Vocabulaire de l'explication littéraire

*alexandrin : le classique porte 4 accents (2 accents fixes sur la 6e et la 12e syllabe + 2 accents mobiles). L'accent mobile se trouve souvent avant la ponctuation : « Je suis belle, ô mortels, comme un ve de pierre ».

 

Quand un mot ou un groupe de mots est long, l'accent porte sur la dernière syllabe.

 

*adoucisseurs : les interactants doivent parfois modifier la modalité de réception de leur discours :

 

-procédés lexicaux

 

-procédés morphologiques (temps)

 

-figures (litote, euphémisme, circonlocution, concession, etc.)

 

-procédés prosodiques (ton de la voix, hésitation)

 

-formules de politesse.

 

*anacoluthe : rupture de construction syntaxique ("Elle berce et parle à l'enfant")

 

*anadiplose : répétition au début de la phrase d'un terme qui clôt la précédente ("Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise").

 

*analyse des discours : discipline qui vise à rapporter les textes -à travers leurs dispositifs d'énonciation- aux liens sociaux qu'ils rendent possibles ou qui les rendent possibles. L'AD accorde un rôle crucial aux genres de discours en usage dans les secteurs de l'espace social. Différents domaines voisins de l'analyse conversationnelle peuvent ainsi être convoqués (pour une consultation médicale, la rhétorique et la sociolinguistique).

 

*anomalie : dans l’histoire de la linguistique, l’anomalie s’opposait à l’analogie et désignait les phénomènes d’irrégularité dans la langue, par ex. des flexions hétérogènes telles celles des verbes irréguliers français.

 

*antanaclase (= diaphore) : reprise d'un terme en en changeant le sens ("le coeur a ses raisons que la raison ignore").

 

*antonomase : type de métonymie qui consiste à prendre un nom propre pour un nom commun, ou inversement (Caton = vertu ; Balkans > balkanisation = fragmentation ; Tartuffe = un tartufe = hypocrite).

 

*asyndète : sorte d'ellipse consistant à retrancher une conjonction copulative (« Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu » ; "Cette triste contemplait avec douceur les enfants, les bébés" > pose la question de la présence ou non d'une apposition). La parataxe asyndétique produit un effet de foisonnement, de vivacité ("haute en couleur, fraîche, grasse") la parataxe syndétique (polysyndète) un effet d'accumulation ("et la terre, et le feu...").

 

*autodésignation & autoqualification : ensemble des procédés par lesquels le locuteur se désigne lui-même (pr. pers., GN, dét. possessifs, etc.), l'autodésignation est inséparable des marqueurs d'altérité. L'autoqualification exprime les caractères du locuteur par des formules attributives. Ces 2 ensembles jouent un rôle important dans la construction de l'éthos du locuteur.

 

*autorité de l’énonciateur : le comportement des sujets à l'égard d'un discours est fonction de l'autorité, de la légitimité attachée à un statut qu'on reconnaît à l’énonciateur.

 

-autorité montrée : on ne l'explicite pas, elle se manifeste à travers l'énonciation même (corporalité, statut social, etc.)

 

-autorité citée : le locuteur invoque une source censée le légitimer.

 

Les discours constituants ont par nature plus d'autorité que les autres (texte scientifique > de vulgarisation).

 

*autotélique : qui n’a d’autre but que soi-même, en parlant d’un objet artistique.

 

*bathos : gradation ascendante interrompue ("esprit charmant, aimable, fin, gracieux, exquis, petit").

 

*bruit vs redondance : Dans les feux de circulation, les couleurs sont souvent associées, corrélées à d'autres types de signifiants visuels (associés aux mêmes signifiés que les couleurs), à savoir des formes (par exemple, rectangle + rouge, cercle + vert, etc.), des positions (haut, milieu, bas ou gauche, milieu, droite). Cette corrélation produit une redondance : le phénomène de répétition d'un signifié par son association avec plusieurs signifiants différents présents ou par la répétition du signe dans lequel ce signifié se trouve. La redondance vise à contrer ce qu'on appelle, en théorie de l'information, le bruit, c'est-à-dire ce qui peut empêcher la transmission et l'interprétation (ou réception) correcte du message produit lors de l'émission.

