aiment » - « ils se réjouissent »

 

 

 

2° Quel nom ressemble particulièrement à son équivalent latin ? __________

 

3° Qu’a donné le terme σύμβολον en français ? Expliquer le rapport entre les deux significations.

 

______________________________________________

 

______________________________________________

 

______________________________________________

 

______________________________________________

 

4° Que représente précisément ce vase grec de l’Antiquité (IVe siècle) ? Source : lettresantiques.com

 

____________________________________________

 

____________________________________________

 

____________________________________________

 

____________________________________________

 

____________________________________________

 

____________________________________________

 

 

 

5° Complétez ce texte à partir des informations repérables dans la description de Platon :

 

Aristophane veut révéler la puissance du dieu ________, qui seul peut guérir de ce mal dont la guérison constitue pour l’espèce humaine la plus grande des félicités : ____________ . Le premier type d’amour, selon nos catégories modernes, est l’amour _____________ des hommes pour les femmes  : « Tous ceux des hommes qui sont un morceau de cette être commun […] sont attirés par les femmes et la plupart des hommes adultères proviennent de cette espèce ». Le second type d’amour est l’amour ___________ des femmes pour les hommes : « toutes les femmes attirées par les hommes et adultères, proviennent de cette espèce ». Le troisième type d’amour est l’amour ___________, des hommes pour les hommes ou des femmes pour les femmes : «  toutes celles parmi les femmes qui sont un morceau de femme, celles-ci ne prêtent absolument aucune attention aux hommes : mais se tournent davantage vers les femmes, et les courtisanes des femmes proviennent de cette espèce. Et tous ceux qui sont un morceau de mâle, recherchent les mâles et, aussi longtemps qu’ils sont jeunes, puisqu’ils sont des petites tranches de mâle, ils aiment les hommes et prennent plaisir à coucher avec eux et à s’unir à eux. »

 

Le locuteur n’établit aucune hiérarchie entre ______________________________________. Dans l’Antiquité, les concepts et les catégories d’homo- et d’hétérosexualité n’existaient pas. Les pratiques homo- et hétérosexuelles coexistaient et étaient encouragées, dans le respect de codes bien définis.

 

 

 

6° Comment prononcer les lettres de l’alphabet grec ? Indiquez la prononciation entre les crochets.

 

 

 

A a

B b, ϐ

G g

D d

E e

Z z

H h

Q q

I i

K k

L l

M m

N n

alpha [a]

bêta [b]

gamma [g]

delta [d]

epsilon [é]

zêta [dz]

êta [e] long

thêta [th]

iota [i]

kappa [k]

lambda [l]

mu [m]

nu [n]

νθρωπος

βάρϐαρος

γαθός

δέλτα

Ἠλέκτρα

ζῷον

λέκτρα

ἄνθρωπος

ερός

Ἠλέκτρα

λέκτρα

ῥεῦμα

ζῷον

X x

O o

P p

R r

S s, ς

T t

U u

F f

C c

Y y

W w

(

)

xi [ks]

omicron [o]

pi [p]

rhô [r], [rh]

sigma [s]

tau [t]

upsilon [u]

phi [ph]

khi [kh]

psi [ps]

oméga [o] long

esprit rude [h]

esprit doux

ξοδος

ἄνθρωπος

ἄνθρωπος

εῦμα

Θάλασσα

Ἠλέκτρα

ποκριτής

φιλόσοφος

χιλλεύς

ψυχή

ἄνθρωπος

εῦμα

λέκτρα

 

 

 

Remarques

 

 

 

Un signe existe pour marquer ou non l’aspiration initiale de mots commençant par une voyelle ou une diphtongue : l’esprit (au sens de « souffle »), qui sera rude pour noter l’aspiration.

 

 

 

Tout mot commençant par upsilon ou rhô portera à l’initiale l’esprit rude.

 

 

 

Le sigma s’écrit ς en fin de mot. Il existe en France une variante graphique du bêta : ϐ.

 

 

 

Pour les lettres capitales, cet alphabet correspond à l’alphabet ionien, tel qu’il a été fixé par les Athéniens à la fin du Ve siècle avant notre ère. Les écritures cursives se développèrent à partir de l’époque romaine, mais ce n’est qu’au IXe siècle que fut fixée la minuscule byzantine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séance 3 – La version du fabuliste Phèdre (p. 138) ; deux accusatifs particuliers

 

Phèdre est un affranchi d’Auguste qui, au Ier siècle de notre ère, publia 123 fables

 

adaptées d’Ésope, le fabuliste grec.

