5 - Récits de la création en poésie

 

Séance 1 - Découvrir le texte de la Bible

 

 

 

I. Texte support : la Bible, Genèse, I-II. Pages 124-125.

 

 

 

Bible : mot qui signifie « les livres ». Ce sont les livres qui rassemblent les principes moraux des juifs et des chrétiens. Ces textes ont été rassemblés du XIIe s. avant notre ère au Ier s. ap. J.-C. ; ils furent rédigés en quatre langues : hébreu, araméen, grec et latin.

 

Bible des juifs : en quoi est-elle différente de la Bible chrétienne ?

 

La bible juive ne contient que l’Ancien Testament, tandis que la bible chrétienne est enrichie du Nouveau Testament.

 

Cosmogonie monothéiste : des quatre mots grecs

 

-cosmos (univers)

 

-gen- / gon- : engendrer

 

-mono- : seul

 

-theo- : dieu

 

Une cosmogonie monothéiste fait le récit de création du monde livrée par une croyance en un seul dieu. Exemples : le Coran, les bibles judaïque et chrétienne contiennent une cosmogonie.

 

Genèse : du mot grec « genesis » signifiant « naissance », « création ». C'est le titre du premier livre de la Bible.

 

 

 

Pour la séance 2 : ajouter les définitions de « cosmogonie », « monthéiste » et « genèse » dans le carnet de vocabulaire.

 

 

 

 

 

II. Questions p. 126 : 1° à 10° (sauf 3° et 6°)

 

 

 

1° et 2°

 

Au commencement [de la vie sur la terre] , la terre était constituée de vide ; c'était un ensemble sombre et sans matière.

 

 

 

 

 

4° et 5° Ce qu'a fait Dieu la première semaine :

 

JOUR

Dieu crée...

Premier jour

La lumière

Deuxième jour

L'eau

Troisième jour

Les continents et la végétation

Quatrième jour

Le soleil, la lune, les étoiles

Cinquième jour

Les oiseaux et les poissons

Sixième jour

Les animaux terrestres, l'homme, la nourriture des hommes

Septième jour

Le repos dominical est sanctifié

 

 

 

7° a) et b) : la place de l’homme

 

L'homme n'apparaît qu'à la fin de la création : les auteurs ont l'intention de lui montrer qu'il est apparu dans un monde fabriqué pour lui, dans lequel, sans l'apport des nourritures terrestres, il ne saurait survivre. Les « enfants de Dieu » ont donc des droits et des devoirs qui incombent aux êtres privilégiés.

 

C'est une triple mission qui incombe aux hommes : tout d'abord se reproduire pour peupler la terre, ensuite travailler la terre, enfin soumettre tous les êtres vivants.

 

9° et 10° : un texte poétique

 

La poéticité du texte apparaît à travers les répétitions de formules, comme « Il y eut un soir, et il y eut un matin » (l. 13-14, 21, 29, 38, 56). S’il y a répétition de groupes, cela veut dire que les sonorités reviennent elles aussi. Les reprises de sonorités sont appelées les rimes.

 

Dans un poème reviennent aussi des groupes de mots, et toujours au même endroit : cela produit un effet de rythme. Les vers de la Bible sont organisés en strophes (groupes de vers) qui se terminent par « Ce fut le … jour ».

 

 

 

 

 

 

 

Séance 3 – Frise chronologique des récits poétiques des origines

 

 

 

1° Complète cette frise. Ajouter Gilgamesh (Mésopotamie, -1800) et Edda poétique (1200, Nord de l’Europe).

 

 

 

-1100 ≈-850 ≈-750

-500 ≈-300

Composition de la Bible (langue : hébreu). La Bible juive comporte 24 livres, dont voici les cinq premiers : Genèse ; Exode ; Lévitique ; Nombres ; Deutéronome.

 

Traduction en grec de la Bible

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Homère : L'Iliade ;

L’Odyssée (guerre

de Troie et retour

d’Ulysse ; écrits en grec). Longueur : 15000 et 12000 vers.

Hésiode : La Théogonie

(les premiers

dieux et la

création ; écrit en grec). Longueur : 1022 vers

Ésope :

Fables(écrites en grec). Longueur : 358 fables plutôt courtes.

 

 

-19 -5

1 50 100

400

 

Naissance de Jésus-Christ, fondateur de

la religion

chrétienne.

Les chrétiens adoptent la traduction grecque et ajoutent leur Nouveau Testament (dont font partie les quatre ÉVANGILES).