 

*bucolique (fém.) : poésie pastorale (« du bouvier »), inventée par Théocrite (Idylles), continuée par Bion, Moschos, et Virgile (Bucoliques), qui lui donna son cadre arcadien : poètes-bergers chantant leurs amours, leur musique, dans un décor grec stylisé. Présence de Pan et des nymphes. Subtilité de composition ; une distance étudiée avec la réalité de la vie pastorale. Ce cadre pastoral fut volontiers employé comme commentaire social voilé. A partir du titre appliqué aux Bucoliques de Virgile, l’églogue (fém.) a désigné jusqu’au Moyen Âge le poème pastoral, alors que son sens 1er est : « poème de circonstance », « morceau choisi ».

 

Le type de césure « bucolique » : au 4e pied de l’hexasyllabe.

 

*burlesque : comique de situation, réaliste, bas et outré, relevant d'expressions triviales pour évoquer des réalités nobles ou élevées. Procédé possible de la parodie, mais n'est pas nécessairement parodique.

 

*célébration : termes comme « béni soit », « vive », « quelle chance que ».

 

*champ lexical (du Sé au Sant) : repérage d'un ensemble de lexies ayant un sème (unité constitutive du sens ; il faut plusieurs sèmes pour constituer le signifié) en commun. On peut étudier un champ lexical sans envisager le contexte.

 

*césure : la césure lyrique cherche à donner le plus d’importance au son « e » (La verrai-je jamais récompensée ? ») ; dans l’alexandrin classique, la seule césure en e muet autorisée, est celle qui produit l’élision (« Mais il me faut tout perdre et toujours par vos coups »). Quand l’alexandrin n’a pas de césure à la 6e syllabe, le vers est dit « libéré » (2-6-4 ou 4-6-2) ou « romantique » (4-4-4).

 

*champ dérivationnel : on étudie un terme en relation avec d'autres termes de la même famille morphologique. Le polyptote consiste à rassembler plusieurs formes de la même lexie (gentil – gentille – gentils).

 

*champ notionnel (du Sé au Sant) : étude d'un corpus de lexies qui envisage une réalité dans un cadre, généralement historique (le vocabulaire de la démocratie dans les années 1830-1848).

 

*champ sémantique (du Sant au Sé) : on isole une lexie et on en étudie ses différents sens et effets de sens, dénotatifs, connotatifs, historiquement (diachronie) ou dans la langue actuelle (synchronie), par comparaison avec d'autres lexies. Approche dite "sémasiologique", (= du signifant vers les signifiés).

 

*chronographie : description qui caractérise le temps écoulé par des circonstances qui s’y rattachent (« quelques bouteilles plus tard »).

 

*circonlocution : est à la phrase ce que la périphrase est au mot. Détour de langage qui, en évitant les termes précis, vise à masquer la pensée ou à adoucir ce que l'on veut dire.

 

*code : dans le schéma de la communication de Jakobson, désigne l’ensemble des conventions qui permettent, dans un acte communicatif, la compréhension du message du destinateur par le destinataire. Le code peut être une langue, un système sportif (l’arbitre ; la communication par signes entre le receveur et le lanceur), la synergologie (lecture du langage non verbal inconscient, comme les expressions du visage).

 

*coénonciateur : Culioli le substitue à "allocutaire" ou "destinataire" pour souligner que l'énonciation est souvent coénonciation : les 2 partenaires y jouent un rôle actif. Quand l'énonciateur parle, le coénonciateur communique aussi : il interprète les énoncés et influence le discours par ses réactions. De plus, tout énonciateur est en même temps son coénonciateur, qui contrôle et/ou corrige ce qu'il dit (métadiscours).

 

*concession : « Je suis tout de même obligé de reconnaître que … » ; « Oui, sans doute, je ne suis qu’un voyageur, mais… ». Figure de pensée par laquelle on accorde qq chose à son adversaire, souvent pour en tirer ensuite parti contre lui ; on feint de reculer, mais pour avancer plus sûrement.