 

 

 

I. Analyse guidée de l’extrait de la fable (Fabulae Aesopiae, livre IV, poème 16)

 

 

 

L’intégralité de la fable

 

 

 

Rogavit alter tribadas et molles mares

Un autre ___________quel principe avait créé les _______ et les

quae ratio procreasset, exposuit senex :

__________ efféminés, un vieillard l’___________ :

"Idem Prometheus, auctor vulgi fictilis

« Le même __________, créateur de _____ _______

qui, simul offendit ad fortunam, frangitur,

d’argile, qui, dès qu’elle se heurte à la Fortune, ___ ________,

naturae partes veste quas celat pudor

alors que pendant toute une journée il avait façonné séparément

cum separatim toto finxisset die,

ces ________ __ __ ________ que la _______ cache sous les

aptare mox ut posset corporibus suis,

vêtements, de façon qu’il put les adapter à chaque corps,

ad cenam est invitatus subito a Libero ;

 

ubi inrigatus multo venas nectare

 

sero domum est reversus titubanti pede.

 

Tum semisomno corde et errore ebrio

ablatif

adplicuit virginale generi masculo,

COI → datif

et masculina membra adposuit feminis.

COI → datif

Ita nunc libido pravo fruitur gaudio."

C’est ainsi qu’aujourd’hui le désir se gratifie d’une jouissance perverse. »

 

 

 

II. Traduction en prose de l’extrait poétique

 

C’est à ce moment qu’il fut invité par Liber à un dîner,

 

d’où, les veines imbibées de beaucoup de nectar,

 

il revint tard chez lui, le pied titubant.

 

Alors, l’esprit à moitié endormi et dans l’égarement de l’ivresse,

 

il adapta la féminité à l’espèce mâle

 

et appliqua l’attribut masculin aux femmes.

 

 

 

III. Deux cas où l’accusatif ne correspond pas à la fonction COD

 

-accusatif de relation

 

-accusatif de lieu

 

 

 

IV. Synthèse

 

Phèdre, fabuliste, n’a pas la prétention de dire le vrai. Il tente simplement de répondre à la question qu’il pose d’emblée aux deux premiers vers de sa fable : «Les femmes lesbiennes, les mâles efféminés, quel principe les a créés ? ». Il répond à cette question par un récit fabuleux, qui n’en est pas moins l’occasion de réfléchir plus avant à la question posée. L’enjeu est ici non pas de rechercher une vérité mais de donner un fondement d’ordre divin (le dieu italique Liber, confondu dans la littérature avec Bacchus ; à rapprocher de la libertas, du nom libido, « désir », et du verbe impersonnel ________, « il plaît », du grec ἐλεύθερος, « _________ », du serbe _________, « amour », et de l’allemand ___________) à l’existence des trabidas et des molles mares. L’homosexualité est ici encore considérée comme une manifestation de la liberté individuelle, bien qu’elle soit présentée dans sa marginalité.

 

 

 

Source et légende de l’illustration : Prométhée moulant l'homme en argile (huile sur papier préparant une fresque), de Constantin Hansen ; 1845 (Copenhague) ; polyxenia.net.

 

 

 

 

 

«  Venas  » complète le participe parfait passif «  inrigatus  », accordé au nominatif masculin singulier avec le sujet du verbe « reversus est », c’est-à-dire Prométhée. On peut traduire littéralement « venas inrigatus » par : « imbibé quant à ses veines », « imbibé concernant ses veines »; ce sont ses « veines » qui sont « imbibées » d’alcool, et non pas son corps entier. « Domum » peut être littéralement traduit par « à la maison ». 2. « Titubanti pede » est une proposition dont le verbe est le participe présent titubante, accordé à l’ablatif masculin singulier avec le nom pede. Nous l’avons traduite par « le pied titubant ». « Semisomno corde » et « errore ebrio » sont des groupes nominaux composés d’un adjectif (semisomno, ebrio) et d’un nom commun (corde, errore) accordés à l’ablatif singulier, compléments circonstanciels de manière. Nous les avons traduits par « l’esprit moitié endormi » et « dans l’égarement de l’ivresse ».