Traduction par saint Jérôme en latin de la Bible.

 

 

Virgilee publie

L’Énéide (périple d’ Enée, ancêtre du fondateur de Rome ; écrit en latin).

Ovide écrit ses Métamorphoses

(livre I : La création du monde ; en latin). Longueur : 12000 vers

 

 

Phèdre écrit ses Fables en latin.

 

 

 

La triple origine de nos récits poétiques de la création

 

 

 

Les cultures française et européenne sont marquées par l'existence des récits poétiques des origines (« fondateurs »), depuis l'Antiquité. Ces récits nous proviennent de trois foyers culturels : hébraïque, grec et latin.

 

Leçon sur le mythe : le mythe au coeur des œuvres de la création

 

Le mythe est à l'origine, comme le conte, un récit oral. Tandis que le conte propose une moralité, le mythe explique aux hommes la création du monde et l'importance des dieux. Les personnages représentent souvent les forces divines (immortalité, transformation) ou humaines (courage, intelligence, beauté). La mythologie est l'ensemble des mythes propres à un pays (les mythologies grecque et romaine ont profondément marqué les cultures française et européenne).

 

Transposer le récit cosmogonique d’Ovide en vers

 

2° Réécris le premier paragraphe d’Ovide (p. 128) en créant des vers rimant deux à deux. Fais en sorte que les vers contiennent le même nombre de syllabes.

 

 

 

Avant que fussent créés la mer, le ciel, voûte de l’univers,

 

La terre... le chaos uniforme couvrait la nature tout entière !

 

C’était un bloc inerte et sans vie, une masse informe et grossière,

 

L’assemblage discordant de corps élémentaires.

 

S’entremêlaient alors la friable terre,

 

L’eau non navigable, l’air sans lumière.

 

Ces ennemis réunis : le chaud et la froidure,

 

Le sec et l’humide, les corps mous, les corps durs,

 

Les lourds et les légers, s’infligeaient des blessures.

 

 

 

Séance 4 – Les deux temps de l'histoire qui progresse : le passé simple et le passé antérieur

 

Lecture du début des Métamorphoses d’Ovide (« La création du monde », manuel p. 128 : passage qui ne figure pas dans l’oeuvre adaptée par Françoise Rachmuhl : 16 métamorphoses d’Ovide).

 

En vous appuyant sur les leçons du manuel (p. 294-297), dites pourquoi les verbes sont conjugués tantôt au passé simple, tantôt à l'imparfait, tantôt au passé antérieur.

 

………………………………………………………………………………………………….

 

………………………………………………………………………………………………….

 

………………………………………………………………………………………………….

 

………………………………………………………………………………………………….

 

 

 

Nous avons du passé simple et de l’imparfait parce que certaines actions doivent être présentées dans leur déroulement (imparfait : « la nature avait un aspect uniforme »), tandis que d’autres doivent être délimitées dans le temps (« un dieu mit fin » ; « l’homme naquit »). Le passé simple exprime des actions importantes qui se succèdent dans le passé. Par ailleurs, quand ces actions sont présentées comme terminées, on utilise le passé antérieur («quand il eut débrouillé »), qui a donc la valeur d’un passé simple fini. Avec ces deux temps, on sait précisément quand les actions sont accomplies, ce qui n’est pas le cas avec l’imparfait et son correspondant composé, le plus-que-parfait (« elle n’avait pas encore lu l’affiche »).

 

 

 

Verbes modèles au passé simple (indicatif, voix active) et passé antérieur

 

 

 

BALAYER

SE NOYER

AVOIR

Je balayai

J’eus balayé

Je me noyai

 

 

 

Tu balayas

 

Tu te noyas

 

 

 

Il balaya

 

Il se noya

 

 

Il eut

 

Nous bâmes

 

Nous nous y

 

Nous eûmes

 

Vous bals

 

Vous vous

 

Vous eûtes

 

Ils balayènt

 

Ils se noyè

 

Ils eurent

 

FINIR

S'ASSEOIR

ÊTRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’extrait des Métamorphoses est différent de celui de la Genèse, dans la mesure où nous y trouvons une double explication de la naissance des hommes : soit grâce à « une semence divine » de « l’ouvrier sublime », soit par le travail de l’argile par l’artisan divin Prométhée.

