1. Commentaire

Conduite d’une lecture analytique en vue d’un commentaire (manuel p. 292)

 

 

 

I. Objectifs de la lecture analytique

 

II. Comment réagir face à un texte inconnu ?

 

III. Le commentaire de l’épreuve écrite du baccalauréat

 


 

I. OBJECTIFS DE LA LECTURE ANALYTIQUE

 

 

 

La lecture analytique n’est pas une épreuve du baccalauréat.

 

La notion désigne une méthode de travail, qui sert à la fois à construire des explications linéaires et des commentaires organisés.

 

 

 

Il s’agit d’un exposé pourvu d'une introduction, d'un développement, d'une conclusion expliquant linéairement un texte littéraire, dans sa forme comme dans son fond.

 

Nota Bene

 

Le fond désigne les idées, le message, le contenu d’un texte, son signifié, l’énoncé.

 

La forme se rapporte à l’écriture, la façon dont est formulé le message, son signifiant, certains éléments de l’énonciation.

 

 

 

ERREUR à éviter, BUTS À ATTEINDRE

 

 

 

1- Éviter la paraphrase, qui consiste à répéter dans d’autres termes ce que dit l'énonciateur. Pour éviter ce défaut, ne pas se poser la question préalable : "Qu'est-ce que cela veut dire ?"

 

 

 

2- Mettre en valeur les intentions de l'auteur (émouvoir, attrister, bouleverser, faire rire, horrifier, faire réfléchir, passer un message, faire prendre conscience), ce qui aboutit à définir les tonalités, ou registres d’un texte, et à mettre en valeur les enjeux ou la problématique du texte.

 

 

 

3- Mettre en valeur les procédés qu'il utilise pour parvenir à ce but.

 

 

 

4- Faire ressortir les réactions et les sensations que ces intentions provoquent chez le lecteur.

 

 

 

5- En somme, il s’agit de considérer le texte comme une construction, le résultat d’un travail sur l’écriture et montrer comment s'élaborent cette construction, cette création.

 

 

 

 

 

II. COMMENT RÉAGIR FACE À UN TEXTE INCONNU ?

 

 

 

 

 

A. Nécessité de lectures multiples

 

 

 

Lire plusieurs fois pour ne jamais se satisfaire de ses premières réponses et toujours revenir sur les premières étapes de son raisonnement pour conforter, remanier, compléter, nuancer ses réponses.

 

 

 

B. QUESTIONNER LA NATURE du texte

 

 

 

1- L'appartenance à un genre définit le type d’oeuvre publiée.

 

 

 

Quatre grands genres :

 

  • Poésie (Les Contemplations)

  • Roman (Voyage au centre de la Terre)

  • Théâtre (L’île des esclaves)

  • Littérature d'idées, essai ou réflexion (Essais)

 

 

 

D'autres genres, moins fréquents :

 

  • Nouvelle (Le Horla de Maupassant)

  • Conte (Le petit Poucet, dans Les contes de ma mère l’Oye, de Charles Perrault)

  • Fable (Le corbeau et le renard, dans les Fables de La Fontaine)

  • Récits de soi : autobiographie, mémoires, journal intime (Le Petit Chose d’Alphonse Daudet, Mémoires de guerre de Charles de Gaulle, Journal  d'Anne Frank)

  • Correspondance ou roman épistolaire (Lettres de Mme de Sévigné)

  • Roman par lettres ( La Nouvelle Héloïse de Rousseau)

 

 

 

NB

 

Pour réussir cette étape, être attentif au paratexte, c’est-à-dire aux informations qui accompagnent le texte sur la page (nom de l'auteur ; titre du livre ; date d’écriture ou de publication ; introduction éventuelle du texte).

 

 

 

2- Identifier le(s) type(s) de discours.

 

Quel que soit son genre, le texte peut présenter, seul, successivement ou simultanément :

 

a) un récit (narration ou simple relation) ;

b) une description ou un portrait ;

c) des paroles rapportées (une reproduction de paroles) :

 

  • Le dialogue : deux personnes, au moins, prennent la parole. Au théâtre : échange de « répliques ».

