2. Présentation de l'oeuvre choisie et entretien

Seconde partie de l'épreuve orale : présentation de l'œuvre choisie par le candidat parmi celles qui ont été étudiées en classe ou proposées par l'enseignant au titre des lectures cursives obligatoires (3’) ; entretien avec l'examinateur (5’)

 

Voir aussi p. 346-347 du manuel et le tutoriel vidéo du manuel en ligne.

Temps de préparation des deux parties de l’oral : 30 mn.

Temps de passage : 8 mn (8 points sur les 20 points de l’oral).

Texte expliqué : l’oeuvre choisie par le candidat.

Entretien avec l’examinateur, qui prend appui sur cette présentation.

 

Cette partie de l'épreuve, notée sur 8 points, évalue l'expression orale, en réclamant du candidat une implication personnelle dans sa manière de rendre compte et de faire partager une réflexion sur ses expériences de lecture. Elle se déroule en deux temps successifs, le premier n'étant qu'un point de départ pour les interactions qui le suivent et qui constituent l'essentiel de l'épreuve :

 

Le candidat présente brièvement l'œuvre qu'il a retenue et expose les raisons de son choix.

regarder l’examinateur

adopter une gestuelle simple

s’exprimer clairement, dans un langage simple et correct

  

Plan envisageable

 

1. Introduction qui présente brièvement l’oeuvre : auteur, année et conditions de publication, genre littéraire, etc. ;

 

2. Résumé et description de la structure de l’oeuvre (parties, chapitres, lieux importants, personnages, évolution de l’intrigue, étapes du récit ou du raisonnement, etc.) ;

 

3. Synthèse des enjeux esthétiques, moraux et politiques relatifs à l’objet d’étude représenté par l’oeuvre (par exemple, peut-on divertir le lecteur par la science ?) ;

 

4. Justifiez votre choix : en quoi l’oeuvre présente-t-elle un intérêt à vos yeux ? Qu’avez-vous appris, découvert ? Avez-vous changé votre regard sur l’oeuvre, l’objet d’étude ou sur le genre au cours de votre lecture ?

 

5. Le candidat réagit aux relances de l'examinateur qui, prenant appui sur la présentation du candidat et sur les éléments qu'il a exposés, évalue les capacités à dialoguer, à nuancer et à étoffer sa réflexion, à défendre son point de vue sur la base de la connaissance de l'œuvre.

 

Critères de réussite

 

-Faire montre d’une bonne connaissance de l’oeuvre ;

-Adopter un ton courtois, réfléchi et correct ;

-Nuancer ses réponses, ne pas être trop catégorique au moment où vous exprimez un jugement ;

-Évoquer, dans une perspective comparatiste, d’autres œuvres rencontrées dans l’année ou issues de votre culture personnelle.

L'examinateur ne revient pas sur la première partie de l'épreuve. Évitant les questions fermées et trop ponctuelles, il conduit l'entretien de manière ouverte, en dialoguant avec le candidat de manière à lui permettre d'expliquer, de justifier et ainsi de défendre son choix.

 

Notation

 

Après la prestation du candidat, l'examinateur porte sur la fiche d'évaluation pour chaque partie de l'épreuve ses appréciations ainsi que le nombre de points attribué à la première partie et à la seconde partie. Il signe la fiche complétée. Seule la note globale sur 20 est reportée sur le bordereau de notation.

 

 

Exemple de présentation de l’oeuvre choisie (3’ de présentation + 5’ d’entretien)

Je vais passer à présent à la présentation d’une des œuvres lues cette année.