 

Séance 5 - Verbes modèles au passé simple (indicatif, voix active) et passé antérieur : contrôle

 

BALAYER

SE NOYER

AVOIR

Je balayai

 

       

Tu balayas

 

       

Il balaya

 

       

 

 

       
 

 

       
 

 

       

 

Séance 6 – Correction du contrôle de conjugaison ; prolongement : les pronoms personnels

 

 

 

1. Lecture de la leçon sur les pronoms personnels ; copie du tableau et mise en valeur des formes réfléchies me, te, se, nous, vous, se, qui ont posé problème lors de la conjugaison d’un verbe à la voix pronominale.

 

 

Fonction

Singulier

Pluriel

1re pers.

2e pers.

3e pers.

1re pers.

2e pers.

3e pers.

Sujet

je 

tu

il, elle, on

nous

vous

ils, elles

COD

me

te

le, la, se

les, se

COI

me

te

lui, se

leur, se

Forme accentuée

(sujet, COD, COI)

moi

toi

lui, elle, soi

eux, elles

 

 

 

2. Exercices 3 et 4 p. 257. Correction de l’exercice 3 p. 257.

 

 

 

Rappel période 4 : particularité orthographique de « leur » et de « se ».

 

 

 

Séance 7 – La création du monde polythéiste

 

 

I. Correction de l’exercice 4 p. 257 : repérage des pronoms personnels représentant un personnage ; distinction pronom personnel CO / article défini.

 

 

 

Une reine était riche et puissante, mais elle était très vieille.
Elle avait été plus belle que le jour, et elle était devenue si laide et si horrible que les gens qui venaient lui faire la cour cherchaient en lui parlant des prétextes pour tourner la tête, de peur de la regarder.
[
Une jeune fée lui proposa de lui rendre sa jeunesse en échange de ses richesses. La reine refusa.]
La reine tomba malade d’une maladie qui
la rendait si puante et si infecte que ses femmes n’osaient approcher d’elle pour la servir, et que ses médecins jugèrent qu’elle mourrait dans peu de jours.

 

 

 

 

 

II. Lecture de trois documents (p. 128-130) : extrait de Gilgamesh (adaptation de J. Cassabois, p. 128; un sarcophage du Louvre représentant la création de l’Homme par Prométhée (p. 129) ; extrait de la Völuspá (p. 130).

 

 

 

1) Ajoute l’épopée de Gilgamesh et l’Edda Poétique à la frise chronologique.

 

2) Question 2 p. 130 (la majuscule ou la minuscule dans le mot nom « dieu »).

 

3) Question 4b p. 130 (similitudes avec la Bible). Corrigé à coller.

 

4) Question 5 p. 130 (les étapes de la création des hommes).

 

5) Question p. 129 sur le sarcophage antique représentant Prométhée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séance 7 – La création du monde polythéiste

 

Se repérer dans le temps et l’espace

 

L’épopée de Gilgamesh est un poème qui est le plus ancien récit (-1800) que nous connaissions : c’est grâce à la nature de son support, l’argile, que le texte a été très bien conservé. Les premiers épisodes datent d’environ 2500 avant J.-C. ; ils ont été modifiés et complétés jusqu’à 1000 avant J.‑C. environ. Ce long poème raconte les aventures et les exploits légendaires de Gilgamesh, roi du pays de Sumer (en Mésopotamie). La Bible est un ensemble de textes remontant environ jusqu'à -1100 av. J.-C. Les Métamorphoses datent des premières années de notre ère : l’oeuvre d’Ovide a donc environ 2000 ans. L’Edda poétique est une importante source de connaissances sur la mythologie du nord de l’Europe. Elle est composée de poèmes du XIe siècle rassemblés au XIIIe, dont le plus célèbre est la Völuspá.

 

3) Comparaison entre les récits de création : la Bible et les Métamorphoses

 

Nous remarquons qu'Ovide s'est inspiré du texte biblique, même s'il a changé Dieu en « un dieu» et ajouté des précisions scientifiques (climat, cycle de l'eau, forme de la planète).

 

Ces deux textes s'opposent par leur vision de l'homme et les raisons de sa création. En effet, la Bible précise que les hommes ont été créés pour accomplir une triple mission : dominer les êtres vivants, transformer le monde en poursuivant l'oeuvre divine et se multiplier.

 

Dans les Métamorphoses, l'homme ajoute de l'intelligence à la création : son ingéniosité va améliorer le monde, comme l'ingéniosité de Prométhée a amélioré la création.