  • Le monologue : une seule personne prend la parole, même en s'adressant à quelqu'un. Au théâtre , la tirade consiste en une réplique particulièrement longue.

  • La polyphonie narrative produite par le discours indirect libre.

 

 

 

d) une restitution de la pensée d'un personnage :

 

  • Dans un roman : monologue intérieur ou soliloque.

  • Au théâtre : monologue dramatique.

 

 

 

e) une réflexion (théorie, argumentation, raisonnement).

 

 

 

NB

 

Pour réussir cette étape, observer l'aspect graphique du texte : nombre de paragraphes, particularités orthographiques (tirets ? italiques ? guillemets ? majuscules ? ponctuation ?).

 

 

 

3- Analyser la situation d’énonciation.

 

 

 

  • Qui parle ? Pour un récit de prose (roman, nouvelle), on distinguera auteur et narrateur. Pour les paroles des personnages, il faut les identifier et repérer la façon dont elles sont rapportées.

  • De qui parle-t-on ? Quels sont les personnages représentés, quelles sont leurs caractéristiques ?

  • Quand et où ? Repérer le cadre spatio-temporel de l'histoire (le moment et la durée de l'histoire ; caractéristiques du ou des lieux).

  • Comment s'exprime(nt) l’(es) énonciateur(s) ? Observer les particularités du vocabulaire, les niveaux de langue, les connotations, les champs lexicaux dominants.

 

 

 

4- Identifier le(s) registre(s) de l’extrait à commenter.

 

 

 

Il s’agit de la manière dont l'auteur livre son message et l'effet qu'il veut produire sur le public. Voici les principaux registres :

 

  • Satirique

  • Polémique

  • Humoristique

  • Parodique

  • Comique

  • Burlesque

  • Héroï-comique

  • Pathétique

  • Lyrique

  • Épique

  • Merveilleux

  • Fantastique

  • Tragique

 

 

 

C. INTERROGER LA SITUATION DU TEXTE

 

 

 

1- Nom de l'auteur.

 

 

 

2- Situation dans l'œuvre de l'auteur :

 

  • Titre de l'œuvre complète et du poème.

 

 

 

  • Moment de l'histoire où le texte s'insère (dans le cas d'un roman ou d'une pièce de théâtre).

 

 

 

3- Situation dans le contexte (ce qui se passe à l'époque où le texte a été écrit, puis publié) :

 

Spécifier la date de publication ; si nécessaire, préciser le contexte :

 

  • Historique :

 

Les Misérables et les événements de 1830 et 1848.

 

  • Politique :

 

Le pamphlet Napoléon le Petit, écrit par Victor Hugo exilé contre Napoléon III.

 

  • Économique et social :

 

Zola a écrit son cycle romanesque (20 romans), les Rougon-Macquart, pour décrire "l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire", pendant la Révolution Industrielle.

 

  • Culturel :

 

Appartenance éventuelle à un mouvement artistique et culturel : Romantisme, Surréalisme, etc.

 

 

 

D. CERNER LA structure du texte

 

 

 

1- L'organisation formelle, globale du texte, l'architecture, la « physionomie » du texte.

 

Dans un poème, c'est à ce moment-là que l'on précisera si le texte est organisé en strophes, le mètre (vers) utilisé, quel est le système de rimes. Dans un texte en prose, elle est souvent peu significative. Noter tout ce qui échappe à la normale (dimensions des paragraphes, ponctuation, typographie…).

 

 

 

2- La composition du "fond" ou le plan du texte.

 

On met ici en valeur la suite logique des idées de l'auteur, en dégageant différentes parties auxquelles on donnera un titre.

 

 

 

 

 

III. LE COMMENTAIRE DE L’ÉPREUVE ÉCRITE DU BACCALAURÉAT (p. 292-313)

 

 

 

A. DÉFINITION

 

Le commentaire écrit est une lecture analytique mise en forme, planifiée et organisée, qui considère le texte selon un certain nombre d'axes de recherche, de centres d'intérêt.

 

Les étapes du travail préparatoire seront les mêmes que dans l’explication linéaire demandée en première partie de l’oral. Mais le commentaire composé considère le texte selon des pistes de lecture prédéfinies, au lieu de l'analyser dans son déroulement linéaire.

