1- Les dieux dans la cité

Étude de la langue

Lecture

Expression orale

 

 

 

 

   

Civilisation

Culture littéraire

Culture artistique



 

 

 

 



 

Période 1 – Les dieux dans la cité

 

Présentation de l’objet d’étude Les dieux dans la cité dans les programmes officiels

 

L’homme antique ne dissocie pas le politique et le sacré. Les dieux organisent la vie de la cité dans toutes ses réalités, privées et publiques : en Grèce comme à Rome, les cultes et les fêtes rythment le temps humain. Les pratiques divinatoires et oraculaires président aux actes politiques ; dans l’Occident romain comme dans l’Orient hellénisé, le culte impérial se répand, comme en témoignent monuments, textes littéraires et épigraphiques. En outre, le lien étroit entre le politique et le sacré conduit Rome à développer une politique d’intégration particulière : à des degrés divers et avec des succès inégaux, les dieux et les cultes étrangers trouvent leur place dans l’espace public et domestique.

 

Thématiques

-Cultes, rites et grandes fêtes.

-Le politique et le sacré (sacrifices, pratiques divinatoires et oraculaires, culte impérial).

-Les cultes et les dieux étrangers dans la cité.

 

 

Séance 1 – Les mots-clés de la religion romaine (voir document projeté, p. 94-95 du manuel)


1- Le bas-relief romain en marbre, conservé au Louvre, présente une scène de divination (__________

_______________________________________________₎ à partir de l’examen des ____________ (exta, extorum, n. pl.) du taureau que vient immoler le victimaire, reconnaissable à la _______ qu’il porte sur l’épaule. À gauche se tient l’haruspice (en latin ____________), une _______________ dans la main pour recueillir les informations observées par l’esclave en train d’examiner le ventre de l’animal. Ces informations sont considérées comme des signes révélés par les dieux pour éclairer et guider l’action des hommes au service du bien de la cité. La présence de ________ (à droite ; ce sont des officiels qui garantissent l’ordre) indique que le sacrifice et la consultation divinatoire sont publics. D’ailleurs, les viscères seront brûlés tandis que le reste de la viande sera partagé et distribué entre les citoyens.

Synthèse 1

La pratique religieuse est chez les Romains inhérente à la vie civique et politique ; elle n’est pas limitée au cadre privé et familial. Néanmoins ce phénomène ne s’accompagnait pas d’une interdiction systématique des autres religions.

La photographie de droite a été prise lors d’une édition parisienne de Ganesh Chaturthi, fête hindoue en l’honneur du dieu Ganesh, le fils de Shiva et de Pârvatî. Le dieu à tête d’éléphant et au corps d’enfant est symbole de sagesse, d’intelligence, d’éducation et de prudence. En tête d’une procession très colorée, parmi des musiciens et des danseurs, défilent des femmes portant sur leurs têtes des pots de terre cuite dans lesquels brûle du camphre. Cette substance aromatique, par sa combustion, permet l’expulsion de l’ego et l’union avec Dieu.

2- Pour compléter ce tableau, appuyez-vous sur les informations présentes dans la synthèse (pages 94-95) et consultez le dictionnaire en ligne.

Mots latins

Genre, nombre, définition

Explication par l’étymologie, dérivation en français

mos [majorum]

 

feriae publicae

 

festus, profestus

 

vota

 

augur

 

pietas

 

fas

 

haruspex

 

sacrificium

 

nefas

 

lararium

 

exta

 

victimarius

 

m. sg ; usage, coutume

 

f. pl ; jours de fête publics

 

m, sg : de fête, joyeux, heureux

m, sg : profane, non férié

n. pl ; vœux, offrandes aux dieux

 

m.sing:augure

 

f.sg:sentiment religieux, dévotion

 

favorable, utile (nom indécl., neutre sg.)

 

m,sing : haruspice

 

n,sg ; sacrifice

 

m, indéclinable : impie, criminel, injuste

 

n. sg. : laraire

 

n, pluriel viscères, entrailles

 

m. sg. : préposé aux victimes

« Moeurs » vient mores, pl. de mos.

 

nom à l’origine de l’adjectif « férié ».