 

*connotation / dénotation : sens qui viennent s'ajouter aux sens objectifs d'un mot que rassemble le dictionnaire (selon la situation, le contexte ou les références culturels de l’énonciateur). La dénotation regroupe les sens d'un mot tel qu'ils apparaissent dans le dictionnaire. Cheval désigne par dénotation l’animal, de façon neutre. Canasson ou destrier modifient par connotation la perception qu’un énonciateur a de l’animal.

 

*déictiques : éléments linguistiques dont la présence détermine un repérage absolu, coupé de la SE. Les faits et les êtres se rapportent au moi, à l'ici, au maintenant : ils manifestent dans l’énoncé la présence du sujet de l’énonciation. Le référent qu’ils désignent ne peut être identifié que par les témoins de l’acte d’énonciation. Déictiques spatiaux : devant, derrière, ici, à droite, là, venir. Déictiques temporels : indicatif, valeurs temporelles de base. Jeu des personnes : le "je" transcrit le référent.

 

*dérivation : avec la composition, un procédé de création lexicale. Deux procédés existent : addition d’un affixe à une base ; variation interne de la base. On parle de dérivation impropre (= hypostase ; le plus souvent une substantification) quand une unité lexicale change, sans modification formelle, de catégorie grammaticale (un tartufe > antonomase ; le boire ; l’utile et l’honnête).

 

*diatribe : du grec diatriba, “entretien, discussion” > discussion d’école > dissertation critique sur un point de doctrine > confusion avec le “detrimentum” > XVIIIe s. : critique violente, injurieuse.

 

*dialecte : variante d'une langue utilisée dans une aire géographique et/ou sociale plus restreinte que celle-ci. Il n'existe pas de différence linguistique entre une langue et un dialecte : dans les 2 cas, on se trouve en présence d'un système lexical, syntaxique et phonétique complet. La différence est d'ordre social, politique, culturel : pour des raisons historiques diverses un dialecte a acquis le statut de langue nationale (ou langue commune).

 

*diégèse : ensemble des données narratives présentées dans un récit. « Univers spatio-temporel désigné par le récit » (Genette, Figures III). Il est utile distinguer le contenu du récit, l’histoire et l’acte par lequel un récit « se » narre. Genette donne à « diégèse » un nouveau sens : Platon et Aristote opposaient « diégésis » (narration, fait de raconter les choses) à « mimésis » (imitation chez Platon, puis reproduction, fait de montrer les choses, représentation). Une représentation mimétique est une représentation directe de la réalité (on voit les personnages agir, on les entend parler), par ex. sur une scène de théâtre. Une représentation diégétique en est la représentation indirecte (l'histoire est racontée par un narrateur), par ex. dans un récit. Un récit alterne souvent des passages diégétiques et mimétiques (dialogues entre les personnages rapportés au discours direct). Ne pas oublier que la mimesis reste une représentation, c'est-à-dire une construction de la réalité par un auteur. Elle produit seulement un effet de réel et n'est ni plus « vraie », ni plus « fausse » qu’une représentation indirecte.

 

*discours : mise en oeuvre de la langue, se réalisant en énoncés écrits ou oraux, en situation.

 

*distanciation : quand la 1ère pers (pron. ou adj.) est remplacée par un nom ou un pronom à la 3e pers. ou un article (JOAS – Joas ne cessera jamais de vous aimer.).

 

*ecphrasis : description littéraire d’une œuvre d’art.

 

*élégie : 1.  Poème aux sujets variés mais le plus souvent mélancoliques, composé de distiques élégiaques. Pas un genre, mais une forme, à l’origine.

 

2. Poème lyrique de facture libre, écrit dans un style simple qui chante les plaintes et les douleurs de l'homme, les amours contrariés, la séparation, la mort. Elégie amoureuse, plaintive, tendre, triste; les élégies de Ronsard, de Chénier.

 

*énallage (fém.) : transfert de mode, temps, de genre, de nombre, de personne. On n'a pas la forme qu'on attendrait : "il revient demain" pour "il reviendra demain". C'est par énallage que l'indicatif est remplacé par l'infinitif introduit par « de » : « Ainsi dit le Renard, et les flatteurs d'applaudir ».