 

 

 

Séance 4 – Évaluation ; correction du tableau de la p. 123 (tableau Infectum / Perfectum)

 

 

 

Évaluation : l’alphabet grec ; les accusatifs de relation et de lieu

 

 

 

a) Complétez les mots grecs suivants en respectant la valeur phonologique de chaque lettre :

 

kratos (pouvoir) → …...άτος algos (douleur) → ἄλ...ος

 

doulè (une esclave) → δο...λη prosôpon (masque, visage) → ...ρόσω...ον

 

synthèsis (composition) → σύν...εσις skhèma (forme, figure) → σ...ῆμα

 

phrassis (parole) → ...ράσις Léonidas (chef spartiate) → Λεω...ίδας

 

 

 

b) Surlignez l’accusatif de relation (un mot) et l’accusatif de lieu (un mot). Dictionnaire autorisé.

 

 

 

Propter coronaviri morbum, Cadomum ire non possumus.

 

 

 

Pectus percussus, miles Romanus cecidit.

 

 

 

Tableau d’exercice : les temps et modes verbaux / la voix

 

 

 

Forme active

Personne

Temps

Mode

Infectum / perfectum ?

Forme passive

Devovebamus, nous dévouions

1 pl.

imparfait

Indicatif

infectum

devovebamur

Coluerunt,

ils honorèrent

3 pl.

parfait

Indicatif

perfectum

culti sunt

Celebretis,

vous célébriez

2 pl.

présent

subjonctif

infectum

celebremini

Ama, aime

2 sing.

présent

impératif

infectum

amare

 

Praedicent, ils prédiront

3 pl.

futur

Indicatif

infectum

praedicentur

Supplicavi, j’ai prié

1 sing.

parfait

Indicatif

perfectum

supplicata sum

 

Celebrare, fêter

-

présent

infinitif

infectum

celebrari

 

 

 

 

Séance 5 – Reprise du tableau de conjugaison

 

 

 

Reprise suivie des exercices 2 et 3 p. 123 (distinction entre formes passives et déponentes).

 

 

 

Séance 6 – Recherches documentaires au CDI (fêtes du calendrier romain).

 

Séance 7 – Une Diane bien étrange (Jupiter travesti)

 

 

 

1. Correction de l’exercice en ligne (accusatif).

 

Ob coronaviri morbum, Cadomum ire non possumus.

 

A cause de la maladie du coronavirus, nous ne pouvons pas aller à Cae.

 

Quotidie ad macellum imus.

 

Nous allons quotidiennement au marché.

 

Pectus percussus, Romanus miles cecidit.

 

Frappé à la poitrine, le soldat romain est tombé.

 

Propter solem, oculos doleo.

 

A cause du soleil, j’ai mal aux yeux.

 

 

 

Illustration : La chute de Phaéton (Van Eyck, vers 1640) ; wikipedia.org

 

 

 

2. Lecture d’un extrait des Métamorphoses (livre II : Jupiter sous les traits de Diane pour séduire Callisto).

 

 

 

a) Écriture en caractères grecs du nom de la nymphe servante d’Artémis : ___________________

 

b) Que faisait Jupiter en Arcadie au moment de la rencontre de Callisto ? Aidez-vous de l’illustration ci-dessous. JJJupiter redonnait vie aux terres qui avaient été brûlées lors de la course du char du soleil conduit par Phaéton.

 

c) Quel adverbe de temps indique que Jupiter obéit à une pulsion irrépressible ? Protinus (“aussitôt”)

 

d) Callisto (ainsi que son fils Arcas) est liée à l’astronomie :

 

Ils ont été transformés en constellations : Major Ursa (Callisto) et Minor Ursa (Arcas). Callisto est aussi un satellite de Jupiter (Galilée, 1610).

 

e) Dans le passage traduit, repérez les deux expressions qui soulignent l’affection réciproque unissant les deux déesses : “Pars una comitum mearum” (“favorite de mes compagnes”) ; “majus numen Jove” (“divinité plus grande que Jupiter”).

 

f) Associez chaque mot à celui qui s’accorde avec lui, puis indiquez le cas de chaque paire :

 

 

 

mot 1

mot 2

cas

comitum

una pars

Génitif pluriel

jugis

majus

Ablatif pluriel

numen

quibus

Ablatif sg

virgo

judice

Vocatif sg

me

mearum

Vocatif sg

 

 

 

g) “Venata es” : retrouvez, sans dictionnaire, les formes primitives de ce verbe : déponent → venor, venaris, venari, venatus sum, -

 

h) Vers 6 à 9. Quelles sont les 5 formes verbales non conjuguées ? Essayez d’expliquer leur emploi en vous aidant des pages 193 à 195 (7.1, 7.3, 8.1).