 

fête, festif

 

un vote ( ex voto )

 

augurer, inaugurer

 

piété, pieux/pieuse, impie

 

cf. fatum, fatalité, euphémisme

 

spécialiste, horoscope, télescope

 

« rendre sacré », sacrilège

 

à l’origine de l’adjectif « néfaste »

 

lares (dieux du foyer)

 

 

 

victimaire, victime, vaincre


Séance 2 – Une fête curieuse : les Lupercalia (Ovide, Fastes, II, v. 425-448)


a) Présentation par un élève du détail de la cérémonie de l’haruspice, puis visionnage du diaporama consacré aux Lupercales.

b) Lecture du texte latin p. 96 : les Lupercales, décrites par le poète Ovide dans les Fastes.

c) Questions « Lire », « Traduire » et « Comprendre ».


Corrigé séance 2 (Une fête curieuse, les Lupercalia)


Lire

La fête des Lupercales s’ouvrait sur le sacrifice d’un bouc (« ille caprum mactat ») dont on découpait la peau pour en faire des lanières (« pellibus exsectis ») avec lesquelles on fouettait le dos des jeunes mariées souhaitant devenir mères («  excipe […] patienter verbera », « jussae sua terga puellae / […] percutienda dabant »). Ce sacrifice avait lieu dans la grotte du Lupercal dans laquelle Romulus et Rémus auraient été allaités par la louve. Le tableau d’A. Camassei montre deux femmes, sur la gauche, tendant même leurs mains pour accueillir les coups. Le personnage central, maître de la cérémonie, se trouve précisément au centre du tableau, dévêtu, et mis en lumière par des teintes claires, en opposition à la tonalité sombre du tableau.


Traduire (s’aider des tableaux des p. 190-191 pour analyser ces formes verbales)

« socer  » est le sujet du verbe « habebit  » : futur 3 sg

«  cacumina  » est le sujet de « tremuere » : parfait 3 pl

« dea » est le sujet de « locuta est » : parfait passif 3 sg (déponent)

« sacer hircus » est le sujet de « inito » : impératif futur 3 sg

« territa turba » est le sujet de « obstipuit » : parfait 3sg

« augur » est le sujet de « erat » et de « venerat » : imparfait 3 sg ; plus-que-parfait 3 sg

« nomen » est le sujet de « intercidit » : parfait 3sg

« ille » est le sujet de « mactat » : présent 3 sg

« jussae puellae » est le sujet de « dabant » : imparfait 3 pl

Le passage à traduire offre une intéressante diversité de formes (voix, temps et modes).


Jeune mariée, qu’attends-tu ? Ce n’est ni grâce au pouvoir des herbes, ni grâce à la prière, ni grâce à un chant magique que toi, tu deviendras mère. Reçois avec patience les coups d’une main qui te permettra d’enfanter, bientôt ton beau-père recevra le nom qu’il désire : « grand-père ».

[…] les hautes cimes de la forêt agitée ont tremblé, et, au travers de ses bois sacrés, la déesse a prononcé des paroles étonnantes : « Qu’un bouc sacré s’unisse aux mères d’Italie ! ». La foule effrayée resta sans voix face à cette expression obscure. Il y avait un augure, son nom a disparu depuis de longues années ; exilé, il était arrivé depuis peu de la terre d’Étrurie ; celui-ci sacrifie un bouc ; les jeunes filles qui en ont reçu l’ordre offrent leur dos aux coups infligés avec les peaux découpées. À sa dixième rotation, la nouvelle lune ramenait les cornes [du croissant de la lune], voilà que le mari était père, l’épousée était mère.


Comprendre

1. Junon, déesse du mariage, accompagne la femme mariée tout au long de sa vie, notamment au moment de l’accouchement. Ovide attribue le patronage de la fête des Lupercales à Junon (v. 12-13), à une époque où les naissances sont rares (l. 5-6). La phrase prononcée par la déesse, phrase mystérieuse et brève, résume les différentes étapes de la cérémonie : « un bouc » désigne les lanières de peau d’un bouc, « sacré » implique qu’il a été sacrifié par des prêtres, « s’unisse aux mères d’Italie » désigne le contact physique entre les lanières du bouc et les femmes elles-mêmes.

2. Concevoir des enfants est un devoir pour tout jeune Romain. Junon est à l’origine d’une fête qui favorise les naissances vivement espérées par les couples (« père et mère se prosternaient ensemble, genoux à terre, et suppliaient ») mais aussi par les autres ascendants de la famille.