 

*énoncé : donnée linguistique constituée par une suite finie d'unités de la chaîne parlée, délimitée par 2 périodes de silence.

 

*épanalepse : répéter, après un intervalle, un ou plusieurs mots, ou même un membre de phrase : Je l'ai vu, de mes yeux vu, vu comme je vous vois. L’antanaclase est un type d’épanalepse.

 

*épigramme (fém.) : “inscription” en hexamètres, puis en distiques élégiaques. On s’adresse au destinataire (parfois un mort) de manière laconique. Devient un genre littéraire à partir du IVe s. : court poème écrit à l’occasion d’un événement, grave ou banal. Callimaque et Asclépiade (thèmes : mort, amour, vin ; dimension personnelle). Au Ier s. ap. J.-C., le genre acquiert le tour inattendu (paradoxe, jeu de mots). A Rome, genre représenté par Catulle et surtout Martial (trait piquant et paradoxal).

 

*éthos : notion provenant de la Rhétorique d'Aristote. Intonation, gestes, allure générale de l'orateur : il ne dit pas explicitement qu'il est honnête homme, il le montre à travers son énonciation. Il arrive que le destinataire ne construise pas l'éthos visé par le locuteur : le destinataire attribue au garant de l'énonciation un caractère, un ensemble de traits psychologiques et une corporalité. Les divergences entre les genres de discours ne sont pas seulement affaire de contenu ; elles passent aussi par des divergences d'éthos. Il existe un éthos préalable (prédiscursif) : les représentations du locuteur antérieures à l'énonciation.

 

*éthopée : peinture du caractère et des mœurs d'un personnage.

 

*étymologie : (« étude de l’élément véritable » [du mot]) fondement de la grammaire qui permet d’établir des relations entre un mot donné et d’autres éléments de la langue. L’étymon du mot est la base lexicale d’origine qui permet de retracer l’histoire d’un mot. Le mot « équitation » a pour base étymologique le terme latin equus (« cheval »). Un autre nom latin, caballus, est à l’origine de « cheval » en français.

 

*euphémisme : on déguise des idées désagréables, violentes ou tristes sous des noms qui n’expriment pas ces idées (“chatouiller les côtes = battre”).

 

*formation des mots : les mots ont tous un sens que porte le radical (fin finir – définition). Si les préfixes permettent de modifier ce sens (faction - perfection – im/perfection), les suffixes, eux, servent à changer de catégorie grammaticale (on passe par exemple d'un nom à un adverbe : gravité gravement).

 

*grotesque : aspect caricatural d’une figure inspirée des décorations de l'excavation (grotta) de la Domus Aurea > représentation licencieuse, fantaisiste et caricaturale > "illusion, chimère" (Montaigne) > "fantastique, fou" (Pascal) > catégorie esthétique essentielle (Hugo, Gautier, Baudelaire), valeur positive du grotesque apparenté à « baroque » : moins réaliste et trivial que le burlesque, le grotesque implique l’imagination fantastique. Auj., utilisé dans le sens de « ridicule », sans la notion de bizarrerie.

 

*idiolecte : ensemble des traits linguistiques composant les dominantes langagières propres à un individu.

 

 

*homonymie : relation entre plusieurs formes linguistiques ayant le même signifiant graphique (élan - élan) et/ou phonique (verre - vert) et des signifiés totalement différents.

 

*hypallage (fém.) : à l’intérieur d’une proposition ou d’une phrase, transfert de caractérisant ("d'un mauve pluvieux") d’un mot vers un autre : Ibant obscuri sola sub nocte per umbram = Ils avançaient, obscurs dans la nuit solitaireà travers l’ombre.

 

*hyperbate (fém.) : placer hors du groupe syntaxique un terme qui venait s'y inscrire (« La nuit m’habitera et ses pièges tragiques »).

 

 

*hyperonymie / hyponymie : désigne la relation du genre à l'espèce. L’hyponyme est un mot dont le signifié est hiérarchiquement plus spécifique que celui d'un autre : vermillon pour rouge ; bouledogue pour chien.