 

C’est pourquoi il est nécessaire de suivre les étapes du II. si l’on veut ne pas être tenté de suivre de manière linéaire une des deux ou trois pistes de lecture que le sujet pourra proposer. En termes plus simples, le commentaire implique de soulever un questionnement en mettant en rapport ces deux axes d’interprétation.

 

 

 

B. ANALYSER LE SUJET

 

 

 

1- Exemple de sujet

 

 

 

Vous commenterez le début du roman de Flaubert. Vous pourrez étudier la façon dont le narrateur met en valeur ses personnages et comment il donne, à travers leur portrait, une image de la société de son époque.

 

 

 

Être sensible aux informations relatives au genre littéraire, à la problématique (peut-on parler de héros exceptionnels?) qui se dégage des deux pistes de lecture proposées.

 

 

 

2- Le tableau synthétique de relevé

 

 

 

Parallèlement au questionnement analytique, on peut procéder au classement des différentes analyses dans un tableau qui fasse ressortir, par exemple, les différents registres, thèmes et types.

 

 

 

À partir de ce tableau, il faudra établir un plan détaillé pour le commentaire. Chacun des volets du tableau deviendra un centre d'intérêt principal ou secondaire.

 

 

 

a) Quels peuvent être les centres d’intérêts possibles?

 

  • Type (le récit)

  • Types (un récit descriptif)

  • Un ou des thèmes (images de la femme et de l’amour)

  • Un registre (le lyrisme)

  • Plusieurs registres (alliance de la fantaisie et de l’épopée)

  • Type et registre (description poétique)

  • Type et thème (réflexion sur la guerre)

  • Registre et thème (image satirique de la bourgeoisie)

  • Type(s), registre(s), thème(s) (image satirique de la bourgeoisie dans un dialogue de roman)

  • Tradition et originalité (renouvellement de la comédie par la relation maître-valet)

 

 

 

b) Exploitation des centres d’intérêt

 

On peut partir de l’observation pour aboutir à l’interprétation.

 

On organisera les centres d’intérêt du plus au moins évident, du moins au plus important, du plus superficiel au plus profond.

 

Se garder de plaquer n’importe quel plan (ou une correction préalable) sur n’importe quel texte.

 

Ne pas se contenter de trouver quelques grands titres ; il faut s’efforcer de les justifier par des sous-titres qui supposeront des « sous-parties » et des analyses précises des citations et des procédés du texte.

 

 

 

c) Exemples de poésie et de prose à commenter, suivis de leur tableau synthétique

 

Charles Baudelaire, La beauté

 

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

 

 

 

 

 

Honoré de Balzac, La cousine Bette (1847), I

 

 

 

Vers le milieu du mois de juillet de l'année 1838, une de ces voitures nouvellement mises en circulation sur les places de Paris et nommées des milords cheminait, rue de l'Université, portant un gros homme de taille moyenne en uniforme de capitaine de la Garde nationale.

 

Dans le nombre de ces Parisiens accusés d'être si spirituels, il s'en trouve qui se croient infiniment mieux en uniforme que dans leurs habits ordinaires, et qui supposent chez les femmes des goûts assez dépravés pour imaginer qu'elles seront favorablement impressionnées à l'aspect d'un bonnet à poil et par le harnais militaire.

 

La physionomie de ce capitaine appartenant à la deuxième légion respirait un contentement de lui-même qui faisait resplendir son teint rougeaud et sa figure passablement joufflue. À cette auréole que la richesse acquise dans le commerce met au front des boutiquiers retirés, on devinait l'un des élus de Paris, au moins ancien adjoint de son arrondissement. Aussi, croyez que le ruban de la Légion d'honneur ne manquait pas sur la poitrine, crânement bombée à la prussienne. Campé fièrement dans le coin du milord, cet homme décoré laissait errer son regard sur les passants qui souvent, à Paris, recueillent ainsi d'agréables sourires adressés à de beaux yeux absents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Genre littéraire, mouvement culturel auquel rattacher l’extrait

 

visée du texte

Aspect graphique du texte : symétrie des strophes ?