Synthèse 2 : les grandes fêtes du calendrier romain et leurs rituels

La vie du citoyen romain est organisée selon des rituels dont les pratiques religieuses sont une composante. Soulignant la place des rituels fondateurs et la notion de fécondité, la fête des Lupercales (mi-février) nous donne l’occasion de nous arrêter sur l’organisation précise du calendrier romain détaillée par Macrobe (p. 130) et de faire le constat de l’omniprésence des fêtes dans la vie des Romains.


Séance 3 – Leçon 1 de la grammaire en ligne (Les genres)

1. Exposé sur les accessoires de l’haruspice (un élève).

2. Correction de l’exercice d’association « verbe - sujet ».

3. Lecture de la leçon 1.

4. Indiquez le genre des noms ou adjectifs suivants :

nupta, ae, …. : jeune mariée

magico, ….. : magique (s’accorde avec carmine)

dextrae, ….. : main (s’accorde avec fecundae)

silvae, ….. : forêt (s’accorde avec motae)

humo, ….. : terre (s’accorde avec ……………)

Tous les noms en -a ne sont pas nécessairement de genre ……………………., tous les noms en -us ne sont pas nécessairement de genre …………………. .


Séance 4 – Contrôle

Écrivez « V » ou « F » si l’affirmation ou la forme vous paraît correcte ou erronée.


1° Les Lupercales étaient une fête religieuse à caractère privé.

2° Elles avaient lieu en février.

3° Les Romains recherchaient l’approbation des dieux en faisant des sacrifices.

4° Les Romains refusaient l’introduction des cultes orientaux dans le calendrier religieux.

5° L’haruspice interprétait le vol des oiseaux.

Garumna, ae, f : Garonne

Junius, ii, m : juin

vestiplica, ae, m : femme de chambre

Cyprus, i, f : Chypre

10° medius, media, medium : ancien(ne)




Séance 5 – La religio entre les hommes et les dieux (texte p. 97 : Virgile, Énéide, VII, v. 59-101)

L'arrivée « prodigieuse » des Troyens au Latium

 

Après avoir quitté la sibylle de Cumes, Énée inhume sa nourrice, Caiéta, longe ensuite les rivages de la terrible Circé et embarque dans l'estuaire du fleuve de la future Rome, le _____ . Le Latium a alors pour roi _______, arrière-petit-fils du dieu des saisons, ___________ et fils du dieu pastoral ___________, en l’honneur de qui sont célébrées les ______________. Dépourvu de descendant mâle, Latinus cherche un mari pour sa fille Lavinia. Turnus, roi des Rutules, est le mieux placé des prétendants. Deux prodiges vont cependant embarrasser ces projets de mariage...

 

Épisode 1 - Un devin prend la parole, s'adressant à Latinus (adaptation des vers 59-80) :

 

« Ejus lauri magnae, qui in medio tecto est, per multos annos coma servatur !

Eam invenisti, Latine, cum arces primas conderes ! Deinde Phoebo sacravisti…

Vero, ecce malum quod evenit : apes, densae, stridore ingenti, caelum liquidum transeunt.

Deinde obsident in lauri summo, tandem examen ramo frondente se pendit !

Externum ergo agmenque cerno, qui arcem summam dominant.

Praeterea, dum Lavinia adolet aras castis taedis, ignis crines longos virginis comprendit !

Comae regales et corona accendunt et in toto tecto Vulcanum spargunt !

De ce grand _________, qui ___ __________ au __________ du palais, le __________ est préservé depuis de _____________________ !

Tu l'as trouvé, ___________, alors que tu inaugurais les __________ remparts ! Tu l'as ________ consacré ______________ …

Eh bien, voici le malheur qui m'est arrivé : des _________, en rangs serrés, en un intense _________________, ____________ le ciel limpide.

Ensuite, elles ___ _________ au ____________ du laurier, enfin, l' _________ se __________ à un rameau verdoyant !

Je vois ____ un étranger, et une ________ qui prennent possession du sommet d'une citadelle.

En outre, tandis que Lavinia illumine les _______ de chastes torches, un ______ saisit les ________ ____________ de la jeune femme !

La ___________ royale et la ___________ prennent feu et __________ Vulcain dans tout le palais.