 

*hypotypose : figure de style consistant à décrire une scène de manière si frappante, qu'on croit la vivre. En décrivant les choses comme si on les avait sous nos yeux, on fait du récit ou de la description un tableau dynamique.

 

 

*idylle : étymologiquement « petite forme », nom donné à l’époque romaine aux poèmes de Théocrite, car ceux-ci ne relevaient pas tous du genre pastoral (6 ou 7 évoquent avec charme la vie pastorale des coteaux siciliens. Leur célébrité a fait que le nom désigne à partir du XVIe s. le poème bucolique. Le terme s’est même étendu aux œuvres d’art picturales et musicales inspirées d’un sujet pastoral.

 

*immixtion du narrateur : imparfaits de commentaire, 1 sg, vérité générale, jugements, caractérisants axiologiques.

 

*implicite : on tire d'un énoncé et de son contexte des contenus qui ne constituent pas en principe l'objet de l'énonciation. "Paul ne va plus à la montagne" :

 

> implicite sémantique, on dégage un présupposé, qui se trouve dans l'énoncé même : Paul a l'habitude d'y aller

 

> implicite pragmatique (ou sous-entendu), les présupposés sont attachés à l'acte de parler même, et dépendent du contexte : le locuteur connaît bien Paul ; on informe qq’un au sujet de Paul.

 

Quand on pose une question, fait pragmatiquement présupposer que le récepteur connaît la réponse, ou que la question l'intéresse. Les présupposés et sous-entendus participent de la force illocutoire des énoncés.

 

*isocolons : membres de phrase égaux.

 

*isolexisme : répétition, à partir d’une dérivation, dans les limites de la phrase, d'une lexie, mais dans des conditions morphologiques et syntaxiques différentes (« Vous jurez par des jurons ; vous jugez sans jugement »).

 

*isotopie (du Sé au Sant) : récurrence de certains traits phoniques, sémantiques, syntaxiques, rhétoriques qui assurent la cohérence de l'énoncé ("l'aube allume la source"). Il s'agit d'une approche syntagmatique, celle de la grammaire de texte : on repère des enchaînements ou des ruptures. Quand il y a rupture d'isotopie, on parle d'allotopie.

 

 

*langage : aptitude à communiquer, propre à l'espèce humaine ; le principal moyen dont se sert l’humanité pour communiquer. Faculté naturelle, le fait d'une espèce. Avant Saussure, la tradition identifiait le langage à la pensée. On considérait le mot comme l’émanation de la chose qu’il désignait : cette attitude appelée empirique ou nominaliste, envisage la langue comme une simple nomenclature, un catalogue du réel. Sert à (s’)exprimer et de support à la pensée.

 

C’est l’aspect oral qui définit le langage : certaines langues n’ont pas d’expression écrite.

 

*langue : mode de communication utilisé par une communauté linguistique donnée.

 

*lexie : unité lexicale de sens, qui peut être composée de plusieurs mots.

 

*litote : nier le contraire d'une chose pour l'affirmer. Comme dans le cas de l’antiphrase, le contexte et l’intonation décèlent la litote. (« Nous ne mourrons pas de faim aujourd’hui » “Va, je ne te hais point” ; “un rôle non moins important”).

 

*métadiscours : l'énonciateur commente l'énonciation, généralt en sollicitant l'approbation de l'allocutaire ("si je peux dire", "c'est-à-dire que", ...). Le métadiscours peut porter sur le discours du coénonciateur ("tu as raison de dire que..."), mais peut aussi marquer une autocorrection, une (in)adéquation des mots, un guidage dans l'interprétation, une reformulation, des excuses... Le métadiscours et la polyphonie relèvent de la dimension dialogique du discours, qui doit se frayer un chemin à travers un espace saturé des énoncés autres. Le métadiscours participe aussi de la construction de l'éthos de l'énonciateur.

 

*métadiscours / métacommunication / métalinguistique :

 

-métadiscours : commentaire portant sur les propos tenus dans l'échange ("comme je te l'ai dit")

 

-métacommunication : porte sur la conduite de l'interaction ("vous m'avez suivi ?")

 

-métalinguistique : porte sur la langue ("au sens habituel du mot").