 

4) Dans l'Épopée de Gilgamesh, pour créer les hommes, les dieux « ont mêlé leur sang à la boue et touillé ce mélange » (l. 3). Pour que l'homme soit conscient de tout, qu'il n'oublie pas (d'où il vient, ce qu'il a vécu), les dieux lui donnent un « esprit » ; ils lui donnent aussi les outils qui lui permettront de « faire pousser les plantes » pour se nourrir et pour « construi[re] » le monde. Dans la Völuspá, l'homme est créé à partir de la cendre nommée « Ask » (v. 17) et la femme à partir de l'orme, nommé « Embla » (v. 18). Ils sont donc issus d'éléments naturels. Ensuite, les hommes reçoivent « la vie » (v. 21) et « une âme » (v. 22). C'est dans les Métamorphoses d'Ovide que deux hypothèses sont indiquées : soit l'homme a été créé par « l'ouvrier sublime » (l. 27), c'est-à-dire par le dieu créateur, à partir d'une semence divine ; soit Prométhée a créé l'homme à partir de l'argile de la terre.

 

5) Le sarcophage du Louvre. On y reconnaît les hommes grâce à leur taille aux dimensions inférieures à celles des autres êtres représentés, les divinités. Plus précisément, un homme est en train d'être façonné par Prométhée à gauche du sarcophage (quatrième personnage en partant de la gauche). Deux autres humains sont en train de s'embrasser aux côtés de Mercure, tandis que d'autres jouent au milieu du sarcophage. Prométhée est le deuxième personnage à gauche du sarcophage. Il est assis, en train de façonner l'homme sur une sorte de piédestal. Athéna pose la main sur l'épaule de Prométhée. On la reconnaît grâce à son casque, sa tunique longue et sa position protectrice derrière Prométhée. Son nom veut dire « le prévoyant », donc celui qui voit l'avenir. 

 

Sa famille : le Titan Japet et la Nymphe Clyméné ont eu quatre enfants : Epiméthée (« celui qui réfléchit après »), Atlas (Titan chargé de porter la vte céleste), Ménoetios et Prométhée. Prométhée est rusé et très avisé. Il est cultivé grâce aux enseignements d’Athéna qu'il transmet aux hommes (ce qui irrite Zeus). Il se met du côté des Olympiens pendant la gigantomachie car il veut utiliser la ruse alors que les Titans veulent utiliser la force. Prométhée crée les hommes et Athéna leur insuffle la vie. Puis, sur la demande de Zeus, Prométhée pousse les humains à faire des sacrifices et à tromper Zeus en lui laissant les plus mauvais morceaux. Zeus se venge en retirant le feu aux hommes. Prométhée vole le feu (celui de l'Olympe, de la forge d'Héphaïstos, du soleil, ou encore d'un éclair) ; il le cache dans une fleur rouge, ou une tige de fenouil, pour le rendre aux hommes. 

 

La vengeance de Zeus est terrible : il imagine la femme, Pandore. Tous les dieux lui font un présent (c'est le sens du nom « Pandore ») : beauté, charme, habileté mais aussi ruse, tromperie, fourberie, folie, vice, passion, vieillesse... Zeus confie Pandore à Épiméthée et une jarre qui contient tous les maux et catastrophes. Mais Pandore ouvre la jarre interdite (« la boîte de Pandore ») malgré la surveillance d'Épiméthée. Puis Zeus condamne Prométhée à être enchainé sur le Caucase. Un rapace vient tous les jours lui dévorer le foie qui repousse inlassablement. Bien des années plus tard quand Zeus est sur le point de s'unir à la belle Thétis, Prométhée enchaîné le prévient que s'il a un fils de Thétis, il sera détrôné par lui. Pour remercier Prométhée, il autorise Héraclès à tuer le rapace qui lui dévore le foie et à le délivrer. Pour une fois reconnaissant, Zeus accueille Prométhée dans l'Olympe et échange le mort qu'attendait Hadès avec un immortel souffrant d'une blessure incurable, Chiron, qui descend aux Enfers à sa place.

 

Séance 8 – Dictée préparée

 

 

 

Texte contenant des verbes conjugués au passé simple et au passé antérieur :

 

Une fois que la mer, l'air et la terre se furent séparés, ils transformèrent l'amas

 

informe. Ainsi le froid combattit la chaleur, tandis que le chaos devint forme et harmonie.

 

Le dieu distingua aussi humidité et sécheresse, mollesse et dureté, air dense et éther fluide.

 

Les étangs, les fleuves, les lacs furent répartis sur la surface de la terre. Enfin, à partir

 

d'un mélange de terre et d'eau, Prométhée façonna l'homme.