Contraction de texte suivie de l'essai

La contraction de texte (10 pts)

 

Principe : restituer une argumentation de manière synthétique en adoptant la même énonciation, le même mouvement, la même composition.

Texte support : forme contemporaine de la littérature d’idées.

Texte à produire : environ 1000 mots (+ ou – 10%). Le nombre de mots utilisés devant être indiqué.

Compétences :

-distinguer dans le texte les arguments qui portent le sens des éléments qui l’illustrent ou ceux qui apportent des nuances secondaires sans faire progresser l’argumentation ;

-repérer les articulations de l’argumentation pour respecter dans le résumé les mouvements du texte, et leur progression logique ;

-restituer fidèlement l’essentiel du propos, en respectant à la fois la contrainte de la contraction au quart et l’exigence de fidélité à la cohérence du texte, à sa composition et à la progression de l’argumentation qu’il développe ;

-s’affranchir des expressions du texte, la contraction étant un exercice de reformulation, fidèle aux idées mais obligeant à les exprimer dans d’autres termes, agencés dans des phrases différentes. Les élèves doivent se mettre à la place de l’auteur, mais en supposant qu’il est contraint de dire la même chose de façon plus concise et plus dense.

Étapes du travail

1° Repérage, crayon à la main, des mouvements du texte et des étapes du raisonnement.

2° Écriture au brouillon sans se soucier du nombre de mots (principe de réduction au quart à garder en tête). Penser à consacrer à un argument un paragraphe (même si l’auteur du texte source n’a pas procédé ainsi).

3° Comptage des mots (on entend par « mot » l’unité typographique signifiante : ce peut être un nom composé, une donnée chiffrée, un nom propre).

4° Après vérification du contenu (étapes du raisonnement, nuances nécessaires au cheminement argumentatif, respect de l’énonciation), copie définitive de la contraction.

Exemples d’activités préparatoires

-substituer à une énumération un terme globalisant ;

-travailler sur l’hyponymie et sur l’hyperonymie ;

-trouver le synonyme le plus approprié ; avoir recours aux antonymes pour dire autrement ;

-remplacer un lien logique par un autre, plus concis, ou par un élément de ponctuation (comme le double point qui peut se substituer à « en effet »).

-en syntaxe, transformer une proposition subordonnée en un groupe prépositionnel.

 

Dans l’exercice de la contraction de texte proprement dite, le professeur pourra aider l’élève à progresser dans sa pratique :

• évaluer sa capacité à dégager la structure argumentative du texte initial ;

• demander un travail d’analyse du brouillon. La copie présente les différentes versions de son résumé, ainsi qu’une analyse des changements effectués (transformation syntaxique, travail sur le lexique, suppression d’un exemple illustratif…) ;

• faire comparer deux résumés (ou deux résumés d’un court passage du texte) afin d’en dégager les points forts et les points à retravailler.

 

L’essai (10 pts)

 

Plus bref et plus libre que la dissertation, il porte sur les questions qui sont abordées dans l’œuvre et le parcours au programme pour l’OE « La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle », dont traite également le texte de l’exercice de contraction.

-développer une réflexion personnelle organisée sur ce que disent les œuvres et les textes, de manière plus directe que ne l’autorise l’exercice plus normé de la dissertation.

-une introduction dégage brièvement les enjeux de la question et ouvre des pistes de réflexion correspondant à la construction du travail en 2 ou 3 grands mouvements explorant le sujet.

-le plan annoncé et suivi peut être thématique, analytique ou dialectique. Il rend compte d’une réflexion personnelle progressive et ordonnée, appuyée sur des références et des exemples précis.

-formes diverses du sujet : question ou formule portant sur le programme, citation extraite de l’œuvre au programme ou d’un texte qui pourrait figurer parmi ceux du parcours associé, une citation du texte source de la contraction, etc. Le sujet suscite la réflexion et permet au candidat de développer sa réponse sans se perdre en conjectures sur le sens de la question : le temps qu’il pourra consacrer à cet exercice est celui qui lui restera après le travail de contraction : il est souhaitable que le sujet rende possible la continuité de la réflexion entre les deux exercices de l’épreuve.

-références mobilisées par le candidat pour donner corps à sa réflexion et en soutenir la progression : celles qu’il empruntera à l’œuvre qu’il a étudiée, aux textes du parcours associé et aux textes et documents complémentaires, ainsi qu’à l’œuvre qu’il aura lue en lecture cursive.

-le texte de l’exercice de contraction constitue un appui pour sa réflexion, de même que la culture et les lectures personnelles du candidat, dans la mesure où elles lui fournissent des références et des exemples pertinents pour le traitement du sujet proposé.

-attendus : • prise en compte du sujet et l’effort de définition des enjeux de la question • capacité à prendre appui sur la connaissance et la compréhension de l’œuvre et du parcours associé pour traiter de manière pertinente le sujet proposé • clarté du propos et netteté de la progression argumentative • richesse et pertinence de l’exemplification • qualités d’expression : correction de la langue, capacité à s’exprimer de manière fluide, juste et nuancée.

-entraînements :

-mettre en évidence, lors de l’étude d’une œuvre, les notions de realia et de pensée des lettres.

-pratiquer la contraction de textes, qui exige le repérage strict des mouvements d’une argumentation : différentes manières de présenter et développer une idée, de l’articuler à une autre, de mentionner, prévenir, contrer une objection, etc.

-écrits ou oraux d’appropriation : entraîner les élèves à la rédaction de paragraphes argumentés, en leur demandant de formuler clairement un avis, un jugement, une préférence, une proposition et de le ou la justifier par des exemples. Demander de prendre position sur une question en quelques lignes, en développant un avis personnel soutenu par quelques arguments. Une progression est à prévoir, en termes de volume du développement et de complexité de la construction. Ce travail peut être proposé à l’oral, en demandant à l’élève d’exprimer un avis, et de défendre ses choix en prenant en compte un public.

-étude de la langue : les écrits des élèves peuvent fournir au professeur des éléments de corpus pour l’étude des subordonnées circonstancielles et des principaux moyens d’exprimer les relations logiques fondamentales dans les écrits d’argumentation.

-part de la rhétorique, qui peut faire l’objet d’une attention particulière : l’essai permet par exemple une expression personnelle à la première personne. Là encore, les écrits d’appropriation peuvent favoriser la pratique d’une écriture d’opinion dans un cadre scolaire : l’expression d’une réflexion personnelle n’est pas spontanée, elle suppose une pratique régulière et progressive.

 

-exemples : un travail pourra être mené afin d’aider les élèves à les convoquer de manière pertinente et à les intégrer à leur développement. Pour les aider à en garder la mémoire, le professeur peut leur suggérer de tenir un exemplier où références et exemples pourraient être classés par thèmes ou selon les principales orientations de l’étude de l’œuvre et du parcours au programme. Proposer des exercices progressifs de recherche d’exemples pour telle analyse ou tel argument, mais aussi d’intégration de ces exemples et d’exploitation dans un paragraphe rédigé.