Composition et type de strophes

 

 

Situation d'énonciation :

qui parle ?

à qui s'adresse-t-il ?

de qui parle-t-on ?

quand, où ?

Registre dominant (catégorie d'émotion) : épique, lyrique, pathétique, fantastique, merveilleux ?

Champs lexicaux dominants, champs dérivationnels ; niveaux de langue ; dénotation et connotation

Poésie lyrique ; a pour but de mettre une image sur une idée abstraite et de montrer ce que ressentent les artistes.

Sonnet : deux quatrains et un sizain divisé ; deux tercets qui ne correspond pas à un schéma rimique classique.

C’est la beauté qui parle (allégorie et prosopopée) en s’adressant à tous les mortels. Aucun cadre spatio-temporel, présent de vérité générale.

Registre épiquo-lyrique.

Champs lexicaux de l’art, la beauté, la clarté. Dérivation de la racine “beauté” : belle, belles.

 

 

 

Si poème narratif et descriptif, quels points de vue narratifs ? Externe, interne, omniscient ?

Temps verbaux :

valeurs temporelle, modale et aspectuelle de certains verbes. Modalisation : type et forme de phrases

À quoi s'intéresse la description ?

Personnage central ?

Quel ordre suit-elle ?

Élogieuse ou péjorative ?

 

Versification et prosodie : mètre, rimes, hémistiches, effets de sonorités, de rythme, mots placés sous l’accent

 

Style : figures de style mettant en valeur les idées

 

Point de vue interne de la beauté, double portrait : le sien et celui des poètes.

Présent de vérité générale et de description (gnomique), passé composé à valeur d’accompli . Futur caractère de certitude. Modalité d’énonciation : phrases déclaratives qui affirment la supériorité de cette déesse. Invite à la crainte. Deux exclamatives.

Autoportrait contrasté qui met en valeur ses attraits et ses caractéristiques redoutables.

14 alexandrins, diérèses vers 4, vers 6 → la césure coupe un mot, “neige”, idem pour “pleure”. Autant de rimes masculines que féminines. Rimes riches en [ierre] et [tude]. Allitération en [t] (vers 2), assonance en [è] (vers 1 et 4). Enjambement vers 3 et 4.

Allégorie filée au long du texte, comparaison rêves de pierre et sphinx matière, métaphore yeux/miroirs anaphore de je, parallélisme v. 8, répétitions yeux, belle, poètes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Type de texte (ou forme de discours),

genre littéraire,

visée du texte

Aspect graphique du texte et syntaxe : nombre et longueur des paragraphes ; longueur des phrases ; signes typographiques

Système énonciatif : qui parle ?

de qui parle-t-on ?

L’histoire racontée : quand et où ?

Champs lexicaux dominants, champs dérivationnels ; niveaux de langue ; dénotation et connotation

Registre dominant (catégorie d'émotion) : épique, lyrique, pathétique, fantastique, merveilleux ?

-un début de roman (l'incipit)

-genre du roman réaliste

-présentation d'un personnage : forme de discours descriptive

-3 paragraphes

 

-un mot en italiques (milord)

 

 

-le narrateur, qui parfois se confond avec l'auteur (2e § + l. 10-17)

-un homme riche, un capitaine de la Garde nationale

-à Paris, en 1838

-dans un milord (voiture nouvelle pour gens aisés)

 

-vanité

-accessoires et vêtements masculins

-humoristique

-satirique

Statut du narrateur ? Points de vue adoptés ?

Temps verbaux :

valeurs temporelle, modale et aspectuelle de certains verbes. Modalisation : type et forme de phrases

À quoi s'intéresse la description ?

Quel ordre suit-elle ?

Élogieuse ou péjorative ?

 

Style : figures de style mettant en valeur les idées

 

Proposer des axes de lecture (et vérifier qu’ils correspondent au parcours d’interprétation proposé)

-narrateur extérieur à l’histoire

-focalisation externe au début ("une de ces voitures", "un gros homme") : le narrateur, semble-t-il, ne sait pas l'identité du personnage, il la devine avec nous au fur et à mesure.