 

1° Quelle peut être la signification de ces deux prodiges ? Si vous ne pouvez répondre à cette question, lisez attentivement les vers 81-101 (manuel p. 97) et traduisez-les :

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________________

 

2° Analysez dans ces textes l’emploi de ces noms de la 1ère déclinaison : coma, aras, corona, natam.

_____________________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________________

3° Pour la séance 6 : apprendre les leçons 2 et 3 de la grammaire en ligne.

1° Quelle peut être la signification de ce dernier prodige ?

Le premier prodige annonce la gloire militaire promise à la troupe troyenne dans le Latium et la future descendance d’Énée. Le deuxième veut dire que Lavinia va connaître grâce à Énée la gloire, mais cela passera par une guerre nécessaire.

 

Une voix soudaine est renvoyée du fond du bois : « Ne cherche pas à unir ta fille par des noces latines, mon fils, et ne te fie pas aux noces préparées : des gendres étrangers viendront, capables, par leur sang, d’élever notre nom jusqu’aux astres et, issus de leur souche, nos descendants verront tout l’univers être mu et dirigé sous leurs pieds, là où le Soleil dans sa course aperçoit l’Océan d’un côté et de l’autre [de la terre] ».

 

coma :

aras :

corona :

natam :

 

Séance 6 – Les cas et les fonctions

 

Synthèse 3

Religio (« scrupule », « attention scrupuleuse ») désigne le lien contractuel que les hommes nouent avec les dieux. Ce lien se manifeste avant tout par le respect des pratiques cultuelles : les hommes doivent être attentifs aux détails, tels que le nombre de bêtes sacrifiées, le type d’offrande, la portion de ciel, la partie des entrailles examinée. S’il y a stricte observance du rite, le contrat n’est pas rompu : nul besoin de recourir à la superstitio (« crainte excessive des dieux »).


1. Distribution du tableau des fonctions et des modèles de noms pour les déclinaisons (p. 179 et 181).

2. Exercices (BLED, p. 10-11).



Séance 7 – Évaluation (leçons 2 et 3 ; p. 179)

a) La prononciation : verum aut falsum ?

-magnus : [manjus] -antiquus : [ãtikwus] -nonnulla : [nOnenula]

-rationem : [RatijOnEm] -republica : [Répyblika] -rosa : [ROGa]

b) Mettez au pluriel :

-turba (1ère décl.) : -lucus (2e décl.) : -tergum (2e décl. n.) :

c) Quel est l’ordre des six cas latins ? _______________________________________________

Séance 7 – Les Caristia, exemple de fête religieuse familiale ; travail sur les cas nominatif et accusatif


1) Lecture du texte d’Ovide (Fastes ; II, vers 617-638) qui présente le déroulement des Caristia dans une famille romaine.

2) Traduction collective de la première phrase :

a) Repérez les deux nominatifs qui représentent les sujets de chaque proposition indépendante :

*cognati Cari (2e déclinaison) : sujet du verbe dixere.

*turba propinqua (1ère décl. ) : sujet du verbe venit.

b) Relevez les quatre mots à l’accusatif : ____________________________________________

c) Lesquels remplissent la fonction de COD ? : proxima Caristia.

d) Traduction proposée :

Les parents qui se chérissent ont fixé la date des Caristia prochaines, et la foule des proches rejoint les dieux associés.

e) Quelles sont les deux étapes des Caristia repérables dans le passage traduit (l. 3 à 10) ?

_____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

f) Traduire, après avoir analysé :

-Dis generis date tura bonis. ______________________________________________________

*date est un impératif présent.

*genus, generis, n : famille. Les Caristia réunissent les différentes ______________ .

*thus, thuris, n : encens. Le porteur d’encens est appelé ____________ .

-Concordia fertur illa praecipue mitis adesse die ; _____________________________________________________________________________

_____________________________________________________________________________

*concordia s’accorde avec mitis.

*mitis, is, e : doux. Mitigare signifie « adoucir ». Penser au verbe français synonyme : ____________.

*fertur, dicitur sont des verbes au passif qu’on peut traduire par « on... ».

-et libate dapes, ut, grati pignus honoris, nutriat incinctos missa patella Lares. ________________________

__________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

*libo, as, are, avi, atum : détacher, verser, goûter, répandre. La ______________ désigne l’action de répandre une offrande en l’honneur d’un dieu.