 

*métalepse / antimétalepse : en narratologie, procédé par lequel un ou des éléments d'un récit franchissent le seuil qui le sépare d'un autre qu'il contient ou qui le contient. Nommée par Genette dans Figures III (1972), elle constitue une infraction au pacte fictionnel habituel. L'un des cas les plus cités de métalepse est celui que l'on rencontre dans Continuité des parcs, nouvelle de l'écrivain argentin Julio Cortázar. Dans cette nouvelle, un personnage lit l'histoire d'une femme adultère dont l'amant s'en va tuer le mari, lequel se révèle être, nous le découvrons à la fin de la nouvelle, le personnage qui justement lit le livre. Ici, le récit enchâssé surgit sans prévenir, violant la frontière entre diégèse et métadiégèse, dans le récit qui l'enchâsse.

 

Genette a proposé dans son ouvrage Métalepse, paru en 2004, de nommer « antimétalepse » ce cas particulier de métalepse qui consiste à faire remonter dans un récit-cadre un élément d'un récit interne. Le mouvement inverse, qui voit l'introduction de la diégèse dans la métadiégèse, par exemple l'entrée d'un narrateur extradiégétique en tant que personnage agissant dans une histoire qu'il n'était censé que raconter, conserverait le nom général de « métalepse ».

 

*métaphore : quand le Cé n'est pas exprimé, elle est dite in absentia. Formes possibles de la métaphore in praesentia : relation attributive, apostrophe, apposition, substantif + substantif. Le comparant est aussi appelé phore.

 

*métaphore & correspondance : la correspondance s’établit entre 2 phores (comparants). Emploi corrélatif de 2 images symboliques, dont chaque comparant appartient à 2 ordres sensibles distincts, mais dont le thème est identique. Tout en chantant sur le mode mineur / Et leur chanson se mêle au clair de lune, / Au calme clair de lune, triste et beau > « chanson » et « clair de lune » rapprochés parce qu’ils sont représentatifs, chacun dans leur ordre, du même sentiment (« mode mineur », « triste et beau »).

 

*métathèse : transformation d'un mot par déplacement d'une lettre (nu rouj el luop ; cf. aussi les contrepèteries).

 

*néologisme : la néologie consiste en l’ajout de significations, de mots ou de tours nouveaux, quand se fait ressentir la nécessité de la dénomination d’objets nouveaux, abstraits ou concrets. Sur le temps long de l’histoire de la langue française, on considère comme néologismes les termes « covid », « courriel », « sras », « pacs », « wifi », « popup », « audiolivre », « cybercriminalité ». Par définition, tout néologisme est appelé à disparaître en tant que tel : à la fin du XVIIIe s., le nom « néologisme » était un néologisme.

 

*norme : l'usage dominant, par rapport aux variations effectives que présente toute langue.

 

*parastase : accumulation de phrases reprenant la même idée.

 

*parataxe : effacement syntaxique des rapports de dépendance entre propositions. L’hyperhypotaxe désigne le recours excessif aux rapports de dépendance.

 

*parodie : imitation consciente et volontaire à des fins plaisantes, soit du fond, soit de la forme (non nécessairement satirique). Elle utilise des procédés divers (dont la caricature) : elle est donc plus un genre qu'un procédé.

 

*parole : réalisation concrète de la langue, le fait d'un individu.

 

*paronomase : rapprochement de mots dont la prononciation est très proche (« légères lingères »). Deux mots qui se ressemblent sont appelés paronymes.

 

*période (oratoire) : phrase à mouvement circulaire, articulée et mesurée. Mise en relief par le rythme et la structure grammaticale. Protase > sommet < [antapodose] Apodose-Clausule. Harmonie, cohérence de la pensée, style attique.

 

La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues des guerres et la gloire des combats.

 

Cadence majeure : lorsque l'apodose > la protase.

 

*périssologie : ajouter à une pensée suffisamment exprimée d'autres termes surabondants ("Puis-je me permettre de prier..."). Effet comique plus marqué que dans le pléonasme.