 

praeferri : infinitif présent passif (“être préféré”)

 

moderata : participes passés (“modérés” = “timides”)

 

danda : adjectif verbal (“devant être donnés”)

 

parantem : participe présent (“préparant”)

 

narrare : infinitif présent actif (“raconter”)

 

 

 

Leçon : morphologie et emploi du participe présent (p. 193)

 

 

 

1. Comment le construire ?

 

RAD de l’infectum + -A (1ère conj.) + -NS, -NTIS (3e décl.) --> AMANS, CANTANS, DANS

 

+ -E (autres conj.) --> HABENS, LEGENS, CAPIENS, VENIENS

 

 

 

Per fenestram spectanti discipulo loquor : je parle à l’élève qui regarde par la fenêtre.

 

2. Quels sont ses deux principaux emplois ?

 

--> Il sert le plus souvent à traduire des propositions relatives.

 

Impedit virginem narrare parantem : il empêche la jeune femme qui se prépare à faire son récit.

 

--> Il sert aussi de nom : legentes, les lecteurs.

 

 

 

Séance 8 – Document à remplir pour la séance 9 (synthèse)

 

 

 

Jupiter fait preuve, une fois encore, de ruse et de dissimulation, abusant de la naïveté de la nymphe servante d’Artémis que nous identifions grâce à sa nudité et au carquois. Ce qui ressort du tableau de Pierre Paul Rubens mis en regard, c’est la nudité de Callisto, la blancheur (candor) de sa peau, sa position et son regard symbolisent sa virginité, sa candeur, sa pudeur, sa vulnérabilité. Face à elle, Jupiter, que le spectateur reconnaît d’emblée grâce à l’aigle à l’arrière-plan. Comme le dernier vers de l’extrait, ce tableau peut être lu comme une litote (figure de style qui accentue l’idée par une expression d’atténuation ; on dit moins pour faire entendre davantage) : nec sine crimine prodit.

 

 

 

Entraînement au Concours Général 1 (Version)

 

 

 

Après relecture des leçons des pages 193-194, traduire ces quatre vers (texte p. 139) :

 

 

 

Et sibi praeferri se gaudet et oscula jungit

 

Nec moderata satis nec sic a virgine danda.

 

Qua venata foret silva narrare parantem

 

Impedit amplexu nec se sine crimine prodit.

 

 

 

Ovide, Métamorphoses, II, 417-433.

 

 

 

Vous expliquerez la forme des trois groupes soulignés.

 

Entraînement au thème latin (1)

 

 

 

a) Réviser la 3e déclinaison (p. 181). Être attentif à la différence entre mots parisyllabiques et mots imparisyllabiques.

 

 

 

b) Traduire les expressions suivantes en employant les mots proposés dans la liste.

 

 

 

1° Je vois ma mère.

 

 

 

 

2° Tu travailles la nuit.

 

 

 

 

3° Cicéron ne comprend pas la conversation des architectes.

 

 

 

 

 

 

c) Liste à utiliser.

 

 

 

Cicero, -onis, m. : Cicéron (homme d’État romain)

 

intellego, -is, -ere, intellexi, intellectum : comprendre

 

laboro, -as, -are, laboravi, laboratum : travailler

 

mater, matris, f. : la mère

 

nox, noctis, f. : la nuit

 

sermo, sermonis, m. : la conversation

 

structor, structoris, m. : l’architecte

 

video, -es, -ere, vidi, visum : voir

 

 

 

 

 

i) Proposition de traduction des vers 6-9 :

 

 

 

Il rit, se réjouit d’être préféré à lui-même, et joint des baisers insuffisamment sages, baisers que ne pourrait pas donner une vierge. Elle qui s’apprêtait à lui raconter dans quelle forêt elle allait chasser, il l’en empêche en l’enserrant et, non sans crime, se révèle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séance 9 – Quiz “Formes verbales” ; une scène érotique (1)

 

 

 

1. Leçon sur le participe présent.

 

2. Présentation du quiz “Formes verbales”, à faire ou refaire en fin d’heure (salle informatique).

 

3. Synthèse : les travestissements de Jupiter.

 

4. CG : premier entraînement (distribution d’une version et d’un thème).

 

5. Lecture de l’extrait des Métamorphoses d’Apulée (texte p. 149). Exercice “Traduire 1”, puis préparation d’une traduction groupe de mots (lus en latin, puis traduits).