*incingo, is, ere, incinxi, incinctum : entourer. Une ___________ défend l’accès d’un espace.

*ut est ici la conjonction de subordination qui, suivie du subjonctif, signifie « afin que ».

g) Pour la séance 8 : leçon 4 (pas d’évaluation). Facultatif :

-Traduire la dernière phrase (élève volontaire).

-Proposition de diaporama Les fêtes romaines de la famille, à compléter (voir ENT).

h) Synthèse 4 : célébrer la vie entre proches

La fête romaine des Caristia et les trois fêtes civiles consacrées à la famille (p. 99) donnent lieu à des réunions de famille pour y célébrer des parents proches, les cognati Cari du texte d’Ovide (v. 1). Après avoir honoré les morts (la fête des Feralia précède les Caristia), les Romains se réunissent en famille. Ovide précise, dans les Fastes (II, v. 621-662), que se retrouver entre vivants est même un réconfort. Ce même besoin de réconfort apparaît également, par exemple, sur l’affiche de la Journée des Mères face à la mort qui terrasse les soldats.

i) Exercices du BLED (p. 12-13).


Séance 8 – Le vocabulaire de la période 1

Horizontal
4. : haruspice
5. : mois des fêtes de la famille (F)
8. : la fête de la fertilité
12. : espace consacré par l'auspice
16. : on y est entre nous
18. : couronne
19. : le bois sacré
20. : vient de libare, répandre (F)

Vertical
1. : cher, chéri
2. : les dieux du lararium
3. : de fête, férié
6. : offrandes, voeux
7. : celui qui sacrifie la bête
9. : viscères observés par l'haruspice
10. : jeune mariée
11. : encens
13. : autorisé par les dieux
14. : sentiment de respect des dieux
15. : afin que (+ subjonctif)
17. : famille
18. : chevelure
Séance 9 – L’Empire, des humains comme dieux : l’ἐγκώμιον de Stace


I. Lecture de l’extrait des Silves du poète Stace (IV, 2, vers 10 à 17).
  P. Papinius Statius, poète napolitain né en 45, a connu tôt le succès littéraire. Il remporta dans sa jeunesse un prix poétique aux Ludi Augustales (…………….. ……………………), qui, du 3 au 12 octobre, célébraient le retour d’……………………………… rentrant d’Orient (12 octobre 19 av. J.-C.) : l’empereur y avait renversé le roi des Parthes et récupéré les …………………… romains, perdus en 53 par Crassus. À Rome, le jeune homme s’illustre à nouveau dans un concours littéraire dirigé par l’empereur Domitien. Mais son œuvre majeure fut la Thébaïde (90), une épopée en douze livres : il y raconte les efforts d’Étéocle et Polynice, fils d’……………………….., pour remporter la souveraineté à ……………….... À droite : gravure issue d’une édition ……………….. de la Thébaïde (XVIe s., wikipedia.org).
  Dans les Silves (91 à 96), Stace rassemble la « matière première » d’une somme de petits poèmes : c’est un sens possible du mot latin ……………………… . Ces poèmes de circonstance ont survécu dans un unique manuscrit, découvert seulement en 1417 dans le monastère de Saint-Gall. Stace y compose en l’honneur de ses protecteurs, notamment l’empereur ………………………. (voir paratexte), de courtes pièces aux sujets variés (mort de son fils adoptif, campagnes de Domitien, amitié, inquiétude, célébration de mariage, mort d’un animal de compagnie, etc.).
II. Lecture expressive du texte.
III. Relevez six termes qui font allusion au banquet ou à la nourriture, puis analysez-les :
-                                                 -
-                                                 -
-                                                 -
IV. Quelles expressions rapprochent l’empereur d’une figure divine ?
_________________________________________________________
_________________________________________________________
V. Relevez une figure de style qui amplifie l’effet de glorification voulu par Stace.
Énumération : « regnator orbis terrarum subacti, magne parens, te, spes hominum, te, cura deorum »
VI. Quelles expressions indiquent que l’empereur est considéré comme le chef de la religion (vrai depuis Auguste, en -12) ?
_________________________________________________________
VII. Lisez et complétez la leçon sur les formes déponentes (p. 122, étape 2). Repérez et traduisez les deux verbes déponents du texte.
_________________________________________________________
_________________________________________________________
VIII. Traduction collective (l’inscrire dans le livre).