 

*phrase : l’énoncé oral (suite d’unités de la chaîne parlée, délimitée par 2 périodes de silence) se distingue à l’écrit, dans le cas de la phrase verbale, par son sens contenu dans un verbe noyau conjugué. Il commence par une majuscule et se termine par une pause forte (point, points de suspension, point d’interrogation ou d’exclamation).

 

 

 

*polyptote : isolexisme d'ordre morphologique ("je me demande, tu te demandes, demandons !") : plusieurs formes grammaticales du même mot.

 

*polysémie : association d'un signifiant unique et de signifiés multiples. En langue, il est possible d’opérer une approche synchronique : les différents signifiés de canard. Le contexte et le cotexte permettent d'éviter la lecture polysémique du mot. Va me chercher le canard de mercredi, s'il te plaît. Il est dans le salon. (cotexte : COD de « chercher » → pas un animal / contexte : "de mercredi" + "salon" → pas un animal ; facilité de transport > pas un animal).

 

*prétérition : cacher pour mieux montrer ; feindre de ne pas vouloir dire ce qu'on affirme, et le faire en cela- clairement ("je ne dirai pas que" ; « ce n’est pas pour vous décourager, mais »).

 

*prolepse (prévention, réfutation anticipée) : prévenir les objections en se les faisant à soi-même ("on dira que..."). Cf. dialogisme.

 

*prosodie : ensemble des règles relatives à la quantité des voyelles dans les poésies grecque et latine / d'où ensemble des règles et usages du compte syllabique de la poésie française / en linguistique, partie de la phonétique qui étudie l'intonation, l'accentuation, les tons, les rythmes, les pauses, les durées, les phonèmes / en mus., ensemble des règles de concordance entre les accents d'un texte et ceux de la musique qui les accompagne.

 

*prosopographie : description des qualités physiques d'un personnage.

 

*prosopopée : faire parler les morts, les inanimés, les puissances invisibles, les absents. Permet d'échapper au cadre du récit et nous fait entrer dans celui de l'énonciateur.

 

*signifiant : ensemble de signes (phonèmes, graphèmes) qui constituent le support d'une signification (ou sens).

 

*signification : la représentation mentale qu'on se fait de la réalité, appelée "référent", que le mot désigne. Dans le cas des mots grammaticaux (article, préposition...) et des noms propres, le mot possède un signifié, mais pas proprement un sens, qui est un effet produit par le texte, effet établi par les réflexions et les analyses du lecteur.

 

*syllepse (glissement de sens) : un mot est employé en même temps au sens propre et au figuré ("Brûlé de plus de feux que je n'en allumai").

 

*synecdoque : rapport d'inclusion entre Sé1 et Sé2 (le tout est désigné par la partie, ou l'inverse : "il y a deux cents têtes dans le théâtre").

 

*synonymie / antonymie : notion remise en cause depuis longtemps. 2 signifiants différents peuvent avoir un même signifié (pièce / pjɛs ; morceau / mɔʀso). Mais ce signifié, s'il regroupe une majorité de sèmes communs, peut comporter des sèmes différents qu'il est pertinent de repérer. De même la relation antonymique peut désigner une relation d'opposition moins marquée (signifiés entre lesquels il existe des intermédiaires : généreux / égoïste / intéressé).

 

*texte : ensemble de mots écrits constituant un tout, caractérisé par son organisation, sa cohésion, sa clôture linguistique et/ou sonore.

 

*trope : afin d’embellir un texte ou à le rendre plus vivant, le trope emploie un mot ou une expression dans un sens détourné de son sens propre (voiles pour « vaisseaux »). Désigne le type de figure de style portant sur le sens des mots. Détour de sens, figure portant sur les sens possibles de certaines lexies ; fondée sur un écart entre le signifié et le référent visés par un mot dans une langue et ceux du discours étudié (comparaison, métaphore, synecdoque, métonymie).

 

*versification : art de composer des vers.

 

*zeugma : construction latine qui consiste à relier 2 éléments du discours par un membre qu'on ne répète pas. Produit parfois des anacoluthes : J'ai l'estomac fragile et horreur du graillon (zeugma syntaxique). Remarquable : le zeugme qui unit un terme abstrait et un terme concret ("vêtu de probité et de lin blanc" ; zeugma sémantique).