 

 

 

Et je ne pus plus longtemps soutenir un tel supplice, celui d’une rare volupté, mais, incliné vers elle, à l’endroit où les cheveux remontent vers le haut de la tête, j’imprimai un baiser, un doux comme le miel le plus doux. Alors elle pencha son cou et, s’étant retournée vers moi avec un clin d’œil en coin : – « Attention à toi, petit apprenti », dit-elle, « tu prends un apéritif doux-amer. Méfie-toi de ne pas contracter une longue aigreur d’estomac à cause de l’excessive douceur du miel. » – « Qu’est-ce que c’est que ça », dis-je, « mon cœur, alors que je suis prêt, même en étant rétabli entre-temps par un seul baiser, à rôtir étendu sur ce feu. » Et en disant cela, la serrant plus étroitement, je commençai à l’embrasser. Et s’accordant déjà avec moi en rivalisant de désir pour un amour d’égal à égal, s’échauffant déjà, par le souffle de cannelle de sa bouche entrouverte et le doux élan de sa langue qui m’assaillait, d’une prompte ardeur : – « Je meurs », lui dis-je, « ou plutôt je suis déjà mort, si tu ne dis pas oui. » À ces mots, celle-ci reprit, en m’embrassant : – « Sois gentil », dit-elle, « car moi je m’abandonne à toi par notre consentement mutuel, et notre plaisir ne sera pas différé plus longtemps, mais, à la première torche allumée, je viendrai dans ton lit. Va donc et prépare-toi, toute la nuit en effet avec toi énergiquement et avec cœur, je livrerai bataille. »

 

Séance 10 – La naissance du désir (Apulée, Métamorphoses ou L’Âne d’or, II, 10, 1-5)

 

 

 

Présentation

 

La littérature latine n’omet pas l’amour physique partagé entre mortels, avec le jeune couple fougueux, mais légendaire, formé par le héros des Métamorphoses d’Apulée, Lucius, et sa maîtresse Photis, la jolie servante de son hôte.

 

 

 

Audio 26 (ressource en ligne) et lecture par un élève

 

 

 

Illustration : Métamorphose de Pamphile en hibou en trois étapes, espionnée par Lucius. Illustration tirée de L'Âne d’or, anonyme. Éd. : N. di Aristotile (Venise) ; 1537 ; gravure sur bois.

 

 

 

Contextualisation de l’oeuvre (notes)

 

Recherches en salle informatique sur la vie de l’auteur, l’époque et les circonstances de la publication de l’oeuvre, son intérêt pour la magie, les autres romans célèbres de la littérature latine.

 

-né dans l’actuelle Algérie vers 125 (Madaure ; Mdaourouch) ;

 

-conférencier érudit ; a voyagé et étudié à Carthage et en Grèce, où il a été initié aux religions à mystères ;

 

-2e roman connu en langue latine, après le Satyricon de Pétrone (roman satirique du Ier siècle).

 

 

 

Contextualisation de l’extrait

 

Au livre I des Métamorphoses, le héros narrateur Lucius se rend pour affaires en Thessalie. En chemin, il rencontre Aristomène, un marchand qui devient son ami et lui raconte l’histoire d’un ami assassiné par la magie de deux sorcières. Lucius, demeuré sceptique mais intrigué, poursuit sa route. Il est reçu par son hôte Milon dans la cité d’Ypati. Il apprend que la femme de Milon, Pamphile, est une sorcière. Piqué de curiosité, il retourne chez son hôte et tombe en extase devant la beauté de Photis, domestique de Milon : « Cloué au sol par cette apparition je restai stupide d’admiration, raidi comme un piquet, y compris mes parties jusque-là molles » (II, 7, 4, tr. d’ Olivier Sers). Dans ce texte, Photis se laisse progressivement séduire par Lucius.

 

 

 

Deux passages restent à traduire (entraînement à la version 2 : en choisir un et le traduire)

 

 

 

Latin

Français (brouillon de traduction)

Nec diutius quivi tantum cruciatum voluptatis eximiae sustinere ; sed protinus in eam, qua fine summum cacumen capillus ascendit, mellitissimum illum savium impressi. Tum illa intorsit, et ad me conversa limis et morsicantibus oculis :

Et je ne pus plus longtemps soutenir un tel supplice, celui d’une rare volupté, mais, incliné vers elle, à l’endroit où les cheveux remontent vers le haut de la tête, j’imprimai le baiser le plus doux, de la douceur du miel. Alors elle pencha son cou et, s’étant retournée vers moi et clignant ses yeux obliques :