Corrigé de la traduction :

Il me semble que je me mets à table au milieu des astres avec Jupiter et que la main droite d’Ilion saisit le nectar immortel et me le tend. J’ai passé des années stériles : pour moi c’est le premier jour de mon existence, ici le seuil de la vie. Est-ce toi, maître des terres et noble père du monde soumis, toi, espoir des hommes, toi, sollicitude des dieux qu’étendu moi je vois ? m’est-il donné tout près, m’est-il donné de contempler ton visage au milieu des vins et des tables, et il n’est pas permis de me lever ?


Séance 10 – Recherches documentaires sur les fêtes romaines (CDI)



Séance 11 – Un sacrifice humain pour le salut de la patrie ; repérage des formes passives

 1. Synthèse 5 : l’empereur à l’égal des dieux
        Nous l’avons vu : il est inconcevable pour les Romains de séparer le politique du religieux ; il faut par ailleurs comprendre qu’ils pensent devoir leur destin de citoyens aux dieux -manière d’affirmer la primauté de la religio. Plus frappante encore est la mise en place du culte impérial, dès l’apothéose de Jules César (texte de Suétone, p.  108) jusqu’à celle de Claude, conception qui évolua vers les déifications de leur vivant des empereurs suivants (pensons par exemple au délirant Néron-Apollon). Nul doute que cette manifestation progressive du culte de la personnalité, qui atteint son apogée sous le règne terrible de Domitien, porta atteinte à la liberté des artistes et au polythéisme romain, tandis qu’elle  facilita l’émergence des monothéismes.
2. Prolongement : lien vidéo « Visite virtuelle de la Domus Flavia » (vidéo n°9).
3. Un tableau pour mieux comprendre les lignes 19 à 24 :

La mort de Decius Mus, par Rubens (1618)


4. Lecture du texte p. 100 : extrait de Tite-Live, Histoire Romaine, VIII, 9.

-Lecture audio (manuel en ligne) ;

-Lecture par un élève.


5. Questionnaire : le texte français

a) Comment s’appellent les deux consuls qui doivent accomplir un sacrifice ? Décius et Manlius.

b) Quel troisième Romain est nommé dans ce passage ? Valérius, le grand prêtre (« pontife »).

c) De quelle tâche est-il chargé par Décius ? De lui dicter les paroles à adresser aux dieux, et de veiller au bon déroulement de la devotio.

d) Qui sont Quirinus et Bellone pour les Romains ? Deux divinités protectrices de Rome unie aux Sabins (Quirinus) et de la guerre (sœur de Mars).

6. Questionnaire : le texte latin

a) Considérez ces verbes, qui se succèdent au fil de l’extrait, et surlignez les formes passives (voir ci-dessous 7.)

jubet ire – nuntiare – se devotum – incinctus – armatus – insiluit – immisit – conspectus – missus – in medios hostes ferret – latus cum illo – turbavit – pervasit – evidentissimum fuit – invectus est – pavebant – obrutus telis – corruit – consternatae cohortes – fugam fecerunt

b) Repérez l’enchaînement des actions de Décius et des troupes ennemies, puis reformulez ci-dessous cette succession d’évènements :

______________________________________________________________________________________

______________________________________________________________________________________

______________________________________________________________________________________

______________________________________________________________________________________

______________________________________________________________________________________

c) Comment l’acte de devotio de Décius se déroule-t-il ? Essayez d’ajouter ci-dessous des détails en relevant d’autres éléments que vous aurez traduits au passage :

Décius ordonna d’annoncer la devotio, il se lança armé et à cheval contre les ennemis. Il fut considéré comme envoyé par les dieux. Conséquence : les ennemis craignaient la colère des dieux. Partout où son cheval l’entraîna, il reçut des coups et s’écroula. Les cohortes latines étaient déjà en fuite.