-puis on se rend compte qu'il est omniscient (connaissance de Paris et de ses mœurs…)

-l'imparfait dans le récit pour la description

-les présents de vérité générale pour les remarques du narrateur

-l'impératif "croyez" qui sert au narrateur à interpeller le lecteur

-au physique de l'homme et à sa fierté personnelle

oui, on commence par les places de Paris, ensuite la rue de l'Université, l'homme et son costume, son visage, sa poitrine décorée, enfin son allure générale

-caractéristiques du portrait satirique

-peinture d’un type romanesque

-l’antiphrase parcourt les 3 paragraphes : le narrateur feint de trouver esthétique et remarquable l’allure de l’individu

-médiocrité d’un bourgeois de la Monarchie de Juillet

-rouerie d’un être immoral et concupiscent

-tension entre un projet réaliste et le portrait caricatural du type balzacien

 

3- Organiser sa réflexion afin de bâtir un plan détaillé

 

 

 

Il s'agit de classer les traits caractéristiques relevés, puis de les regrouper autour de grands centres d'intérêt qui correspondront aux pistes de lecture proposées, aux axes du commentaire.

 

  • Procéder à des rapprochements entre les éléments qui vous semblent aller dans le même sens (par exemple, un champ lexical qui caractérise un personnage, dont le portrait arrête le récit des faits). On cherchera les correspondances entre les niveaux de l'histoire (événements racontés ; situation décrite dans son sens littéral), de la narration (choix de focalisation, de rythme, d'ordre) et du style (niveau de langue, syntaxe, figures de style, champs lexicaux).

  • Percevoir les différences, les contrastes qui créent l'intérêt du texte. Par exemple, l'intérêt du texte littéraire est souvent de combiner différents registres, ce qui donne de la richesse au texte.

  • Tenir compte de la dynamique du texte, de son mouvement. Même si votre commentaire ne doit pas suivre l'ordre du texte ligne après ligne, il ne doit pas négliger sa progression : entre le début et la fin du texte, des changements se sont produits, une information a été communiquée. Il faut essayer de commenter ce passage d'un état initial à l'état final.

     

    a) Structure de l’extrait (La Beauté)

 

 

 

  • Mouvement 1

    Autoportrait 1 : l’inaccessibilité et la dureté d’une déesse convoitée par les artistes.

     

  • Mouvement 2

    Autoportrait 2 : caractère mystérieux, énigmatique, indéchiffrable de la beauté allégorisée.

     

  • Mouvement 3

    Portrait de l’artiste sous l’emprise de la beauté ; rapport d’inégalité entre les artistes et la beauté : asservissement du poète.

 

 

 

 

 

b) Dégager une problématique et construire un plan (La Beauté)

 

 

 

Comment Baudelaire parvient-il à construire l’image constrastée et vivante d’une idée abstraite, tout en exprimant son idéal esthétique ?

 

 

 

Pour répondre à la problématique posée par le texte, le plan présente les trois grands axes de lecture. Il s’agit de structurer chaque axe de lecture : à l’intérieur de la partie, trois arguments s’aditionnent pour mieux affirmer l’idée principale. Le relevé du tableau devra servir à détailler les trois parties en sous-parties :

 

 

 

I. Une allégorie mystérieuse et inaccessible

 

a) La beauté par elle-même, ou l’impossible représentation d’une idée

 

b) L’expression de la distance

 

c) Les références à l’insondable

 

 

 

II. Le pouvoir de fascination et d’attraction de la beauté

 

a)

 

b)

 

c)

 

 

 

II. Image dégradée de l’artiste : un poète amant asservi à un idéal

 

a)

 

b)

 

c)

 

 

 

C. LE PLAN TYPE DU COMMENTAIRE

 

 

 

 

 

Une fois que vous avez suffisamment détaillé votre plan, rédigez votre commentaire au brouillon (après quelques commentaires, on se contentera de ne rédiger au brouillon que l’introduction).