Et cum dicto artius eam complexus, coepi saviari. Jamque aemula libidine in amoris parilitatem congermanescenti mecum, jam patentis oris inhalatu cinnameo, et occursantis linguae illisu nectareo prona cupidine adlubescenti :

 

 

 

 

8 notions à maîtriser pour traduire le passage choisi :

 

-conjugaison du parfait -les pronoms is et ille -les superlatifs de supériorité

 

-les comparatifs de supériorité -les formes d’ablatif des 5 déclinaisons -le participe présent

 

-les formes de participe passé

 

 

 

 

 

Séance 11 - Traduction complète du texte d’Apulée (« La naissance du désir », p. 159)

 

 

 

Et je ne pus plus longtemps soutenir un tel supplice, celui d’une rare volupté, mais, incliné vers elle, à l’endroit où les cheveux remontent vers le haut de la tête, j’imprimai un baiser, un doux comme le miel le plus doux. Alors elle pencha son cou et, s’étant retournée vers moi avec un clin d’œil en coin :

 

« Attention à toi, petit apprenti, dit-elle, tu prends un apéritif doux-amer. Méfie-toi de ne pas contracter une longue aigreur d’estomac à cause de l’excessive douceur du miel.

 

Qu’est-ce que c’est que ça, dis-je, mon cœur, alors que je suis prêt, même en étant rétabli entre-temps par un seul baiser, à rôtir étendu sur ce feu. »

 

Et en disant cela, la serrant plus étroitement, je commençai à l’embrasser. Et s’accordant déjà avec moi en rivalisant de désir pour un amour d’égal à égal, s’échauffant déjà, par le souffle de cannelle de sa bouche entrouverte et le doux élan de sa langue qui m’assaillait, d’une prompte ardeur :

 

« Je meurs, lui dis-je, ou plutôt je suis déjà mort, si tu ne dis pas oui. »

 

À ces mots, celle-ci reprit, en m’embrassant :

 

« Sois gentil, dit-elle, car moi je m’abandonne à toi par notre consentement mutuel, et notre plaisir ne sera pas différé plus longtemps, mais, à la première torche allumée, je viendrai dans ton lit. Va donc et prépare-toi, toute la nuit en effet avec toi énergiquement et avec cœur, je livrerai bataille. »

 

Apulée, Métamorphoses (II)

 

 

 

Synthèse 4 - Une littérature érotique à Rome ?

 

 

 

On peut faire entrer dans la littérature érotique de l’Antiquité les genres secondaires, qui font une large place aux rapports entre les hommes et les femmes, ainsi qu’aux relations amoureuses dans leur aspect le plus concret : poésies légères (celles de Catulle par exemple), épigrammes (courts poèmes satiriques de Juvénal), romans (Pétrone et Apulée), dont l'amour, sous ses différentes formes, est le principal sujet.

 

Cette définition exclut les genres plus élevés où peut être célébré l'amour, tels que les hymnes, les épopées, les tragédies, les traités philosophiques. 

 

Une œuvre est inclassable : avec l’Art d’aimer (publié en 1), Ovide composa un véritable manuel poétique de la séduction (où trouver l’objet du désir, comment séduire, comment faire durer l’union entre un homme et une femme), témoin de l’évolution de la condition féminine de l’époque : les femmes ne sont plus destinées à être des épouses soumises, mais bien à vivre librement un amour partagé.

 

 

 

Séance 11 – Correction du quiz “Formes verbales”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séance 12 Exposé or al (Rubigalia) ; correction du test ; graffitis amoureux (p. 140)

 

 

 

I. Exposé oral.

 

II. Correction du test et lecture de la synthèse.

 

III. Correction des entraînements (concours général : version et thème).

 

 

 

Illustration : inscription CIL IV, 9123 (réflexions sur la fuite du temps, Pompéi).

 

 

 

 

 

 

 

IV. Quelques graffitis illustrant les rapports entre les hommes et les femmes.

 

 

 

1) Visionnage en salle informatique de la vidéo 15 : une captation d’une des Nocturnes du Plan de Rome intitulée « L’amour à Rome », du 2 octobre 2019. En sortant du Forum d’Auguste par une porte du mur pare-feu séparant le temple de Mars Ultor du quartier de Subure, nous débouchons sur un ___________ dont le mur extérieur porte plusieurs inscriptions grivoises. S. Madeleine nous lit l’une d’elles, tout à fait explicite.

 

Recopiez l’une des inscriptions que l’on a retrouvées sur la façade du bâtiment :

 

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2) Trouvez sur Internet la fresque dite « du canard » , puis répondez à la question 1 p. 150 (« Lire »).