d) Reprise collective de la traduction complète : 
Après cette prière, il donne ordre à ses licteurs de se rendre auprès de T. Manlius, et de lui annoncer sans délai que son collègue s'est dévoué pour l'armée. Lui, ceint comme un Gabien, saute tout armé sur son cheval, et se jette au milieu des ennemis. Il apparut un instant aux deux armées revêtu d'une majesté plus qu'humaine, comme un envoyé du ciel pour expier tout le courroux des dieux, pour détourner des siens les fléaux et les reporter sur l'ennemi. Aussi la crainte et l'épouvante, portées avec lui dans l'armée latine, troublèrent d'abord les enseignes, et traversèrent bientôt tous les rangs. On put aisément remarquer que, partout où l'entraînait son cheval, l'ennemi, comme atteint par un astre malfaisant, demeurait saisi d'effroi. Enfin quand, accablé de traits, il tomba mort, les cohortes latines évidemment consternées prirent la fuite et disparurent au loin dans la plaine.
7. Comment repérer les formes passives (voir aussi p. 122, étape 1) ?

Le mode indicatif se scinde en 2 sous-modes, l’infectum et le ________________, comme en français (4 temps simples / 4 temps composés) : en latin, ce sont 6 temps répartis en 2 groupes.

MODE INDICATIF

Infectum (« inachevé » : action non présentée dans son achèvement )

Perfectum (« achevé », « accompli » : résultat d’une action présentée comme achevée)

présent

futur simple

imparfait

parfait

futur antérieur

plus-que-parfait

amo (VA)

amabo

amabam

amavi

j’ai aimé

amavero

j’aurai aimé

amaveram

j’avais aimé

amor (VP)

je suis aimé(e)

amabor

je serai aimé(e)

amabar

j’étais aimé(e)

amatus / a / um sum

j’ai été aimé(e)

amatus / a / um ero

j’aurai été aimé(e)

amatus / a / um eram

j’avais été aimé(e)

Le participe passé est bien plus fréquent en français : infectum passif / perfectum actif / perfectum passif (3 cas sur 4 !). En latin, on ne le trouve que dans le perfectum passif !

8. Synthèse : la fonction de la devotio à Rome (séance 12)

Évaluation : associez ces groupes à leur traduction et au cas présenté.

bonam deam colo – les paroles de la grande déesse – nominatif sg – magnae deae verba – la jeune fille est gauloise – génitif sg – puella Gallica est – le licteur se trouve sur la Voie Sacrée – ablatif sg – Gallicae viae rectae sunt – j’honore la bonne déesse – vocatif sg – bona dea, me audi – les routes gauloises ne sont pas droites – accusatif sg – lictor in Via Sacra est - bonne déesse, entends-moi – nominatif pl

Séance 12 – Synthèse sur la devotio

I. Reprise de la traduction collective effectuée en séance 11 :

     Après cette prière, il donne ordre à ses licteurs de se rendre auprès de T. Manlius, et de lui annoncer sans délai que son collègue s'est dévoué pour l'armée. Lui, ceint comme un Gabien, saute tout armé sur son cheval, et se jette au milieu des ennemis. Il apparut un instant aux deux armées revêtu d'une majesté plus qu'humaine, comme un envoyé du ciel pour expier tout le courroux des dieux, pour détourner des siens les fléaux et les reporter sur l'ennemi. Aussi la crainte et l'épouvante, portées avec lui dans l'armée latine, troublèrent d'abord les enseignes, et traversèrent bientôt tous les rangs. On put aisément remarquer que, partout où l'entraînait son cheval, l'ennemi, comme atteint par un astre malfaisant, demeurait saisi d'effroi. Enfin quand, accablé de traits, il tomba mort, les cohortes latines évidemment consternées prirent la fuite et disparurent au loin dans la plaine.

II. Synthèse 6 : Le rituel de la devotio

Il arrive que les hommes rompent le contrat qui les lie aux dieux. Il est alors nécessaire d’engager une procédure d’expiation, ce qu’illustre la devotio de Décius (p. 100). Le consul se sacrifia pour les Romains parce que l’haruspice n’avait pas conclu à une acceptation de la victime par les dieux.