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter la pièce de théâtre intitulée Cyrano de Bergerac, écrite par Edmond Rostand, représentée pour la première fois en 1897. Ces 5 actes versifiés s'inspirent très librement de la vie et de l'oeuvre de Savinien de Cyrano de Bergerac, écrivain libertin, du XVIIe siècle. Le libertin désignait celui qui se libérait des contraintes religieuses et philosophiques. Le mouvement littéraire du néoromantisme, qui caractérise l’œuvre d’Edmond Rostand, a fortement influencé cette pièce. Ce mouvement littéraire est né à la fin du XIXe siècle et s’inscrit dans la lignée du romantisme (dont l’apogée s’inscrit en France dans les années 1820-1830), qui place les sentiments au cœur des œuvres. En effet, dans la pièce, l’intrigue met en jeu les sentiments amoureux et la manière de les communiquer.

L’acte I pose le cadre de l’intrigue

La scène se passe en 1640. La salle se remplit en attendant une pastorale, œuvre littéraire dont les personnages sont des bergers et des bergères. En l’occurrence, il s’agit de La Clorise de Baro dont l’intrigue est empruntée à un épisode de L’Astrée. Elle se rattache à la préciosité. Christian de Neuvillette est venu contempler la femme qu'il aime, la précieuse Roxane, courtisée par le duc de Guiche. La pièce débute et l'un des spectateurs provoque Cyrano en critiquant son nez. Cyrano réplique par la célèbre tirade des Nez et le bat en duel. Il confesse à un ami qu'il aime Roxane passionnément, mais désespérément, à cause de sa laideur.

Durant l’acte II, Roxane lui donne un rendez-vous, auquel se rend Cyrano. La jeune femme avoue aimer un homme dont elle ne connaît que le nom et qu'elle lui demande de protéger. Il s'agit de Christian. Bouleversé, Cyrano finit par prendre Christian sous son aile et décide de l'aider à conquérir sa belle.

Durant l’acte III, nous assistons au baiser de Roxane et Christian. Sous le balcon de la précieuse, Cyrano a soufflé au jeune homme les mots qui font fondre Roxane de bonheur. Il écarte de Guiche, venu conquérir Roxane de son côté, et permet le mariage des jeunes gens.

L’acte IV déplace la situation à Arras. De Guiche y envoie Cyrano et Christian. Ce dernier apprend alors que Cyrano, au péril de sa vie, a écrit pour lui une lettre quotidienne à sa femme. Il comprend que Roxane croit l'aimer alors qu'elle aime sans le savoir le bel esprit de Cyrano. Désespéré, celui-ci court se faire tuer au combat.

L’acte V correspond au moment où Roxane, veuve, s'est retirée dans un couvent. Cyrano vient lui rendre visite chaque jour et dire les potins de la Cour et de la ville. Roxane lui fait relire une lettre prétendument écrite par Christian le jour de sa mort, mais elle s'aperçoit qu'il la connaît par cœur, et donc qu'il en est l'auteur. Elle comprend qu'elle l'aimait. Après cet aveu, Cyrano peut mourir heureux.

J’ai choisi de présenter cette œuvre, car j’aime bien le genre théâtral en général. De plus, le parcours à travers lequel nous étudions Cyrano de Bergerac m’a particulièrement intéressé. Il s’agit du parcours intitulé «Théâtre et stratagème» et j’ai pris plaisir à lire des pièces de théâtre contenant des stratagèmes comme dans Les Fausses Confidences, car j’avais l’impression de prendre part à la duperie. En effet, dans la scène du balcon, les didascalies étaient au service du stratagème, lorsque Cyrano préparait le piège : «sous le balcon, à Christian» ou bien « à qui Cyrano souffle ses mots». La notion du double jeu et la satire des précieuses sont parfaitement maîtrisées dans la pièce, ce qui apporte un côté plaisant. Plus encore, à titre personnel, je m’étais rendu à une représentation théâtrale de Cyrano de Bergerac, sous la direction du metteur en scène Dominique Pitoiset, le 15 octobre 2014 à la Comédie-Française. J’ai donc eu envie d’approfondir l’analyse de cette œuvre.

J’en ai terminé, je vous remercie de votre attention.

 


Comment présenter l'oeuvre ?



Source du document : Histoire des arts 3e (Nathan)