 

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3) Dans un document Présentation, insérez cette image, ainsi que les illustrations des inscriptions 2457, 1951, 8408 et 5092 du Corpus inscriptionum Latinarum). Répondez aux questions 1 et 2 p. 150 (« Traduire ») dans ce document.

 

Prises de notes : ________________________________________________________________________

 

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4) Envoyez-moi ce document. Je l’intègrerai aux ressources et vous pourrez le modifier.

 

 

 

V. Pour la séance 13 : apprendre les déclinaisons 4 et 5 (p. 181).

 

Entraînement

 

Les cornes de l’animal : corn… animal…

 

Prendre par les mains : capere man…

 

Je vais au Sénat : ad senat… eo.

 

Se trouver dans le port : in port… esse

 

Accomplir de grands parcours : magn… curs… conficere

 

Séance 13 – Relecture des quatre synthèses ; la 4e et la 5e déclinaison

 

 

 

I. Leçon et exercices : 4e et 5e déclinaisons.

 

 

 

II. Fin des recherches de la séance 12.

 

 

 

Corrigé

 

 

 

1) Visionnage en salle informatique de la vidéo 15 : une captation d’une des Nocturnes du Plan de Rome intitulée « L’amour à Rome », du 2 octobre 2019. En sortant du Forum d’Auguste par une porte du mur pare-feu séparant le temple de Mars Ultor du quartier de Subure, nous débouchons sur un lupanar dont le mur extérieur porte plusieurs inscriptions grivoises. S. Madeleine nous lit l’une d’elles, tout à fait explicite.

 

Recopiez l’une des inscriptions que l’on a retrouvées sur la façade du bâtiment : Fructus / Sunt asses duo / Hic ego, cum veni, futui ; deinde redivi domum.

 

 

 

1. La fresque dite du canard est endommagée ; le graffiti n’est plus bien lisible.

 

utilisation de la transcription des inscriptions 2457, 1951, 8408 et 5092 du Corpus inscriptionum Latinarum (voir la question 2).

 

 

 

Sur la fresque, il est écrit sur une même ligne : « Amantes ut apes vitam mellitam exigunt ». Sous le mot « Amantes » a été ajouté le verbe « velle », qui se raccorde mal à la phrase précédente et constitue probablement une inscription à part entière. Les amants, comme les abeilles, réclament une vie de miel.

 

 

 

 

 

2.

 

*La première inscription peut avoir été rédigée par Méthè, par Chrestus, qui parleraient d’eux à la 3e personne, comme cela est courant, ou bien par une tierce personne qui leur souhaite d’être heureux en amour. Elle est adressée aux deux amants, ou bien à l’un des deux à l’autre.

 

Méthè, esclave de Cominia, une Atellane, aime Chrestus. Que de tout cœur Venus Pompéienne soit à chacun propice, et que toujours ils vivent unis.

 

*La deuxième a été gravée par un amant malheureux, qu’a quitté une certaine Sarra, destinataire de l’inscription. On ne connaît ni le destinateur ni le destinataire de la troisième inscription, écrite au présent de vérité générale.

 

Sarra, tu n’agis pas bien, tu me laisses seul.

 

*3e inscription :

 

Si tu ressentais les feux de l’amour, muletier, tu te presserais davantage, pour voir ta vénus. J’aime une jeune vénusienne ; je t’en prie, fouette, allons ! Tu as bu : allons, prends les rênes et secoue [la bête] ! On m’emmène chez les Pompéiens, où est mon doux amour.

 

 

 

1- Les différents hommes, les différentes femmes selon Platon 

 

 

 

Aristophane veut révéler la puissance du dieu Éros, qui seul peut guérir de ce mal dont la guérison constitue pour l’espèce humaine la plus grande des félicités : l'amour. Le premier type d’amour, selon nos catégories modernes, est l’amour hétérosexuel des hommes pour les femmes : « Tous ceux des hommes qui sont un morceau de cette être commun […] sont attirés par les femmes et la plupart des hommes adultères proviennent de cette espèce ». Le second type d’amour est l’amour hétérosexuel des femmes pour les hommes : « toutes les femmes attirées par les hommes et adultères, proviennent de cette espèce ». Le troisième type d’amour est l’amour homosexuel, des hommes pour les hommes ou des femmes pour les femmes : « toutes celles parmi les femmes qui sont un morceau de femme, celles-ci ne prêtent absolument aucune attention aux hommes : mais se tournent davantage vers les femmes, et les courtisanes des femmes proviennent de cette espèce. Et tous ceux qui sont un morceau de mâle, recherchent les mâles et, aussi longtemps qu’ils sont jeunes, puisqu’ils sont des petites tranches de mâle, ils aiment les hommes et prennent plaisir à coucher avec eux et à s’unir à eux. » 