Sous la République, la devotio consiste pour un chef politique et militaire (consul, dictateur, préteur) ou tout autre citoyen désigné à se sacrifier pour la patrie. Ce que fit en 340 av. J.-C. Publius Decius Mus, au cours de la bataille de Véséris menée contre les Latins. Décius invoque d’abord Janus, dieu des initia, dont les portes du temple doivent être refermées en signe de paix. Le consul invoque ensuite la triade qui protège l’ensemble des activités romaines : Jupiter, Mars et Quirinus. Par l’invocation à Bellone (déesse primitive de la guerre), aux Lares, aux Mânes et aux Quirites, Décius signifie sa pietas. Cette invocation confirmerait aussi l’ancienneté de ce rite. Une fois la prière réalisée, Décius s’apprête au sacrifice en se couvrant de façon solennelle la tête (l. 15-16). Puis vient le moment du sacrifice : Décius se lance au milieu des lignes ennemies, provoquant à la fois l’émoi et l’admiration (l. 17 à 22). La chute du consul conclut le rituel dont la fuite des Latins marque le succès (l. 22-23).

En assumant sa responsabilité de dirigeant, Décius, par la devotio, accomplit un acte patriotique dans le cadre d’un rituel. C’est d’ailleurs en raison de la conformité à ce rituel, de la réussite du sacrifice, mais aussi de sa portée politique et morale que Tite-Live relate dans le détail cette devotio. Le sacrifice de Décius revêt aux yeux de l’historien valeur d’exemplum. Politique et religion sont donc étroitement liées.

L’autre devotio

En magie, à Rome, lorsque l’on voulait produire un effet destructeur sur une personne en accomplissant l’acte correspondant son image ou sur quelque objet lui appartenant (brûler, percer, briser), on effectuait une devotio (on vouait la personne aux dieux infernaux).

Traduction : s’appuyer sur les textes des pages 96, 98 et 100.

1) Haruspex Manlium hircum diis infernis devovere jubet. ______________________________________________

2) Generis dei Lares sunt : in Caristiis familia tota eos nutriebat. _________________________________________

III. Leçons 6 et 7 de la grammaire en ligne, puis fin de l’activité consacrée aux formes passives (p. 122).

Séance 13 – L’introduction d’un dieu étranger à Rome : Aesculapius, jumeau romain d’ Ἀσκληπιός

 

1. Évaluation (synthèses 1 à 6)

 

1. La religion romaine était réservée au cadre familial.

a. Vrai b. Faux

2. Les Lupercalia étaient célébrées en février.

a. Vrai b. Faux

3. Religio est un nom qui désigne

a. le contrat passé entre les Romains pour honorer un dieu.

b. le contrat passé entre les dieux et les hommes qui fixe l’observance des rites.

4. La superstitio désigne

a. la crainte excessive des dieux. b. la stricte observance d’un rite.

5. La fête de famille par excellence est appelée chez les Romains

a. Les Lupercalia b. Les Robigalia c. Les Caristia d. Les Lararia

6. Le culte de l’empereur se manifesta à Rome par la généralisation

a. de l’aponévrose b. de l’apothéose c. du polythéisme

7. La devotio désigne

a. Le sacrifice d’un bouc pour favoriser la fertilité b. Le sacrifice d’un citoyen pour sa patrie

8. Bonus : quel écrivain a mangé à la table d’un empereur comparé à Jupiter ?

a. Stace b. Ovide c. Tite-Live

 

 



2. Étude d’un texte de Valère Maxime (Faits et dits mémorables ; I, 8) : le jour où les Romains introduisirent le culte d’Asclépios à Rome.

Ce texte de Valère Maxime explique les conditions dans lesquelles le ___________ associé au dieu grec ______________ (voir l’illustration de la p. 106) est transféré à Rome, et pour quelles raisons.


*Question « Comprendre - 1 » p. 106. Retracez le parcours du dieu.


Tout d’abord, où les Grecs célébraient-ils le dieu Ἀσκληπιός ? _________________

Lignes 12 à 21 : les trois lieux du texte sont ___________________________________, ________________________________, __________________________________.


C orrigé

C’est à ________, cité grecque située dans la province d’Argolide, que les ambassadeurs romains viennent récupérer le dieu et ses attributs. Ils reprennent le chemin du retour par voie maritime  («  Les ambassadeurs […] reprirent la mer. La navigation fut heureuse ») : ils débarquent à _________, ville d’Italie (« Antiensis templi ») où ils séjournent ________ jours entiers. Ils reprennent la mer et gagnent leur destination : _________ (« in ripam Tiberis »). Le temple construit en l’honneur d’Esculape se trouve sur l’île __________ (« in insulam ubi templum dicatum est »).