 

 

 

Une introduction qui présente le texte, l'œuvre dont il est issu, son auteur, le contexte de publication, sa situation. Elle dégage des mouvements puis propose une problématique (sous la forme d'un questionnement révélant l'intérêt du texte) et annonce un plan de commentaire. Cette annonce du plan que l’on suivra au cours du développement (se contenter d’indiquer les grands titres) peut rejoindre ou recouper la problématique. Annoncez ce plan d’une façon subtile et se garder d’expressions du type « dans un premier temps... ». Il faut absolument l’intégrer  dans la dernière phrase de l’introduction.

 

 

 

Les trois temps de l’introduction :

 

-l’amorce ;

 

-la position du problème ;

 

-l’annonce du plan.

 

 

 

D. LE CORPS DU COMMENTAIRE

 

 

 

Dans le corps du commentaire, chaque axe (partie) comptera autant de paragraphes que de sous-parties. Les titres ne devront pas apparaître : il s’agit donc de soigner les transitions pour marquer la progression de votre commentaire.

 

 

 

Le développement comporte donc trois parties, allant du sens le plus apparent au plus profond : le commentaire doit progresser vers un dévoilement de plus en plus pertinent du texte et de sa qualité littéraire. Toute idée doit apparaître clairement en début de partie et de sous-partie : dans chaque paragraphe, les explications sont fondées sur une analyse précise du texte. Vous devrez enrichir chaque paragraphe par les citations du texte, correctement mises en forme (guillemets et indications de ligne obligatoires).

 

 

 

E. LA CONCLUSION

 

 

 

La justification de plus en plus convaincante du jugement personnel sera résumée dans la conclusion (une sorte de rappel du plan qui va plus loin et apporte une réponse au questionnement de l'introduction) ; la conclusion doit également apporter un élargissement à d'autres textes du même auteur, de la même époque, relevant du même objet d’étude que l’extrait commenté. Comme son homologue de de l’explication linéaire, elle présente un double mouvement.

 

 

 

1- Synthèse

 

Répondez à la problématique initiale en faisant la synthèse des conclusions auxquelles on a abouti après chacune des parties du développement sur chacun des points d’intérêt soulevés dans l’introduction.

 

 

 

2- Élargissement

 

Proposez une ouverture de ces points d’intérêt par des rapprochements avec des textes comparables, relevant ou non du même objet d’étude.

 

 

 

F. LA RÉDACTION

 

 

 

1- Le jour de l’examen

 

 

 

a) Sur les feuillets de brouillon

 

Ne devraient figurer que le plan très détaillé, l’introduction (éventuellement la conclusion) rédigées. Il est ensuite conseillé d’écrire le développement directement sur la copie, en s’aidant du brouillon pour " peaufiner" votre style.

 

 

 

b) Le développement du commentaire

 

Il doit être conçu comme celui d’une discussion ou d’une dissertation : chaque partie doit comporter une introduction, un développement, une conclusion ; la conclusion de la partie précédente et l’introduction de la partie suivante constituant une transition.

 

Ne pas négliger les connecteurs logiques entre les sous-parties.

 

 

 

2- À la maison

 

Efforcez-vous de rédiger le plus possible votre brouillon pour corriger la langue et le style. À l’occasion des premiers commentaires, il est logique que nous passions plus de temps à préparer un devoir de ce type.

 

 

 

3- L’écriture du commentaire

 

 

 

Les neuf paragraphes du développement sont précédés de l’alinéa conventionnel.

 

Il est nécessaire de sauter des lignes entre chaque grande partie de votre devoir.

 

Il faut soigner particulièrement le vocabulaire : user, et non abuser, des termes techniques de l’analyse littéraire ; recourir aux termes grammaticaux adaptés ; nommer les registres et les mouvements en employant les désignations admises.

 

Les citations doivent être brèves, introduites syntaxiquement de différentes manières : deux points, précédées de « comme », ou en position de sujet d’un verbe principal par exemple. Elles sont commentées dans la mesure où elle ne remplacent pas l’explication.

 

La progression de votre commentaire, qui est un bilan de lecture organisé, doit être marquée par une succession de liens logiques : ces articulations souligneront la cohérence de votre analyse et votre aptitude à approfondir votre réflexion sur le texte.