 

Le locuteur n’établit aucune hiérarchie entre les 3 sortes d’amour. Dans l’Antiquité, les concepts et les catégories d’homo- et d’hétérosexualité n’existaient pas. Les pratiques homo- et hétérosexuelles coexistaient et étaient encouragées, dans le respect de codes bien définis. 

 

 

 

2- L'homosexualité selon Phèdre 

 

Phèdre, fabuliste, n’a pas la prétention de dire le vrai. Il tente simplement de répondre à la question qu’il pose d’emblée aux deux premiers vers de sa fable : « Les femmes lesbiennes, les mâles efféminés, quel principe les a créés ? ». Il répond à cette question par un récit fabuleux, qui n’en est pas moins l’occasion de réfléchir plus avant à la question posée. L’enjeu est ici non pas de rechercher une vérité mais de donner un fondement d’ordre divin (le dieu italique Liber, confondu dans la littérature avec Bacchus, enivra Prométhée, le créateur des hommes ; à rapprocher de la libertas, du nom libido, « désir », et du verbe impersonnel libet, « il plaît », du grec ἐλεύθερος, « libre », du serbe ljubav, « amour », et de l’allemand lieben, aimer) à l’existence des trabidas et des molles mares. L’homosexualité est ici encore considérée comme une manifestation de la liberté individuelle, bien qu’elle soit présentée dans sa marginalité. 

 

 

 

3- Le viol de Callisto par Jupiter (Ovide, Métamorphoses) 

 

Jupiter fait preuve, une fois encore, de ruse et de dissimulation, abusant de la naïveté de la nymphe servante d’Artémis que nous identifions grâce à sa nudité et au carquois. Ce qui ressort du tableau de Pierre Paul Rubens mis en regard, c’est la nudité de Callisto, la blancheur (candor) de sa peau, sa position et son regard symbolisent sa virginité, sa candeur, sa pudeur, sa vulnérabilité. Face à elle, Jupiter, que le spectateur reconnaît d’emblée grâce à l’aigle à l’arrière-plan. Comme le dernier vers de l’extrait, ce tableau peut être lu comme une litote (figure de style qui accentue l’idée par une expression d’atténuation ; on dit moins pour faire entendre davantage) : nec sine crimine prodit. 

 

 

 

4 - Une littérature érotique à Rome ? 

 

 
 

 

On peut faire entrer dans la littérature érotique de l’Antiquité les genres secondaires, qui font une large place aux rapports entre les hommes et les femmes, ainsi qu’aux relations amoureuses dans leur aspect le plus concret : poésies légères (celles de Catulle par exemple), épigrammes (courts poèmes satiriques de Juvénal), romans (Pétrone et Apulée), dont l'amour, sous ses différentes formes, est le principal sujet.  

 

Cette définition exclut les genres plus élevés où peut être célébré l'amour, tels que les hymnes, les épopées, les tragédies, les traités philosophiques.  

 

Une œuvre est inclassable : avec l’Art d’aimer (publié en 1), Ovide composa un véritable manuel poétique de la séduction (où trouver l’objet du désir, comment séduire, comment faire durer l’union entre un homme et une femme), témoin de l’évolution de la condition féminine de l’époque : les femmes ne sont plus destinées à être des épouses soumises, mais bien à vivre librement un amour partagé. 

 

 

 

5- La prostitution et la place des femmes 

 

 

 

Le lupanar est dans l’Antiquité un lieu légal, qu’il n’est pas immoral de fréquenter. On s’acquitte de la somme due en la remettant au proxénète (leno). Dans les lupanars, les chambres sont parfois séparées (mais l’insalubrité et l’exiguïté sont fréquentes) ; un tableau placé au-dessus du chambranle permet d’identifier la pratique. Certains lupanars sont pourvus d’un point d’eau froide : les latrinae. Les découvertes archéologiques et les sources textuelles nous révèlent la place défavorable qu’occupent les femmes dans les rapports amoureux. 

 

D’après Ovide (Art d’aimer), on peut séduire ailleurs qu’au lupanar ; au circus par exemple, ou près du temple d’Isis (protectrice des prostituées).